Edwige Diaz, députée RN : « Le Rassemblement National qui n’a plus la moindre influence sur les décisions, c’est fini » [Interview]

Les nouveaux députés élus à l’Assemblée nationale suite aux élections législatives de juin 2022 ont fait leur pré rentrée cette semaine, à la découverte de l’Institution, de son fonctionnement, de ses lieux chargés d’histoire. Place désormais au travail. Parmi les nouveaux députés, qui vont faire leurs premiers pas dans l’hémicycle, une étoile montante du RN depuis quelques années, Edwige Diaz, en provenance d’Aquitaine.

Nous l’avions déjà interrogé par le passé, et nous avons voulu recueillir ses impressions après les élections mais aussi les ambitions et les sujets sur lesquels l’important groupe RN (89 députés) va mener la charge dans les prochains mois.

Breizh-info.com : Tout d’abord, à titre individuel, quelle est votre réaction après vos élections en tant que député ? Il s’agit d’une ascension fulgurante pour vous non ?

Edwige Diaz : Je remercie sincèrement les plus de 25 000 électeurs qui m’ont accordé leur confiance. Je ne les décevrai pas. C’est un résultat historique. Jamais ma circonscription n’avait eu de Député Rassemblement National dans cette terre très ancrée à gauche.

C’est le fruit d’un immense travail d’implantation sur le territoire. Je suis en campagne depuis 5 ans dans le Blayais et le Coutradais. J’ai participé à toutes les élections locales. J’ai multiplié les listes aux municipales dans la circonscription. Je n’ai pas raté une seule fête champêtre, une seule manifestation, un seul marché ou vide-grenier, ni la moindre commémoration. Au-delà de nos thèmes qui reçoivent un fort écho dans la population, j’ai bénéficié d’une prime à la proximité. Ici, tout le monde me connait et connait mon attachement à notre territoire.

Marine Le Pen l’avait très bien compris lorsqu’elle nous a demandé, dès son élection à la présidence du Front National à l’époque, la clé du succès, c’est l’implantation territoriale ! Nous en récoltons les fruits aujourd’hui.

Breizh-info.com : Collectivement, le RN porte 89 députés à l’Assemblée nationale, contre toute attente. Quels sont vos premiers commentaires ?

Edwige Diaz : C’est un résultat historique qu’aucun observateur n’avait vu venir, mais ne suis pas aussi surprise que vous. Durant la campagne, nous sentions qu’il se passait quelque chose. Contrairement à de précédentes élections législatives, notre électorat est resté extrêmement mobilisé suite à nos scores très encourageants à la présidentielle.

Nos électeurs avaient compris l’enjeu de ce troisième tour de la présidentielle : faire barrage à Macron et l’empêcher d’avoir les pleins pouvoirs pendant 5 ans.

Pendant que les médias en faisait des caisses sur Jean-Luc Mélenchon et ses promesses délirantes, nous, nous étions sur le terrain au contact des Français pour leur dire de ne rien lâcher. Le résultat est sans appel : les Français nous ont proclamé première opposition à la présidentielle, ils ont confirmé leur vote aux législatives en faisant de nous le premier groupe parlementaire d’opposition.

C’est peut-être ce qui nous manquait jusqu’ici. En 10 ans, nous sommes passés de parti de contestation à parti d’opposition mais avant de devenir un parti de Gouvernement, il nous fallait d’abord devenir un parti institutionnalisé. C’est désormais le cas. Ce mandat va nous permettre de préparer 2027 en faisant émerger une nouvelle élite patriote dans les rangs de l’Assemblée Nationale. Dans 5 ans, nous nous présenterons aux Français avec des cadres expérimentés, rompus à la vie parlementaire et clairement identifiés par les Français. Cela pèsera dans les prochains votes. La prochaine campagne présidentielle commence aujourd’hui.

Breizh-info.com : Ce nombre, inédit, à l’Assemblée, vous oblige aussi, d’une certaine façon, à des résultats, car pour le coup, le RN n’aura jamais eu autant de pouvoir. Quelles sont les grandes thématiques sur lesquelles vous allez vous battre dans l’hémicycle ? Une pa ortie de la droite nationale a reproché au RN sa mollesse sur la question de l’immigration, qu’en sera-t-il ?

Le Rassemblement National qui n’a plus la moindre influence sur les décisions, c’est fini ! Avec le premier groupe d’opposition, nous sommes désormais incontournables dan l’hémicycle. Les macronistes sont extrêmement affaiblis et n’auront pas d’autres choix que de nous faire des concessions. Contrairement à l’extrême-gauche qui est là pour mettre le bazar et transformer l’Assemblée en ZAD, nous serons fermes mais constructifs. Nous sommes là pour incarner l’opposition, pas pour faire de l’obstruction permanente. Quand un texte ira dans le bon sens, nous le voterons.

Mais accepter des compromis ne veut pas dire se compromettre. Nous resterons fidèles à ce pour quoi nos électeurs nous ont fait confiance.

Nous ne lâcherons rien face aux deux principaux blocs que nous affronterons, composés de ceux qui veulent détruire la France pour l’un, et de ceux qui veulent la détruire encore plus vite pour l’autre.

Nous nous battrons pour rendre aux Français leur pays, leur argent et leur parole.

Pendant les 5 prochaines années, nous serons en première ligne pour combattre le saccage social, la hausse du coût de la vie et la retraite à 65 ans, pour empêcher la saignée fiscale, pour lutter contre l’effondrement de l’Etat dans l’école, dans la sécurité, dans la justice et dans la santé. Nous ne céderons également pas un seul pouce face aux provocations de l’extrême-gauche Burkini. Cette extrême-gauche immigrationniste, communautariste, anti-laïcité, anti-flic, anti-nucléaire, bref anti tout et surtout anti Française.

Face aux Députés de la République McKinsey et aux Députés de la République Traoré, nous serons des Députés de la République française. Nous serons les porte-paroles de cette France qui a tant souffert, tant été oubliée et tant été méprisée pendant ces 5 dernières années.

Nous exigerons la baisse des taxes sur les carburants, la revalorisation des pensions et le droit à une retraite digne, la fin de l’immigration massive, le retour de l’ordre face à  l’impunité judiciaire pour les délinquants, la réintégration des milliers de soignants suspendus, la préservation de nos services publics. Mais aussi, bien sûr,  la défense de notre agriculture, de notre industrie et de nos emplois face à la concurrence internationale déloyale.

Sur la question précise de l’immigration, ma réponse est claire : oui, l’immigration massive est une menace pour notre civilisation, nos libertés, notre sécurité et notre modèle social. Mais on ne peut pas fonder un projet que sur le rejet de l’immigration. C’est une erreur. Certains l’ont essayé à la présidentielle et aux législatives et on a vu le résultat. C’est une priorité mais il ne faut pas devenir monothématique. Les Français attendent également qu’on leur parle de leur quotidien.

Vous savez, dans ma circonscription qui est très rurale, les commerçants sur les marchés me disent qu’ils se mettent à vendre des demi-poulets car un poulet entier est trop cher pour bien des famille ! Pour eux, sauver les fins de mois des Français est aussi important que sauver la France.

Breizh-info.com : Quid par ailleurs de vos projets en matière de contre offensive par rapport aux tentatives d’influence de mouvements et de lobbys, notamment LGBT, au sein de l’école, de l’éducation nationale, mais aussi sociétalement ?

Edwige Diaz : L’école est un lieu de transmission des savoirs et de neutralité. Le militantisme, sous quelque forme et sujet qu’il soit, n’y a pas sa place. Plus généralement, la lutte contre les discriminations que les LGBT peuvent subir est bien évidemment un objectif mais nous refusons l’instrumentalisation politique faite par une minorité militante bien souvent d’extrême-gauche.

Les personnes dites « LGBT »demandent à vivre normalement. Et particulièrement en sécurité. Aujourd’hui, ils savent pertinemment qu’ils n’ont pas les mêmes droits à la sécurité et une vie tranquille en fonction de là où ils habitent. D’où vient l’homophobie, en France, en 2022 ? Qui agresse de jeunes couples parce qu’ils se sont tenus la main dans la rue ? Ils sont parmi les premières victimes de l’immigration de populations qui n’ont pas les mêmes mœurs que nous et même rapport à la liberté que nous. Contrairement à beaucoup de collectifs militants qui préfèrent vivre avec des œillères, le Rassemblement National a toujours eu le courage de dénoncer cette réalité.

Breizh-info.com : Plus globalement, l’Assemblée est totalement divisée, éclatée, et par ailleurs une nouvelle fois minoritaire puisque plus d’un Français sur deux ne sont pas allés se déplacer. La 5ème République a-t-elle encore une légitimité, ne faut il pas changer de régime constitutionnel ?

Edwige Diaz : Ce ne sont pas nos institutions qui ont perdu de la légitimité mais la classe politique au pouvoir. Emmanuel Macron a incarné pendant 5 ans le mépris, tant de l’opposition que de la rue. Il en paie aujourd’hui le prix. Il devra désormais composer avec les Français et leur représentants. Il ne pourra plus faire comme si le peuple n’existait pas. Il ne pourra plus mépriser nos idées. Il ne pourra plus agir comme si nos revendications étaient illégitimes.

Les Français demandent l’arrêt de l’immigration massive et qu’on agisse enfin face à l’insécurité grandissante. Ils ne supportent plus d’être abandonnés par la classe politique. Ils disent stop au racket fiscal et demandent qu’on agisse enfin pour améliorer leurs fins de mois. Ils refusent le grand déclassement, la fermeture de nos services publics et la mort de notre système de santé. Macron n’aura plus d’autre choix que de les écouter. Cette absence de majorité de Députés godillots pour Macron n’est pas une crise institutionnelle, ce sera, en réalité, un bol d’air démocratique.

Breizh-info.com : La France semble par ailleurs elle aussi totalement éclatée, entre régions, entre métropoles et périphéries, entre ruralité et banlieues. Ce pays a-t-il encore un avenir, y compris avec des millions d’individus qui n’ont plus rien à voir les uns avec les autres ?

Edwige Diaz : Emmanuel Macron a passé son temps à diviser profondément les Français. Gilet jaunes, soignants et pompiers contre policiers, jeunes contre séniors, ruraux contre urbains, vaccinés contre non vaccinés, classes populaires contre CSP+… La liste est particulièrement longue. Je n’oublie pas non plus ses insultes permanentes contre les perdants de sa politique. Je pense bien sûr, chez vous, aux salariées de GAD « illettrées et sans permis ». La violence des mots s’est ajoutée à celle de sa politique.

Notre projet a vocation à réconcilier les Français et à les rassembler à nouveau, notamment en étant les porte-paroles de la France des oubliés. Nous ne voulons pas que les Français soient enfermés par certains dans la nostalgie du « c’était mieux avant ». Nous leur disons « avec nous, ce sera mieux demain » !

Propos recueillis par YV

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

9 réponses

  1. Bravo à E . Diaz et au RN pour cette victoire … devenu groupe principal d’opposition au régime , il aura aussi intérêt à tenir la route car les médias et la gauche extrême à la botte seront aux aguets , le moindre faux pas sera exploité dans l’outrance .

  2. Et il semble que LR se reprend !
    Olivier Marleix élu président des LR, Olivier Marleix celui qui fait la guerre aux entourloupes politiques, qui a dénoncé l’affaire Alstom.
    Il ouvre certainement la porte à Wauquiez, pour un LR redevenu gaulliste…
    Si au moins deux partis pouvaient défendre la France en attendant de nouvelles élections, peut être dans 1 an, la dissolution est possible même si McKinsey peut encore se prendre une baffe, son orgueil est tel !

  3. Belle personnalité ! Que d’espoir… Ne pas hésiter à consulter le programme présidentiel d’Eric ZEMMOUR qui comportait des propositions très intéressantes, et notamment en matière d’enseignement. Il est désormais trop tard pour sauver la France et l’Europe mais au moins tentons de faire en sorte que notre civilisation puisse être préservée…

  4. Bonjour madame le député,
    Quand je vous écoute, je ne regrette pas d’avoir voté FN puis RN depuis des dizaines d’années. La ligne du RN est claire. On compte sur vous, l’ensemble des députés RN et la présidente du groupe, MLP, pour faire adopter des lois en conformité avec cette ligne.
    Dans les qualités requises à l’assemblée, il y a bien sûr la compétence, mais aussi le bon sens et la ténacité, cette dernière que j’ai toujours appréciée chez MLP
    L’arrivée massive imprévue de députés RN à l’assemblée nationale conforte une grande espérance.

  5. imaginez le nombre de députés souverainistes si l’union des droites (ne serait ce que rn+reconquête+debout la france) s’étair faite !

  6. J’ai apprécié le discours, à l’Assemblée Nationale, du député R.N., José Gonzalez (79 ans),né en  »Algérie française »..il a été applaudi…ce qui a rendu fous de rage les NUPES !…

Les commentaires sont fermés.

- Sécession la première parution de Yann Vallerie, rédacteur en chef de Breizh-info -

- Je soutiens BREIZH-INFO -

PARTAGEZ L'ARTICLE !

LES DERNIERS ARTICLES

ARTICLES LIÉS