Guerre en Ukraine. Des ONG alertent sur le trafic d’êtres humains visant les femmes et enfants réfugiés dans les pays frontaliers

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Parmi les conséquences de la crise humanitaire qui a lieu en Ukraine suite à l’invasion militaire russe, plusieurs ONG ont récemment alerté sur le trafic d’êtres humains et sur la disparition de femmes et d’enfants aux frontières du pays, que plus de 2,5 millions de personnes (dont plus d’un million d’enfants) ont déjà réussi à fuir.

Le calvaire de certains réfugiés ukrainiens se prolonge dans les pays frontaliers

Dans le chaos de la guerre, les Ukrainiens engagés sur le chemin de l’exil ont d’autres préoccupations que celle de se méfier des potentiels prédateurs qui les attendent dans les États voisins. Et pourtant ! L’agence Associated Press a rapporté le 12 mars qu’un individu de 49 ans a été arrêté en Pologne car soupçonné d’avoir violé une réfugiée ukrainienne de 19 ans qu’il avait attirée en lui offrant un abri.

Autre situation sordide, les autorités polonaises sont intervenues pour contrecarrer les plans d’un homme suspect ayant promis un travail et une chambre à une jeune fille de 16 ans. La police polonaise a également auditionné un autre individu qui, dans un camp de réfugiés de Medyka, près de la frontière ukrainienne, proposait son aide uniquement aux femmes et aux enfants. Il changera son récit par la suite lors de son interrogatoire.

Des cas qui sont loin d’être isolés puisque plusieurs organisations caritatives et des ONG travaillant dans des pays frontaliers à l’Ukraine ont également signalé des cas de disparition d’enfants, de trafic d’être humains, d’extorsion et d’exploitations des femmes.

« Il est évident que tous les réfugiés sont des femmes et des enfants »

L’appétit des prédateurs et autres criminels est décuplé par le fait que la quasi-totalité des réfugiés ukrainiens sont des personnes vulnérables : « Il est évident que tous les réfugiés sont des femmes et des enfants », a déclaré Joung-ah Ghedini-Williams, responsable de la communication globale du HCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés), qui s’est rendue aux frontières en Roumanie, en Pologne et en Moldavie.

Elle a également appelé à la vigilance les autorités et les organisations contre « tout risque potentiel de trafic, mais aussi d’exploitation, et d’abus sexuels », ajoutant que la crise ukrainienne était « le genre de situations que des personnes comme les trafiquants cherchent à exploiter ». En outre, il faut rappeler que cet exode est le plus rapide en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

En Allemagne, la police de Berlin a publié un message en russe et en ukrainien sur les réseaux sociaux afin de mettre en garde les femmes et les enfants contre l’acceptation d’offres de nuitées, et les a exhortés à signaler tout élément suspect.

De son côté, Tamara Barnett, directrice des opérations de la Human Trafficking Foundation, une organisation caritative basée au Royaume-Uni, a déclaré que cette « énorme cohorte de personnes vraiment vulnérables qui ont besoin d’argent et d’aide immédiatement » pouvait constituer « une sorte de terreau pour les situations d’exploitation et l’exploitation sexuelle. »

Le trafic d’êtres humains rapporterait près de 30 milliards d’euros par an

Par ailleurs, certains pays frontaliers comme la Roumanie et la Pologne ont également décidé de placer des agents de renseignement en civil aux frontières ukrainiennes parmi les foules venues accueillir les réfugiés afin de repérer les propositions suspectes.

Outre la prostitution, le trafic d’êtres humains peut aussi conduire les victimes à du travail forcé, de l’esclavage domestique, de la criminalité forcée voire à subir des prélèvements d’organes.

À ce sujet, un rapport sur la traite des êtres humains publié en 2020 par la Commission européenne a évalué le profit annuel mondial de cette activité criminelle à environ 29,4 milliards d’euros (32 milliards de dollars). Selon ce rapport, l’exploitation sexuelle est la forme la plus courante de traite des êtres humains dans l’Europe des 27, et près des trois quarts des victimes sont des femmes, tandis que près d’une victime sur quatre est un enfant.

Crédit photo : capture YouTube (photo d’illustration)
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0 réponse

  1. y’a du fric à se faire, bhl est allé voir !
    on apprend que des originaires d’afrique noire et du maghreb ont des passeports ukrainiens, une autre filière d’entrée en europe pour y rester à vie !! la corruption est reine ! refugees welcom !

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