A la découverte des Saints Bretons. Le 30 août c’est la Saint Edern

Nous vous proposons dans cette rubrique de découvrir l’histoire des Saints Bretons. Les saints bretons désignent des personnalités bretonnes vénérées pour le caractère exemplaire de leur vie d’un point de vue chrétien. Peu d’entre elles ont été reconnues saintes par la procédure de canonisation de l’Église catholique (mise en place plusieurs siècles après leur mort), mais ont été désignées par le peuple, leur existence même n’étant pas toujours historiquement attestée. La plupart des vitae de saints bretons qui nous sont parvenues datent en effet des ixe et xe siècles ou ont été réécrites dans le contexte de la réforme grégorienne qui induit parfois les clercs à remodeler les documents hagiographiques, issus de traditions orales transmises aussi bien dans le vieux fond populaire que dans le milieu savant, dans leur intérêt (légitimation de la figure épiscopale, du bien-fondé d’une réforme d’une communauté monastique). Le développement du culte de ces saints se développe au Moyen Âge tardif lorsque plusieurs familles de l’aristocratie bretonne s’approprient les légendes hagiographiques en justifiant par des arguments généalogiques, de la protection particulière d’un saint ou de son adoption comme ancêtre de substitution dans leurs lignages.

Les historiens actuels éprouvent encore beaucoup de difficultés pour distinguer entre imaginaire et réalité. L’historicité des épisodes de la vie de ces saints reste ainsi souvent douteuse car ces épisodes se retrouvent dans l’hagiographie tels qu’ils apparaissent dans les coutumes ou dans le folklore. La structure même du récit des vitae se rencontre dans d’autres Vies de saints dont les auteurs reprennent généralement des « conventions littéraires d’un modèle biblique qui façonnait leurs modes de pensée et d’expression ».

En 2022, environ 170 saints bretons sont représentés, chacun par une statue, à la Vallée des Saints, en Carnoët.

Le 30 août c’est la Saint Edern

Moine ermite, fin du IXe siècle fêté le 30 août, est probablement d’origine irlandaise, bien que d’après l’étymologie du nom et sa légende, certains le croient gallois. Jeune homme fortuné (probablement guerrier et/ou aristocrate), il rentre dans les ordres (moine de l’ordre de Saint Colomban???) et quitta son pays du temps d’Alain Ier, duc de Bretagne, vint aborder vers 894, la côte de Cornouaille, au canton de Jucq, près Douarnénez, d’où il se rendit en une forêt Quistinit, à trois lieues de Quimper. Il y fit son ermitage et y bâtit une chapelle, à Edern, chapelle de la paroisse de Briec. On représente presque toujours Saint Edern chevauchant un cerf, animal qu’il aurait apprivoisé et qui serait resté son compagnon jusqu’à sa mort à Lannedern, où se trouve son tombeau. Selon une autre version, il aurait rencontré ce cerf un soir, et chevauchant toute la nuit sur le dos de l’animal, aurait délimité les frontières du pays qu’il devait christianniser. Les anciennes archives de Plouédern mentionnent une copie sur parchemin de la vie du saint. Elle est perdue. On invoque saint Edern sous la dénomination de sancti Œgidii, particulièrement pour combattre les maladies des yeux. Edern, Keredern, Lannedern et Plouédern ont ce saint pour patron primitif. Tous ces lieux auront ressenti l’heureuse influence de ses vertus, de ses exhortations et de ses miracles.

Edern est issu soit de l’adjectif gallois edyrn, signifiant « grand, gigantesque », soit du latin aeternus signifiant « éternel ». Dans la légende galloise, Edern, qui chevauchait aussi un cerf, est le fils du dieu Nuz et l’un des premiers amants de la reine Guenièvre, l’infidèle épouse du roi Arthur. Ce prénom est resté usité en Bretagne ; il est très peu fréquent ailleurs.

Il ne faut pas confondre saint Edern avec saint Théleau, patron de Landeleau, représenté lui aussi sur son cerf, mais en habits épiscopaux. Certains voient dans l’association de ces saints avec un cerf l’héritage de la religion celte qui tenait la bête en grande vénération. La chute annuelle des bois suivie de repousse passait aux yeux des anciens pour être symbole de la mort et de résurrection. Le cerf, on le sait était associé au culte rendu du dieu Cernunnos.

Crédit photo : wikipedia (cc)
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