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La crise du Covid-19 aura largement bouleversé la société française. Des impacts négatifs qui n’auront pas épargné les jeunes générations, dont le moral a fortement pâti de la situation l’année dernière.
Crise sanitaire : une période « très pénible à vivre » pour la moitié des 18-30 ans
Depuis plusieurs mois, les différents sondages, études et autres travaux concernant l’impact de la crise sanitaire sur le moral des Français parviennent tous peu ou prou aux mêmes conclusions : les conséquences sont catastrophiques. Cette tendance est de nouveau confirmée par la récente publication, le 21 janvier, du baromètre annuel 2021 sur la jeunesse réalisée par l’INJEP (Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire) et le CRÉDOC (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie). L’outil produit ainsi un rapport annuel depuis 2016.
Ce baromètre 2021, réalisé au printemps dernier auprès de plus de 4 600 individus résidents en France et âgée de 18 à 30 ans, se démarque des précédents par le pessimisme et la baisse de moral qu’a engendré la crise sanitaire. Ainsi, près d’un jeune sur deux (49 % exactement) considère que la pandémie liée au coronavirus a été une période particulièrement pénible à vivre. Un tiers (33 %) donne au vécu de cette période une note de « pénibilité moyenne » et seulement 18 % estiment que la pandémie correspond à un vécu peu ou pas pénible du tout.
Moral des 18-30 ans : des hommes plus optimistes que les femmes
Autre résultat marquant, chez les jeunes interrogés, le sentiment que leur vie actuelle correspond à leurs attentes enregistre le plus bas niveau (59 %) observé depuis 2016 et un recul de 6 points par rapport à 2020. Si la satisfaction par rapport à sa vie actuelle baisse dans l’ensemble des groupes sociodémographiques, cette diminution est particulièrement notable parmi les jeunes titulaires du baccalauréat ou d’un niveau de diplôme supérieur, les 25-30 ans et les femmes.
Au sujet des femmes justement, le baromètre rapporte que, de façon structurelle, les jeunes hommes sont bien plus imprégnés d’un état d’esprit globalement positif que ces dernières. Une différence qui s’est accentuée en 2021 par rapport à 2020, avec un état d’esprit négatif qui progresse particulièrement chez les jeunes femmes. En 2021, 33 % des jeunes hommes ont un état d’esprit globalement négatif (+5 points) alors que la majorité des femmes (56 %, +11 points) envisage les choses globalement négativement.
Les femmes font aussi plus souvent part que les hommes d’un sentiment d’attente, de réflexion ou d’interrogation à l’égard de leur vie (+3 points), là où les hommes indiquent davantage être optimistes (+3 points), sereins (+3 points) et surtout déterminés (+6 points).
Difficultés socio-économiques : quand les jeunes veulent encore plus d’État…
Outre un manque de confiance en l’avenir plus fort que les années précédentes et une détresse psychologique accrue, notamment en raison d’un sentiment de solitude renforcée par la crise et les mesures de distanciation sociale, un autre des résultats à retenir de ce baromètre 2021 est l’attente marquée des 18-30 ans vis-à-vis de l’État face aux différents problèmes qu’ils rencontrent.
C’est notamment le cas en matière de recherche d’emploi, où les auteurs de l’étude pointent une attente croissante à l’égard des pouvoirs publics (+8 %).
Ce besoin de « davantage d’État » au sein des jeunes générations a de quoi inquiéter mais reflète cependant assez fidèlement la mentalité d’une grande partie de la population française. Conséquence des préoccupations vis-à-vis de l’emploi et du chômage, on note donc chez les sondés une envie de recevoir une assistance de la part des pouvoirs publics dans la définition de l’orientation ou la définition du projet professionnel. 19 % citent cet item, soit une progression de deux points. 13 % (sans changement) attendent davantage de services de la part des pouvoirs publics lorsqu’il s’agit de payer des soins médicaux. À l’inverse, seulement 10 % (+2) des jeunes ne souhaitent pas être aidés par l’État.
Pour être exhaustif, il faut aussi préciser que les attentes envers les pouvoirs publics sont fortement corrélées au vécu des jeunes et à leur profil sociodémographique. L’aide au paiement du loyer, des factures et des courses alimentaires est plus souvent citée par les jeunes femmes (39 %, contre 31 % en moyenne), mais aussi par les employés (39 %) ou encore les professions intermédiaires (35 %), signe que ces deux catégories peuvent rencontrer des difficultés à arrondir leur fin de mois.
Les jeunes installés dans la vie qui, par voie de conséquence, démultiplient les charges et les dépenses sont également plus souvent en attente d’aides financières de la part des pouvoirs publics. Ainsi, les jeunes ayant la charge d’un enfant (37 %) et les jeunes couples installés ensemble (35 %) expriment davantage cette attente.
Assez logiquement, les jeunes chômeurs sont sensiblement plus nombreux à formuler des attentes en matière d’accès à l’emploi : 47 % contre 34 % des étudiants/élèves et 18 % des actifs. Enfin, les jeunes vivant chez leurs parents et n’ayant jamais décohabité souhaitent plus souvent des aides en matière d’accès au logement : 25 % contre 21 % en moyenne. En revanche, l’analyse ne montre pas de différence entre les jeunes ruraux et urbains.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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