Florian Bachelier sera-t-il obligé de refaire l’avocat ?

Les professionnels de la politique – mais également les apprentis – sont déjà en train de préparer les élections législatives qui se dérouleront les 12 et 19 juin. « C’est que la place doit être bonne », disent les gens. En 2017, les macronistes avaient effectué une razzia sur la Bretagne (5). Le dégagisme avait  marché à fond : 29 LREM, 4 Modem, 1 Agir.

A Ploërmel, on avait même vu Paul Molac réélu dès le premier tour avec 54 % des suffrages exprimés. En Loire-Atlantique, les macronistes s’emparent des dix circonscriptions. La droite se contente des miettes. Deux sièges pour LR (Marc Le Fur à Loudéac et Gilles Lurton à Saint-Malo). Et un siège pour l’UDI (Thierry Benoit à Fougères). Et zéro pour le PS.

Le PS ne désespère pas de récupérer des circonscriptions

En juin, les socialistes espèrent bien récupérer quelques circonscriptions. Par exemple celle de Rennes-Saint-Jacques-de-la-Lande acquise il y a cinq ans par Florian Bachelier, ancien du club Strauss-Kahn. Devenu premier questeur de l’Assemblée nationale, Bachelier fait figure de poids lourd de la macronie. Pour Christophe Fouillère, premier secrétaire fédéral du PS en Ille-et-Vilaine, cette circonscription est gagnable car elle est « la plus à gauche du département après les élections départementales et régionales » (Ouest-France, Ille-et-Vilaine, vendredi 28 janvier 2022). Mais, il ne faut pas mélanger élections régionales et élections législatives ; ce sont deux combats différents. Dans le second cas, la dynamique provoquée par le résultat de l’élection présidentielle conditionne le résultat. Florian Bachelier en sait quelque chose puisqu’il l’avait emporté au second tour de 2017 avec 60,96 % des suffrages exprimés ; mais à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire puisqu’il était opposé à une candidate de la France insoumise (Enora Le Pape) qui se contenta d’un 39,04 %, tandis que l’abstention atteignait 53,29 %. Le candidat du PS, Emmanuel Couet, président de Rennes métropole, avait été éliminé dès le premier tour (13,26 %). Notons cette phrase historique de Bachelier au soir de son élection : « Il va falloir faire, faire et faire » (Ouest-France, Ille-et-Vilaine, lundi 19 juin 2017).

Des parachutages ?

Assisterons-nous à des parachutages de ministres en Bretagne ? Exaspéré de voir les membres du gouvernement défiler dans son bureau pour solliciter une circonscription aux législatives, Richard Ferrand, député de Carhaix et président de l’Assemblée nationale, qui pilote les investitures, a mis le holà : « Je ne prends plus aucun rendez-vous avec des ministres » (Journal du dimanche, 9 janvier 2022).

Certains se souviennent peut-être d’un parachutage célèbre : celui de l’Auvergnat Raymond Marcellin aux législatives de 1946 (début de la IVe République). Il débarquait de Paris avec un atout formidable : de l’argent. Ce qui lui permit d’acheter une place éligible. A l’époque, les députés étaient élus à la proportionnelle sur une liste départementale. Pour être élu, il était donc conseillé d’occuper la première place sur une liste. Il acheta donc  cette place à Yves du Halgouët qui était endetté après avoir participé après plusieurs campagnes électorales pendant l’assemblée constituante. On assista ensuite à un fameux duel pour le leadership en Bretagne : René Pleven (qui  était à Londres pendant la guerre) et Raymond Marcellin (qui était à Vichy pendant la guerre avec son copain François Mitterrand).

Bernard Morvan

Crédit photo : G. Garitan/Wikimedia (cc)
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2 réponses

  1. après tous ces socialistes qui ont rallié (et les restants qui le feront) on assiste au ralliement des quelques LT restants woerth en premier
    si j’ai quelque considération pour ceux qui vont vers un gars qui dans les sondages est 2è ou 3ème, ils prennent un risque, ceux qui rejoignent le “futur” vainqueur après avoir dit pis que pendre de lui jusqu’à quelques mois, c’est gens là sont des carriéristes à vomir

  2. Refaire l’avocat ?
    Qu’il repasse son bac (à l’ancienne) d’abord, tant il est inculte et dit de grosses sottises.
    Et c’est cela un “honorable parlementaire” ?

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