Syrie. Vers une nouvelle escalade de la violence en raison des incursions militaires américaines ?

Une nouvelle escalade de la violence pourrait commencer en Syrie. Washington a récemment envoyé de nouveaux convois militaires équipés d’armes lourdes dans le pays arabe. Une fois de plus, le gouvernement américain justifie son incursion par un discours de « lutte contre le terrorisme« , ayant Daesh comme cible supposée de cette nouvelle mission militaire.

Cependant, l’efficacité des mesures antiterroristes américaines en Syrie a été sévèrement critiquée ces dernières années, car aucune diminution des activités terroristes dans le pays n’a été signalée lors des incursions de Washington. Apparemment, les États-Unis envisagent simplement de faire un pas de plus dans leur expansionnisme militaire mondial, sans se soucier de la situation réelle du terrorisme en Syrie.

Les forces armées américaines ont envoyé en Syrie plus d’une centaine de nouveaux véhicules armés, répartis en deux grands convois. L’information a d’abord été reproduite par l’agence de presse SANA, qui a cité comme source une série de rapports d’agents stationnés dans la région d’al-Yaroubiya, dans le nord-est de la Syrie. Il n’y a pas encore eu de déclaration officielle sur le nouveau déploiement de troupes et de véhicules par les États-Unis, mais l’information devrait être vraie, étant donné qu’une nouvelle offensive contre le terrorisme en Syrie était déjà planifiée à l’avance.

Les convois contiennent plus d’une centaine de camions militaires transportant des conteneurs dont la cargaison pourrait être du matériel tactique, opérationnel et logistique, en plus d’armes lourdes et d’autres fournitures. Plusieurs troupes accompagnent les convois, en plus d’autres véhicules de guerre qui sont utilisés pour assurer la sécurité des transports, ce qui donne lieu à une incursion militaire considérable. Auparavant, ces véhicules se trouvaient en territoire irakien, s’étant déplacés en raison de l’intérêt simultané des États-Unis à réduire leur présence en Irak et à accroître la pression sur le sol syrien.

Techniquement parlant, en envoyant un convoi militaire équipé de divers outils tactiques, les États-Unis indiquent simplement qu’ils préparent une nouvelle offensive militaire à court terme. Le matériel transporté par le convoi signalé a une fonction infrastructurelle, qui permet la présence ultérieure de nouveaux combattants afin de mener des opérations militaires. En d’autres termes, Washington a envoyé ce matériel parce qu’il prévoit d’effectuer des attaques en Syrie, ce qui est certainement extrêmement inquiétant.

En fait, il est bien connu que les États-Unis prévoient une nouvelle série d’incursions contre le terrorisme en Syrie. Le 25 novembre, les porte-parole de la coalition américaine ont annoncé qu’une attaque avait été menée contre une base de troupes américaines à Kharab al Jir. Selon ce qui a été rapporté par les responsables, l’attaque a été mise en œuvre par cinq bombardements consécutifs, mais l’offensive a manqué sa cible et l’unité est restée intacte, sans qu’aucune victime n’ait été signalée. Plus tôt en octobre, une situation similaire avait été signalée, avec une attaque de drone militaire qui n’aurait fait aucune victime contre la base américaine d’al-Tanf. À l’époque, certains responsables américains et agences de presse ont accusé l’Iran d’avoir mené l’opération, ce qui n’a jamais été prouvé. C’est en raison d’événements comme ceux-ci que le gouvernement américain a prévu de renforcer sa politique de sécurité en Syrie et d’améliorer le potentiel militaire de ses troupes, mais il est peu probable que de prétendues attaques terroristes n’ayant fait aucune victime expliquent un mouvement de forces aussi important que l’envoi de ces convois.

Il est curieux de voir comment le discours contre Daesh est utilisé dans ces cas. Pendant des années, la coalition américaine a opéré en Syrie sans générer aucun dommage contre les bases de Daesh, qui ont été véritablement neutralisées juste après l’intervention russe dans la guerre civile syrienne. Actuellement, bien qu’il continue d’exister, Daesh a un pouvoir extrêmement limité, et le gouvernement syrien a déjà repris le contrôle de la plupart des territoires précédemment capturés par les terroristes. Dans ce contexte, quel serait l’intérêt d’une nouvelle offensive américaine contre Daesh, précisément lorsque le groupe est plus fragile ?

En fait, le récit anti-Daesh est le plus faible possible pour justifier une nouvelle offensive américaine, ce qui est plus facile à comprendre étant donné le contexte de la politique étrangère américaine actuelle. Washington a perdu une zone d’action très importante en Asie centrale et se dirige vers la même fin en Irak. En réaction, le gouvernement américain s’attache à sécuriser ses territoires occupés déjà consolidés à l’étranger et à empêcher la perte d’autres zones d’influence. La coalition américaine en Syrie garde sous contrôle des territoires extrêmement stratégiques (principalement des zones d’exploration pétrolière) et, pour cette raison, on s’attend à un renforcement de la présence militaire dans la région afin d’éviter la perte de cet espace important. « Combattre Daesh » n’est qu’un prétexte pour dissimuler l’intérêt réel de maintenir une politique d’occupation continue dans une grande partie du territoire syrien.

Il est possible que la présence américaine génère des tensions avec les forces du gouvernement syrien, étant donné que la coalition dirigée par Washington est illégale, n’ayant été demandée ni par Damas ni par l’ONU. Le résultat sera une augmentation de la violence. En fait, les États-Unis devraient être punis par des sanctions et des boycotts pour avoir inutilement encouragé les conflits au milieu de la guerre civile syrienne, juste à son moment le plus stable depuis plus d’une décennie.

Lucas Leiroz, Infobrics (traduction breizh-info.com)

Crédit photo : DR
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Une réponse

  1. le gendarme du monde ne s’est toujours pas rendu compte des conséquences, après le vietnam, l’afghanistan, l’irak !
    et le gouvernement français qui joue le petit gendarme continue à aller faire tuer des petits jeunes au sahel malgré la haine qu’il suscite parmi les populations ! comme en france ou aux antilles, ce gouvernement veut sauver les gens contre leur gré

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