Société de contrôle. Comment s’opposer à Mon Espace Santé (ou supprimer mon compte) ?

Mon Espace Santé est venu depuis quelques jours remplacer le « Dossier Médical Partagé », fiasco qui aura coûte de l’argent aux contribuables.

Officiellement, cet espace sera un « cahier de santé numérique ». C’est à dire que tout sera centralisé, votre dossier médical, vos documents, vos radios, vos ordonnances…sur des serveurs qui ne vous appartiennent pas, par définition.

Vous avez la possibilité de refuser la création de ce compte, puis de le supprimer par la suite. Mais pour se faire, vous avez six semaines. Si ce délai n’est pas respecté, alors votre espace sera créé automatiquement.

Pour empêcher votre inscription, voici la marche à suivre :

  • Rendez-vous sur https://www.monespacesante.fr/
  • Cliquez sur « Activer mon espace santé » (cela peut paraitre improbable mais c’est bien ce qu’il faut faire)
  • Si vous n’avez pas reçu votre code provisoire, il vous faudra en générer un en renseignant vos informations de carte vitale — même pour un refus, car cette étape permet de vous identifier.
  • Puis vous serez amené vers une fenêtre ou vous pourrez prendre votre décision. Cochez « Je m’oppose à la création de Mon espace santé », puis sur continuer. Votre espace sera donc annulé, temporairement (et définitivement si vous ne faites pas la démarche de vous inscrire).

Si après avoir créé votre accès (ou parce que le délai de six semaines est passé), vous souhaitez supprimer le compte, voici la marche à suivre :

  • Connectez vous à votre espace
  • Cliquez sur votre nom en haut à droite, puis sur « Paramètres ».
  • Cliquez ensuite sur la section « Clôture du profil ».
  • Cochez les deux cases de consentement, et votre profil sera supprimé.

Certains diront que ce genre d’outils permet de faciliter la vie des internautes. Les autorités promettent d’ailleurs que les données des Français seront mieux protégées dans cet espace unique plutôt qu’éparpillées dans plein de logiciels divers. L’hébergement des données est assuré par des sociétés agréées Hébergeur de Données de Santé (HDS) sur des serveurs basés en France, conformément à la loi. Des tests et audits de sécurité ont été menés en amont pour repérer des failles. Le code informatique de la plateforme pourrait être ouvert dans une démarche de transparence.

Mais ils sont de plus en plus nombreux à toutefois s’interroger sur la finalité de la mise à disposition, via des serveurs, de nos données, en l’occurrence ici de nos données de santé. Que l’Etat puisse avoir la main y compris sur ce qui relève du secret médical, cela a de quoi rebuter ; mais qui sait, demain, si des sociétés privées n’auront pas la possibilité d’accéder; d’une manière ou d’une autre, à ces données ? Est-ce que ce n’est pas déjà d’ailleurs le cas aujourd’hui, eu égard du bazar que constituent les différents logiciels régulant la santé, votre santé, en France ?

Ce n’est pas de la Science fiction. Il suffit de rappeler qu’il y a plus de deux ans, jamais vous n’auriez imaginé devoir porter un masque dans la rue, sous peine d’une amende, et ne plus voyager ou aller au restaurant si vous ne présentez pas le bon code-barre attestant de votre état de santé.

Dans le doute….

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

3 réponses

  1. Merci pour ce texte – il semblerait qu’il y ait eu (en théorie !) un rétropédalage sur la question de l’hébergement de ces données, qui initialement devait l’être par Microsoft… A présent on vante un hébergement franco-français…
    Reste que ce côté « si pratique » pour l’utisateur est, en effet, à mettre avec de (gros) pointillés.
    Un article du « Monde » (vendredi 4 février 2022) n’en fait que l’apologie… Et dans « Aujourd’hui en France » (même date), il est mentionné la possibilité du refus et (en théorie toujours !) le fait de recevoir de la part de l’assurance maladie un mail pour accepter ou refuser. Je crains que peu de monde, voire personne ne reçoive ce mail… A suivre. En tout cas, mieux vaut prendre les devants.
    Merci à l’auteur du texte.
    En tout cas merci pour la « procédure » à suivre pour éviter de… « partager » !!!

  2. Heureusement que dans notre monde centralisé, nos ingénieurs et mathématiciens nous apportent actuellement beaucoup d’espoir pour l’avenir via la blockchain, voici un article sur Galeon qui va venir connecter toutes les données des patients pour les besoins de la recherche et pour les besoins médicaux de manière totalement anonyme et sécurisé par la blockchain:
    https://www.lepoint.fr/stories/la-start-up-galeon-revolutionne-la-sante-grace-a-la-blockchain-06-12-2021-2455439_3919.php

    Le light paper de Galeon est intérssant à lire, c’est un projet français et c’est bien, mais il ne faut pas oublier que dans un océan de blockchain, il y aura de la place pour des dizaines voir plus d’autres projets médicaux.
    https://docsend.com/view/ihqhz6nj2crkhpab

    Du coup si l’on parle blockchain et données personnelles, je suis obligé également de te parler d’Archetic Uniris, c’est aussi un projet blockchain qui pourra très bien être lié à tes interactions avec un cabinet médical, un dentiste, etc dans l’avenir, mais bien plus encore. C’est un projet franco indiens qui va largement plus loin que le médical et qui tourne autour de l’identité numérique. Là aussi c’est une goutte d’eau dans un océan de blockchain et il y aura de la place pour beaucoup d’autres projets d’identité numérique décentralisé, le projet est bien avancé et sécurisera notamment les JO de Paris. Voici un lien vers une vidéo de vulgarisation qui est pas mal:
    https://youtu.be/DwDu0c2snaY

    Le white paper est intéressant à lire aussi:
    https://www.archethic.net/ARCHEthic_WhitePaper.pdf

  3. Si au moins les candidats à la présidentielle devaient eux aussi étaler sur « mon espace escroc » tous leurs revenus, biens, condamnations et preuve de leur appartenance sexuelle (test chromosomique), ce serait un monde merveilleux !

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