L’incendie des Monts d’Arrée maitrisé : quels impacts sur l’environnement ?

La Préfecture du Finistère vient d’annoncer que l’incendie qui s’était déclaré en début de semaine au pied de la chapelle du Mont Saint-Michel de Brasparts est maintenant maîtrisé. Au total, la surface brûlée s’élève à 1725 hectares, une superficie très importante pour les Monts d’Arrée.

Maintenant que la gestion de l’urgence est assurée et les habitants, acteurs économiques et infrastructures du territoire en sécurité, il est possible de faire un premier bilan des impacts de l’incendie sur la biodiversité. Réparti sur 10 000 ha, le site Natura 2000 des Monts d’Arrée abrite le plus grand ensemble de landes atlantiques de France et le plus important complexe de tourbières de Bretagne. D’après les premières observations, l’incendie aurait touché plus de 15% du site et brûlé environ 1100 ha de landes et 380 ha de landes humides et tourbières.

Des observations rassurantes pour les espèces emblématiques mais des inquiétudes pour les espaces naturels

Selon les équipes du Parc naturel régional d’Armorique en lien avec les spécialistes de Bretagne vivante, l’incendie n’aurait pas d’impact dramatique sur les espèces d’oiseaux emblématiques des Monts d’Arrée comme les Courlis cendrés et les Busards Saint-Martin et cendrés : en fin de période de nidification, ils sont en cours de migration ou sont tous, jeunes ou adultes, en capacité de voler. L’inquiétude porte davantage sur la micro-faune (insectes, mollusques, petits mammifères et oiseaux, amphibiens, reptiles) qui probablement, n’a pas pu fuir : c’est le cas de l’Engoulevent d’Europe qui niche au sol à cette période.

L’incendie est un phénomène naturel ou accidentel dans le cycle de vie des landes qui peut permettre de maintenir ces espaces naturels, très inflammables, ouverts. Après un feu « courant » qui ne brûle que la partie supérieure des landes, la végétation peut revenir rapidement à son stade initial. En revanche, si le feu « couve », en particulier sur les landes tourbeuses, la tourbe risque de relarguer le carbone qu’elle stocke et la banque de graines présente dans le sol peut être touchée.

Une évaluation basée sur les observations de terrain et prenant en compte la nature du feu (stagnant (couvant) ou courant) devrait permettre de faire un bilan plus précis dans les prochains jours et notamment d’évaluer la capacité de régénération de la végétation. Dans cet objectif, un groupe de travail est lancé avec les acteurs de terrain comme Bretagne Vivante, le Conservatoire botanique de Brest, la Fédération de chasse du Finistère ou encore les syndicats de bassin.

Entretenir les landes pour limiter les risques incendie et préserver la biodiversité

Le pâturage et la fauche sont deux pratiques agricoles traditionnelles qui permettent d’entretenir durablement les landes :

– sur le plan écologique, les milieux en restant ouverts peuvent accueillir une biodiversité remarquable et fragile comme certains oiseaux nicheurs ;

– sur le plan agricole, les éleveurs peuvent disposer d’espaces supplémentaires pour faire paître les animaux en été, libérant ainsi les prairies pour produire du foin ou un repos des parcelles après l’hiver ;

– sur le plan de la lutte contre les incendies, l’action de gestion limite une trop forte évolution des landes, les broyages d’entretien en bordure de clôtures et l’action des animaux créent des zones coupe-feu contribuant à limiter la propagation des feux.

C’est pourquoi depuis les années 1990, le Parc accompagne une quarantaine d’agriculteurs autour de la gestion des landes par fauche et par pâturage, dans le conseil sur le terrain et en permettant d’obtenir des financements de la Politique agricole commune (via des Mesures agri-environnementales et climatiques – MAEC) via le plan agro-environnemental et climatique qu’il porte sur territoire.

De son côté, le Département du Finistère, propriétaire et gestionnaire d’espaces naturels sensibles dans les Monts d’Arrée restaure et entretient des landes en maîtrise d’ouvrage départementale avec l’appui d’entreprises spécialisées. Il met également, et gratuitement, à disposition des éleveurs des terrains dans le cadre de prêts à usage partagés. Ces derniers assurent en contrepartie la gestion des parcelles confiées selon un cahier des charges précis adapté aux milieux naturels. Les éleveurs peuvent en parallèle bénéficier de MAEC sur ces mêmes espaces. C’est un partenariat gagnant-gagnant mettant en avant l’intérêt de l’écopastoralisme.

Crédit photos : wikipedia (cc)
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2 réponses

  1. Ce site magnifique sera toujours à la merci de la ripoublique de merde qui l’a défiguré avec une centrale atomique, des escrolos à la solde des lobbies de l’éolien, du solaire et du gaz, et des gros nazes qui laisseront se consumer leurs mégots de joints sur ce poumon vert de NOTRE Breizh. Dehors les doryphores de Bellevue, St Naze et St Herblain!

  2. On voit bien sur la photo le réservoir de Saint Michel (ou le lac Saint Michel). Quelqu’un pourrait-il me dire de quel endroit, la photo a été prise. Merci.

Les commentaires sont fermés.

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