Expatriés en Hongrie, ils ne retourneraient vivre en Suède pour rien au monde [Interview]

Robert Larsson a 38 ans. Il a grandi dans une petite ville de Suède mais a fini par partir vivre à Budapest, en Hongrie, avec sa famille.

Une forme d’exil, pour des raisons économiques au départ. Puis, une fois sur place, et eu égard de l’évolution de la situation en Suède, plus question de faire marche arrière. Avec deux enfants désormais, et une entreprise à gérer, avec de multiples projets, Robert Larsson n’envisage plus de retourner dans un pays rongé par l’immigration, l’insécurité, les menaces qui pèsent sur les femmes suédoises (les villes suédoises sont celles d’Europe où le taux de viol est le plus élevé).

 C »est aussi ce qu’il nous a expliqué dans un entretien qu’il nous a accordé à l’occasion de notre reportage à Budapest.

« Ma femme et moi avons deux enfants adorables et un chien. J’ai créé ma première entreprise à l’âge de 16 ans et j’ai continué depuis. Je suis un véritable entrepreneur qui aime gérer ses propres projets et entreprises. J’aime courir le matin, rencontrer des amis et passer du temps avec ma famille le soir. Enfant, j’ai joué au football et au hockey sur glace. J’ai étais DJ et étudié l’économie. J’aime voyager » nous dit-il, pour débuter cet entretien, un témoignage de plus concernant ces Européens qui, nombreux, partent en Europe centrale ou en Europe de l’Est pour retrouver une vie « normale », c’est à dire une vie à l’Européenne, sans les maux qui gangrènent l’Ouest aujourd’hui.

Breizh-info.com : Vous êtes suédois, comme votre femme. Mais vous avez décidé de vous expatrier en Hongrie. Pouvez-vous expliquer pourquoi à nos lecteurs ?

Robert Larsson : La raison était l’amour. C’était en 2013. Ma femme et moi étions à la recherche de notre premier investissement dans une propriété locative. Nous avons scanné le marché quotidiennement. Nous avons assisté à des visites, rencontré des courtiers et des vendeurs. Nous avons fait des offres et négocié. À cette époque, nous étions tellement à fond que nous avons cherché sur Google tout ce que nous pouvions trouver sur le sujet de l’investissement immobilier. Soudain, je suis tombée sur un article concernant des Slovaques qui achetaient une propriété en Hongrie, près de la frontière, et qui travaillaient en fait à Bratislava, mais vivaient en Hongrie. La raison en était la faiblesse des prix de l’immobilier suite à la crise financière survenue cinq ans auparavant. Les ménages hongrois ont été très durement touchés par la crise financière et l’effondrement de la monnaie. J’ai envoyé un courriel à un courtier de Budapest qui m’a appelé le lendemain. Ma femme et moi avons réservé nos billets d’avion sur-le-champ… Nous avons passé cinq jours à vérifier 20 propriétés et en avons acheté deux. Les années suivantes, nous avons ajouté encore plus de biens immobiliers à notre portefeuille.

C’est aussi à ce moment-là que nous avons commencé à passer tout notre temps libre à Budapest. Nous avons engagé une petite équipe de rénovation, acheté des meubles et de la décoration Ikea. Nous avons préparé les appartements et les avons mis en location. Nous aimions ce que nous faisions et nous avons aussi commencé à tomber amoureux de Budapest. Nous ne sommes qu’en 2013 et nous venons tout juste de commencer. Même si nous n’avions pas prévu de déménager à ce moment-là, nous savions que nous voulions passer beaucoup plus de temps ici. Et c’est ce que nous avons fait.

En 2015, nous avons vendu notre entreprise de vente au détail suédoise et notre fils est né. Libre de faire ce que nous voulions ! C’était une décision extrêmement facile et rapide.

Nous avons décidé de déménager dans notre ville préférée et de lancer une entreprise de location. Mars 2016 notre avion a atterri et nous sommes ici depuis.

Breizh-info.com : La situation en Suède est-elle si désespérée que beaucoup de gens commencent à penser à l’expatriation ?

Robert Larsson : Malheureusement, je crois que oui. Je ne l’ai pas réalisé avant de m’installer ici. C’est quand des amis ont commencé à venir me rendre visite que j’ai réalisé que beaucoup d’entre eux se voyaient aussi partir dans un autre pays. Et en fait, certains d’entre eux l’ont fait, ils vivent aussi ici à Budapest maintenant.

De plus, chaque fois que je fais quelque chose de  » public « , comme une vidéo sur l’investissement immobilier, ou que je suis invité dans une réunion, les gens m’envoient des courriels et des messages sur Messenger et me posent des questions sur la Hongrie, sur les prix des propriétés, etc. Ils me disent souvent qu’ils ont l’intention de partir dans quelques années. Je suis très flatté qu’ils me posent des questions, et je suis également heureux de les aider. En même temps, il est très triste que les gens sentent qu’ils ne reconnaissent plus leur pays, et que celui-ci est devenu si mauvais qu’ils envisagent d’émigrer.

Breizh-info.com : Quels sont les principaux problèmes actuels en Suède ? Avez-vous des points de comparaison avec la situation française ?

Robert Larsson : Ces dernières décennies, en Suède, un nouveau type de crimes a commencé à apparaître et devient de plus en plus courant et aussi plus brutal. C’est un phénomène complètement nouveau qu’un garçon de 13 ans soit volé et violé en même temps, juste en rentrant de l’école. Ou qu’une jeune fille de 12 ans se fasse tirer dessus devant un Mc Donalds parce qu’elle a eu la malchance d’être présente à l’endroit où deux gangs sont sur le point de s’affronter.

Une femme de 17 ans se fait violer dans les toilettes de l’école… Eh bien, je pourrais continuer encore et encore… Je ne suis pas un expert de la France, mais d’après ce que j’ai pu lire et voir des reportages internationaux, la situation en France est très similaire. La situation en Suède et en France sont deux grands exemples de la façon dont on peut ruiner un pays.

Breizh-info.com : Et maintenant, comment se passe votre vie en Hongrie ?  Qu’est-ce que cela a changé pour vous depuis votre arrivée ?

Robert Larsson : Il y a quelques changements et différences entre mon pays, la Suède, et la Hongrie. Les avantages dont j’ai immédiatement pris conscience sont le temps incroyable qu’il fait ici. L’été va d’avril à octobre. Et j’adore ça. Nous vivons en totale sécurité.

Il est bon de savoir que votre femme rentrera toujours saine et sauve d’un dîner avec des amis. Les enfants seront en sécurité en allant à l’école. Pas de violence ou de vols dans les rues… C’est assez relaxant.

Nous profitons de chaque jour et sommes vraiment fiers de faire partie d’une communauté aussi formidable qu’ici en Hongrie. Nous avons des amis hongrois et des amis expatriés. Je décrirais notre vie ici à Budapest comme assez bonne en fait. Par chance, nous faisons des choses que nous aimons. Nous passons du temps avec les gens que nous aimons et nous apprenons de nouvelles choses tout le temps. Je n’aurais pas pu souhaiter mieux pour nous-mêmes.

Breizh-info.com : Quel message allez-vous transmettre aux Européens de l’Ouest qui hésitent, aujourd’hui, à rester dans leur pays, ou à partir en Europe centrale par exemple ?

Robert Larsson : Vous n’êtes certainement pas seul. Des millions de personnes se sentent probablement dans cette situation, et envisagent de quitter leur pays. Si l’on ne peut plus reconnaître son pays, la décision peut être prise rapidement. Partir peut être une bonne solution à court terme. Mais les maux et problèmes dans nos pays doivent être résolus à long terme.

Propos recueillis par YV

Crédit photo : DR
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Une réponse

  1. C’est parfois un peu compliqué de s’expatrier en Hongrie lorsqu’on est encore actif et qu’il faut donc y trouver une activité permettant de vivre. Mais c’est beaucoup plus simple lorsqu’on est retraité.

Les commentaires sont fermés.

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