L’Arabie saoudite, les Etats-Unis et le pétrole russe. L’Union Européenne dindon de la farce ?

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Depuis que le président américain Joe Biden a pris ses fonctions en janvier 2021, il tente de ramener l’Arabie saoudite dans le giron de l’Occident politique. Ces tentatives se sont considérablement intensifiées après que la Russie a lancé sa contre-offensive contre l’empiètement rampant de l’OTAN. M. Biden a fait de nombreuses et vaines tentatives pour contacter les dirigeants saoudiens, qui ont culminé avec une visite ratée le 15 juillet.

Les raisons de la réticence de l’Arabie saoudite sont nombreuses, notamment l’intention ouvertement déclarée des dirigeants américains d’abandonner les combustibles fossiles au profit de sources d’énergie renouvelables. Le pétrole étant l’élément vital de l’Arabie saoudite depuis sa création en tant que pays moderne, on comprend aisément pourquoi les dirigeants saoudiens ne sont pas très enthousiastes à l’idée d’aider les États-Unis à atteindre un tel objectif.

Joe Biden s’est engagé dans une sorte de tentative quasi-reaganienne pour que l’Arabie saoudite augmente significativement sa production de pétrole, ce qui aurait dû permettre d’atteindre au moins deux objectifs. D’une part, faire baisser les prix du pétrole, ce qui aurait allégé la pression sur l’économie américaine pendant la transition vers des sources d’énergie alternatives, et d’autre part, contribuer à mettre l’économie russe à genoux, à l’instar de ce qu’a fait feu le président américain Ronald Reagan dans les années 1980, ce qui, selon de nombreux Occidentaux, a contribué à la chute de l’Union soviétique. Cependant, il semble que le président Biden n’ait pas seulement échoué à atteindre l’un ou l’autre de ces objectifs, mais qu’il ait en fait aggravé la situation de l’Occident politique.

Naturellement, tous les grands pays producteurs de pétrole ont profité de la hausse des prix du pétrole sur le marché mondial pour réaliser des profits exponentiels tout en devant pomper pratiquement la même quantité de pétrole. Cela est particulièrement vrai pour l’Arabie saoudite, troisième producteur mondial de pétrole, juste après la Russie et les États-Unis. Après que l’Occident politique a imposé des sanctions à la Russie, les marchés sont entrés en frénésie, ce qui a immédiatement provoqué une augmentation du prix de tous les produits énergétiques, y compris le pétrole brut. Cependant, c’est désormais la Russie qui vend le pétrole le moins cher, ce qui le rend extrêmement attractif pour les autres pays qui ne peuvent tout simplement pas se permettre d’acheter quelque chose de plus cher. Bientôt, d’énormes pays importateurs de pétrole comme la Chine et l’Inde ont commencé à acheter plus de pétrole russe que jamais auparavant.

À ce stade, la Russie commençait à dépasser la part de marché de l’Arabie saoudite dans d’autres pays, notamment en Chine, l’un des plus grands consommateurs de pétrole au monde. À première vue, cela aurait dû rendre les Saoudiens plus ouverts à l’idée d’augmenter la production de pétrole et de provoquer une chute des prix. Mais là encore, pourquoi le feraient-ils dans l’intérêt des États-Unis, dont le gouvernement adopte une approche ouvertement hostile à l’égard de l’industrie pétrolière, y compris la sienne ? Comme on pouvait s’y attendre, Riyad a dû trouver une alternative. Et c’est exactement ce qui s’est passé après avoir conclu un accord avec la Russie dans le cadre de l’OPEP+. Entre autres choses, cet accord semble également inclure une augmentation des importations saoudiennes de pétrole russe moins cher. Et en effet, selon Reuters, la monarchie wahhabite a doublé ses importations de pétrole russe au deuxième trimestre de cette année.

On peut se demander pourquoi le troisième plus grand producteur de pétrole au monde et exportateur net voudrait importer davantage de pétrole. Bien que cela n’ait pas beaucoup de sens à première vue, en réalité, il est très pratique pour les Saoudiens d’agir ainsi. Après que l’Occident politique a imposé des sanctions suicidaires à la Russie, imposant de fait un embargo pétrolier sur elle-même, les dirigeants saoudiens ont réalisé à quel point cela représentait une opportunité pour Riyad d’acheter le pétrole russe moins cher et de le réexporter ensuite vers l’Union européenne et ailleurs. Pour la Russie, cette situation était non seulement acceptable, mais même souhaitable. L’Union européenne, qui a causé autant de tort aux intérêts de la Russie dans la région post-soviétique que les États-Unis eux-mêmes, continue désormais à acheter du pétrole russe, mais par le biais d’un intermédiaire, en payant des prix exorbitants pour obtenir la même quantité de pétrole qu’avant février.

Cette situation affaiblit l’UE et exerce une pression énorme sur les économies européennes déjà en difficulté, qui ne se sont même pas remises des retombées de la pandémie de COVID-19. Elle affecte également les États-Unis, car les prix du pétrole s’envolent, exacerbant le problème de l’inflation, qui est maintenant à son point le plus haut depuis plus de 40 ans. L’Arabie saoudite, quant à elle, en tire d’immenses bénéfices, puisqu’elle joue désormais le rôle d’intermédiaire en revendant le pétrole russe à l’Occident politique. Cela allège également la pression sur l’industrie pétrolière saoudienne, ce qui permet de travailler moins tout en profitant davantage. En outre, cela annule les pertes saoudiennes sur d’autres marchés, notamment en Chine et en Inde, qui achètent désormais davantage de pétrole russe.

Le seul perdant dans cette situation est l’Occident politique, en particulier l’UE. Tant que Bruxelles sera enfermée dans une confrontation avec la Russie, elle sera obligée d’acheter du pétrole russe par l’intermédiaire de l’Arabie saoudite et d’autres intermédiaires. Cela affaiblit les économies de l’UE, les rendant moins compétitives sur le marché mondial, tout en épuisant les ressources du marché intérieur, faisant baisser la demande et provoquant effectivement une récession.

Pendant ce temps, Washington DC continue d’importer du pétrole russe et de lever d’autres sanctions sur des produits russes essentiels afin de réduire la pression sur sa propre économie. Pendant ce temps, les bureaucrates de Bruxelles, complètement détachés de la réalité, continuent de suivre le diktat américain. Cela va inévitablement appauvrir et affaiblir davantage l’UE.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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19 réponses à “L’Arabie saoudite, les Etats-Unis et le pétrole russe. L’Union Européenne dindon de la farce ?”

  1. gautier dit :

    Virons cette Europe qui ne fait que suivre l’Amérique, y’en a marre de cette Von Der la ( Hyènes ) qui prend toutes les décisions seule pour nous tous !! c’est une inconditionnelle de l’Amérique, tout le monde le sait, mais nos dirigeants ne bougent pas !!

  2. Targui dit :

    L’UE et MACRON, dindons de la farce !
    Il nous faut donc sortir de l’UE et de l’OTAN pour enfin avoir la paix avec une vie meilleure !

  3. Brun dit :

    Comme dans la plupart des domaines, la politique de l’UE en matière d’énergie est celle de gribouille : incohérence, naïveté, art de se tirer des balles dans les pieds. Il va vraiment falloir un de ces jours donner sa chance au frexit.

    • Targui dit :

      La France s’est faite et a grandi sans l’UE. Alors vite le FREXIT avant que la France ne s’enfonce complètement !!!

  4. Pschitt dit :

    « après que la Russie a lancé sa contre-offensive contre l’empiètement rampant de l’OTAN »… votre formulation est franchement indécente. Plus exactement, elle relaie la propagande de Poutine (« je ne fais pas la guerre à l’Ukraine, je me défends contre une agression occidentale ») avec des mots que lui-même n’a pas osés. Or ce sont les Ukrainiens qui meurent…

    • Targui dit :

      Les Ukrainiens meurent parce qu’ils voulaient rentrer dans l’OTAN sans respecter l’accord fait il y a 15 ans avec POUTINE de ne pas y rentrer ! Ils ont pris un risque de vouloir casser leur accord, ils ont perdu !!! D’autre part, MACRON devrait nous sortir de l’OTAN pour éviter de rentrer dans la guerre …….

      • Pschitt dit :

        De quel accord avec Poutine parlez-vous ? Il est arrivé à Poutine, je crois, d’alléguer un accord verbal qui aurait été donné par un dirigeant américain, mais rien, aucun document, aucune signature n’en atteste. Alors que la Russie a signé au moins deux traités internationaux garantissant l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Sur le plan du droit international le score est de 0 à 2 contre Poutine.
        Quant à dire qu’on attaque l’Ukraine parce qu’on pense qu’elle aurait voulu entrer dans l’OTAN, c’est une formule bien connue : ça s’appelle noyer son chien en l’accusant d’avoir la rage. Avec quel résultat ? L’adhésion de la Suède et de la Finlande à l’OTAN. Bravo Poutine, belle réussite, c’est comme la prise de Kiev.

    • Bioss dit :

      Vous n’avez rien compris.

    • cendu dit :

      Prenez conscience que ce sont toujours les USA qui agressent les pays qui refusent leur hégémonie (ils violent systématiquement l’interdiction internationale d’ingérence). Et ces agressions sont toujours déclenchées grâce à des mensonges (Kosovo, Irak, Afghanistan, …).
      Après avoir renié leur promesse de 1990 de ne pas installer de bases OTAN dans les pays de l’ex URSS, les USA ont installé 100 bases équipées de Pershing à têtes nucléaires à quelques km des frontières russes. En 1962, Kennedy était prêt à déclencher le feu nucléaire pour une seule base soviétique à Cuba.
      Montesquieu disait avec raison « ce n’est pas celui qui déclenche une guerre qui en est responsable, c’est celui qui a tout fait pour qu’elle arrive ».
      Quant au peuple ukrainien, qui a élu Zelinsky sur un programme d’amitié Russie – Ukraine renié immédiatement après son élection, c’est comme d’habitude : Les USA font faire leurs guerres par les autres sans risquer la vie de leurs boys.

      • Pschitt dit :

        Mais quelle « promesse » donnée par les USA en 1990 ? Les agents de Poutine y font régulièrement allusion sans donner de précision. Tout simplement parce qu’il n’y a rien du tout, sinon de vagues toasts à la fin de réunions informelles. Le mensonge est une composante systématique de la communication de Poutine : pourquoi se priver ?
        Qu’il ait pris modèle sur les USA, c’est bien possible. Est-ce une excuse ou une circonstance aggravante ? Vous évoquez l’Irak et le mensonge sur les armes de destruction massive en 2003, et vous avez raison. Mais Poutine pratique le même genre de mensonges. Il explique aux Russes qu’il a organisé une « opération spéciale » en Ukraine pour déloger les néo-nazis, ce danger mortel dont l’imminence est rappelée chaque 9 mai en Russie depuis une dizaine d’année. (Pas si fous, ses agents expliquent plutôt aux Occidentaux que c’est à cause de l’OTAN, ils savent bien que ce mensonge-là est plus crédible que celui des néo-nazis).
        Pour en revenir aux bases de l’OTAN, leur installation n’a commencé qu’en 1999. Pourquoi ? Parce que la Russie n’était plus le pays pacifique (ou effondré) de 1991. A partir de 1994, les guerres de Tchétchénie ont montré qu’elle était redevenue un pays impérialiste, prêt aux plus sales guerres pour étouffer le désir d’indépendance d’une ancienne république socialiste soviétique. On comprend que les autres anciennes républiques aient pris peur et demandé leur adhésion à l’OTAN. Rétrospectivement, Poutine leur donne raison aujourd’hui en attaquant l’un des pays qui n’ont pas obtenu cette adhésion (comme il l’avait déjà fait en 2008 avec la Géorgie).

    • Lauvaux dit :

      La vérité vous fait peur! L’indécence est américaine, en direct, à travers l’OTAN et à travers ses valets de l’UE

  5. Sevin-Duret dit :

    Nos « cranes d’oeuf » et autres énarques sont vraiment de grands stratèges …
    Biden nous a bien eu …
    La France n’a pas fini de couler !
    FREXIT VITE ! S’il n’est pas déjà trop tard …

    • Targui dit :

      Et si MACRON ne sort pas la France de l’OTAN il faut vite le virer car il ne faut pas oublier qu’il n’est que salarié du PEUPLE !!!

  6. FEDYCKI GHISLAINE RENEE dit :

    nous sommes pauvres pékins tributaire de ces gens
    les sanctions et bien cela sure afflige les plus pauvres
    les lois que l’on commence par nettoyer celles qui empêchent nos agriculteurs de TRAVAILLER LEUR TERRE
    et d’aider ceux qui ont compris que la terre c’est euxqui l’entretiennent
    les pays de l’ORIENT ET BIEN il y a une certitude tous leurs princes etc…. ONT UN PEUPLE A GERER !!!
    AMIS DE BRETAGNE NOUS AVONS UN HEXAGONE PAR LA PUISSANCCE CE CEUX QUI l’AIME
    AMITIES

  7. Yvette Prétet dit :

    Macron va recevoir, demain, jeudi, à l’Elysée, MBS! Cet homme fait construire, en Arabie Saoudite, une ville futuriste, NEOM, qui est une catastrophe environnementale!…il a fait abattre, par ses forces de l’Ordre, un citoyen saoudien qui refusait de céder sa propriété pour faire de la place au projet de MBS! L’Arabie Saoudite est l’un des plus gros émetteurs de CO2 au monde!

  8. Versa dit :

    Depuis leur guerre d’indépendance 1783, les Etats unis ont effectué plus dune centaine d’ interventions militaires dans le monde… dont une vingtaine au 20ème siècle.
    Macron accuse la Russie d’être «une des dernières puissances impériales coloniales. » comment va-t-il qualifier les interventions américaines qui ont fait des millions de morts ?

  9. patphil dit :

    qui subit ces sanctions envers la russie ? les petites gens d’europe ! merci dirigeants de l’ue,

  10. CREOFF dit :

    Affaiblir la Russie..et bouziller l’Europe..c’est le but des Américains. Et leurs exécutants de basse oeuvres de Bruxelles, non élus, exécutent les ordres sous couvert d’un narratif victimaire de l’Ukraine, pour faire hair Poutine. Les « droits de l’homme » servent à tout surtout au pire et à cacher le sordide. L’Europe doit retrouver l’alliance avec la Russie pour faire le poids face à la Chine, l’Inde..et l’Afrique. C’est URGENT!

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