Antoine de Saint-Exupéry et la Bretagne, une odyssée connectée entre ciel et terre

L’auteur français et aviateur, Antoine de Saint-Exupéry, a nourri l’esprit et le mentorat d’une époque d’odyssées pionnières en Bretagne à redécouvrir et à partager auprès tous ceux qui souhaiteraient faire de cette région une nouvelle terre d’envols.

La Bretagne maritime, une terre aéronautique ?

En premier lieu, il est important de rappeler que les temps pionniers de l’aviation sont nés dans des hangars à bateaux avec les premiers hydravions en bois et en tissu.

Cette transformation a été impulsée grâce au portage politique de celui qui a assuré la reconstruction de Saint-Malo : Guy La Chambre qui fut ministre de l’air dans les années 30, à une époque où la haute technologie navale a nourri de nombreuses innovations dans la haute technologie aéronautique. A l’époque, Air France adoptait un logo visionnaire : un cheval ailé avec la queue d’un hippocampe.

Cet hippocampe reste un symbole d’aviation rappelant l’hydravion.

Maire de Saint-Malo (1947 à 1965) et ministre de l’air (1938 à 1940)

Plusieurs capitales bretonnes avaient déjà progressivement ouvert leur sphère aux pionniers de l’aviation, ou en ont inspiré d’autres. Quimper avec Maurice Bon, Nantes avec Alexis Maneyrol, et sans oublier plus tard la compagnie Air Lorient établi en relation avec le port de pêche de Keroman, ou encore Brit Air à Morlaix initiée par la coopérative agricole Sica de Saint-Pol-de-Léon, la compagnie bretonne de l’artichaut (CBA) et une poignée d’autres PME.

Le 28 février 1913, l’aviateur Alexis Maneyrol, sera le premier à passer sous le pont Transbordeur de Nantes avec son monoplan Morane.

Mais revenons sur quelques pionniers, comme Arthur William Loth, inventeur rennais au destin extraordinaire puisqu’il s’est s’inspiré de phares et d’expérimentations aéronautiques menées à Portsmouth et New York.

Arthur William Loth, né le 8 mai 1888 à Rennes, a été l’inventeur d’un système de navigation permettant aux aviateurs d’étendre des sons à grande distance pour se guider. Il fut l’un des piliers fondateurs du Stade rennais. Le petit square Joseph Loth, en référence à son père linguiste, perpétue cette mémoire inventive à proximité du musée des Beaux-Arts de Rennes.

Article de presse, écrit par André Anson en hommage à LOTH, paru dans le journal L’Avenir de la Bretagne le 21 juin 1962, conservé aux Archives départementales d’Ille-et-Vilaine sous la cote suivante 1 Per 2637/1.

Ces grands témoins peuvent nous inspirer demain des opportunités dans l’Eco-aviation. Les canaux bretons peuvent même retrouver aussi une place stratégique au cœur des innovations fluvio-aéro-maritimes avec une nouvelle génération de véhicules nomades en vol libre. C’est la concurrence du chemin de fer qui entraina le déclin de la batellerie sur le canal de Rennes. Disparition définitive ? Qui sait…

A l’image de la ferme solaire développée à l’aéroport de Montpellier, l’offre de transport aérien durement impactée par la Covid 19, présente un potentiel pour de nouveaux entrepreneurs dans l’éco-aviation. Et accompagner demain les nouvelles mobilités du futur.

Saint-Exupéry n’a pas aidé les bretons à devenir des hommes du ciel, il les a plutôt inspirés à devenir des innovateurs.

Le meilleur moyen d’innover est de regarder la nature. Antoine de Saint-Exupéry nous invite à regarder la force des éléments, les synergies entre ciel et terre. Avec Vol de nuit qui a aussi inspiré un parfum de la maison Guerlain en 1933, le roman homonyme d’Antoine de Saint-Exupéry, publié deux ans plus tôt en 1931, déroule son récit en Amérique latine quand l’aviation aéropostale n’en est qu’à ses débuts. Si l’avion est plus rapide que le bateau, ce dernier rattrape son retard pendant la nuit. Le défi est donc là : voler de nuit et faire de l’aviation le moyen le plus rapide pour acheminer le courrier.

Mais l’œuvre majeure à savoir le Petit Prince de Saint-Exupéry nous invite à voyager plus loin, parmi les astres. Et notamment la Lune.

La lune. Une chance pour la Bretagne et les énergies creatives de la mer.

Le phénomène de marée s’explique par la force exercée entre la lune et le soleil sur la terre. La lune a un effet aimant sur les océans et possède une force d’attraction supérieure au soleil mais c’est l’action des deux astres sur la terre qui agit sur la montée des eaux car la lune et le soleil exercent une attraction plus ou moins forte sur les océans.

La situation géographique de la baie du Mont-Saint-Michel par exemple, ainsi que la configuration du littoral intensifient le phénomène de marée. En effet, lorsque l’océan Atlantique pénètre dans la Manche, cela entraîne un mouvement de mer fort et rapide qui est ensuite retenu par La Pointe du Cotentin. Un spectacle époustouflant lors des grandes marées. Elles sont considérées comme les plus grandes marées d’Europe dans la région avec un marnage d’environ 12 mètres à Saint-Malo. Les industries Probiomer, fondées par Théophile Lognoné (1895-1974) ont su tirer parti de ce potentiel pour exploiter le sable coquillier de la baie du Mont-Saint-Michel et développer de nouvelles recherches pour les biotechnologies de demain.

En marchant sur les traces d’Antoine de Saint-Exupéry, l’innovateur puis industriel breton, Pierre Lognoné (1930-2022), a continuellement voulu approfondir cette approche agile de cohérente de l’innovation entre terre et océan. Les travaux de Quinton et l’eau de mer, Monod et la biologie moléculaire, Ménétrier et l’oxydo réduction, le travail sur le stress de Laborit, faisaient partie de son quotidien.

Apaisé et réconcilié avec lui-même, ce pêcheur de Lune a retrouvé sérénité et paix à l’approche de ses 92 ans .

Un peu gourou, il savait captiver son auditoire et conquérir les acteurs de l’agroalimentaire breton car c’était un observateur hors pair en même temps qu’un homme de conviction. Il avait identifié l’importance des minéraux marins de la Bretagne pour la nutrition animale.

Vérité des orangers : une approche agile et cohérente de l’innovation

Il aimait partager l’histoire du Petit Prince de Saint Exupéry, la vérité de l’oranger, la parabole de l’enfant prodigue devant un auditoire jeune, trop jeune pour en retirer un quelconque enseignement.

« La vérité, ce n’est point ce qui se démontre.

Si dans ce terrain, et non dans un autre, les orangers développent de solides racines et se chargent de fruits, ce terrain-là c’est la vérité des orangers.

Si cette religion, si cette culture, si cette échelle de valeurs, si cette forme d’activité et non telles autres, favorisent dans l’homme cette plénitude, et se découvre en lui un grand seigneur qui s’ignorait, c’est que cette échelle des valeurs, cette culture, cette forme d’activité, sont la vérité de l’homme. La logique ? Qu’elle se débrouille pour rendre compte de la vie« . Saint Exupéry

C’était le principe de réalité appliqué à ses projets : utiliser chaque circonstance de la vie pour en tirer une vérité ou un enseignement. La réalité de la Nature était plus forte que l’émotion et le raisonnement des humains, c’était la Vérité des Orangers.

Une philosophie sur l’éternel recommencement

Aujourd’hui, le CMA CGM Antoine de Saint Exupéry est un navire porte-conteneurs, qui est exploité par la compagnie maritime française CMA-CGM.

Sa construction s’est achevée en août 2017. Après une série d’essais à la mer, il a été livré à la CMA CGM, le 25 janvier 2018, avant son entrée en service le 6 février, sur un trajet allant de l’Asie du sud vers l’Europe du Nord. Le CMA CGM Antoine de Saint-Exupéry est aussi le symbole d’une entreprise responsable, engagée en faveur de l’environnement.

Son fondateur, Rodolphe Saadé avait souligné : « Ce navire, doté des dernières technologies, nous permet une fois encore de réduire l’impact environnemental ». Bruno Le Maire avait quant à lui affiché sa fierté : « Je retrouve dans CMA CGM et dans ce navire tout l’esprit de conquête, une belle illustration de l’ambition maritime ».

Aujourd’hui, le transport maritime est engagé dans la conquête de nouvelles énergies (gaz liquéfié GNL). Demain, cleantech, chimie agroalimentaire, agrocarburants marcheront de pair avec l’’exploration spatiale. En effet, des chercheurs parient actuellement sur les capacités d’exploitation de l’hélium (mot issu du grec Helios : « le Soleil»). Presque inerte, il est le deuxième élément le plus abondant dans l’univers, après l’hydrogène. Et sert à la fabrication de nombreux circuits intégrés : fibres optiques, titane, matériel médical.

D’autres pistes futuristes sont à explorer comme l’optimisation des transports de méthane, en chargeant les méthaniers vides sur le chemin du retour en CO2 pour produire dans les zones exportatrices (notamment le Golfe persique), des agrocarburants de troisième génération.

Kevin LOGNONÉ
Crédit photo : DR
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4 réponses

  1. CHER ANTOINE DE SAINT EXUPERY TU TRAVERSES LES SIECLES QUI NE CONNAIT PAS TON PETIT PRINCE
    il est important d’allez vers le progrès mais pas de laisser celui ci vous tuer a petit feu
    AMITIES

  2. « Dam gast » ! Illustrer l’en-tête de cet intéressant article par une photo d’avion yankee (un F18) est une bourde et une erreur plus que grossière, qui déshonore Breizh-info … et hérisse le poil des aviateurs français et bretons !

Les commentaires sont fermés.

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