A la découverte des Saints Bretons. Le 7 juillet, c’est la Saint They (Teï)

Nous vous proposons dans cette rubrique de découvrir l’histoire des Saints Bretons. Les saints bretons désignent des personnalités bretonnes vénérées pour le caractère exemplaire de leur vie d’un point de vue chrétien. Peu d’entre elles ont été reconnues saintes par la procédure de canonisation de l’Église catholique (mise en place plusieurs siècles après leur mort), mais ont été désignées par le peuple, leur existence même n’étant pas toujours historiquement attestée. La plupart des vitae de saints bretons qui nous sont parvenues datent en effet des ixe et xe siècles ou ont été réécrites dans le contexte de la réforme grégorienne qui induit parfois les clercs à remodeler les documents hagiographiques, issus de traditions orales transmises aussi bien dans le vieux fond populaire que dans le milieu savant, dans leur intérêt (légitimation de la figure épiscopale, du bien-fondé d’une réforme d’une communauté monastique). Le développement du culte de ces saints se développe au Moyen Âge tardif lorsque plusieurs familles de l’aristocratie bretonne s’approprient les légendes hagiographiques en justifiant par des arguments généalogiques, de la protection particulière d’un saint ou de son adoption comme ancêtre de substitution dans leurs lignages.

Les historiens actuels éprouvent encore beaucoup de difficultés pour distinguer entre imaginaire et réalité. L’historicité des épisodes de la vie de ces saints reste ainsi souvent douteuse car ces épisodes se retrouvent dans l’hagiographie tels qu’ils apparaissent dans les coutumes ou dans le folklore. La structure même du récit des vitae se rencontre dans d’autres Vies de saints dont les auteurs reprennent généralement des « conventions littéraires d’un modèle biblique qui façonnait leurs modes de pensée et d’expression ».

En 2022, environ 170 saints bretons sont représentés, chacun par une statue, à la Vallée des Saints, en Carnoët.

Le 7 juillet, c’est la Saint They

Selon le récit plus ou moins légendaire de Dom Mars, saint They serait né en Armorique de parents illustres venus de Grande-Bretagne (une ancienne paroisse de la Cornouailles anglaise se dénommait Sant-Day) qui l’auraient confié pour son éducation à saint Guénolé.

Selon le cartulaire de Landévennec, Idunet, They et Ethbin auraient quitté l’abbaye de Landévennec pour remonter l’Aulne, le premier s’arrêtant à Châteaulin, y fondant le prieuré de Loc-Yonet ; saint They aurait remonté l’Aulne plus en amont, installant son ermitage à l’emplacement actuel du Vieux-Bourg de Lothey et Ethbin serait allé un peu plus loin, fondant Pleyben1.

They aurait mené à cet endroit une vie de mortification, pratiquant les observances les plus austères, vêtu d’une simple tunique et d’une cagoule, mangeant pain bis et légumes, ne buvant que de l’eau d’une source proche et couchant sur la terre nue, se flagellant, etc. et fuyant le monde. Mais de nombreux disciples vinrent à lui, attirés par sa sainteté, transformant l’ermitage en lan.

Son culte s’est rapidement répandu à travers la Cornouaille (il était réputé avoir le pouvoir de guérir les rhumatismes)

Crédit photo : wikipedia (cc)
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Une réponse

  1. Un village en la commune de Fréhel autrefois Pléhérel se nomme Saint-Aide mais était prononcé par les anciens Saint Daï…

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