Journée Internationale pour la Liberté d’Instruction (JIPLI). Manifestation ce 15 septembre à Rennes

Le mouvement de désobéissance civile Enfance Libre prendra part au grand rassemblement organisé à Rennes pour exiger l’abrogation de l’article 49 de la loi séparatisme. Celui-ci se déroulera jeudi 15 septembre prochain, à l’occasion de la Journée Internationale pour la Liberté d’Instruction (JIPLI).

Pourquoi cette manifestation ?

L’article 49 de la loi séparatisme a fait passer l’instruction en famille (IEF) sous un régime dérogatoire soumis à autorisation des académies. Ce qui était autrefois un droit est, à la rentrée 2022, devenu une exception. Partout en France, des milliers de familles se sont ainsi vues refuser le droit de pratiquer l’IEF pour des motifs injustes et arbitraires…

Aujourd’hui, deux semaines après la rentrée scolaire, la mobilisation continue contre la scolarisation forcée de tous les enfants. Partout en France, des rassemblements sont prévus pour réclamer la suppression de l’article 49 et le retour au régime déclaratif.

Qui est Enfance Libre ?

Enfance Libre est une association réunissant des familles ayant décidé d’entrer officiellement en désobéissance civile face à cette loi qu’elles jugent inacceptable et anti-démocratique.

Voici un extrait de leur profession de foi :

« Nous, Résistant.es d’Enfance Libre, considérons aujourd’hui que les voies formelles de négociation avec le gouvernement ont été profondément irrespectueuses des valeurs, des principes et bonnes pratiques en matière de démocratie.

(…)

Par conséquent, en tant que citoyen.nes éclairés, nous considérons qu’il est de notre devoir de protéger les valeurs démocratiques de la France en résistant à la dérive liberticide qui consiste à retirer la liberté d’instruction sans justification valable. L’unique stratégie qui nous reste, en ultime recours, est de poursuivre le conflit politique sur le terrain par la pratique de la désobéissance civile.

Définition de John Rawls : La désobéissance civile peut être définie comme un acte public, non violent, décidé en conscience, mais politique, contraire à la loi et accompli le plus souvent pour amener un changement dans la loi ou bien dans la politique du gouvernement. En agissant ainsi, on s’adresse au sens de la justice de la majorité de la communauté et on déclare que, selon une opinion mûrement réfléchie, les principes de coopération sociale entre des êtres libres et égaux ne sont pas actuellement respectés. (Théorie de la justice, trad. français de C. Audard, Paris, Seuil, 1987, p. 405.)

Pour cette rentrée 2022, nous refusons de nous soumettre à la nouvelle obligation légale de demander une autorisation préalable à l’éducation nationale pour assurer par nous-mêmes l’instruction de nos enfants. Nous affirmons et assumons en toute transparence cet acte d’insoumission auprès de l’inspection académique de l’éducation Nationale. »

Les résistants de l’Académie de Rennes

3 familles de la région, entrées en désobéissance civile au sein d’Enfance Libre, seront présentes à la manifestation du 15 septembre à Rennes :

Sita et Pascal Bargibant, parents de Aluna, 6 ans et Liara, 4 ans et demi

« Nous avons pu constater, lors de la rédaction de cette loi, à quel point le processus démocratique ne fonctionnait plus correctement, l’écoute, la raison et l’argumentation laissant place aux amalgames, aux approximations et au final à vider les mots de leurs significations. Nous considérons donc qu’il est de notre responsabilité de parents et de citoyens de ne pas accepter une telle dérive liberticide, porte ouverte à bien d’autres. »

Florence et Alexis Godart, parents d’Alissa et de Mélina

« Pour nous l’ief ne se résume pas à l’instruction de nos enfants, au fil des années c’est simplement devenu notre vie, nous sommes heureux, épanouis, libres de découvrir et d’apprendre quand nous le souhaitons. C’est un enthousiasme d’apprendre avec nos filles tout comme de les voir apprendre pour elles mêmes. Les rencontres avec les différentes familles ief sont la richesse de cette vie que nous souhaitons protéger. Nous nous estimons en droit de ne pas demander une autorisation qui mettrait en danger notre équilibre familial. »

Julie et Jean-Christophe Reboutier, parents de Mona, Ewenn et Lukaz

« Nous aurions pu faire une demande d’autorisation car nous remplissons plusieurs cases du formulaire. Mais cela aurait signifié que nous adhérons, légitimons cette loi qui relègue les parents au rang d’ignorants, d’incompétents, incapables de prendre soin et de connaître leur(s) propre(s) enfant(s). Comment légitimer un tel raisonnement ? Comment valider une démarche qui laisse une si grande place à l’arbitraire ? Aujourd’hui en ce n’est pas simplement l’instruction en famille que nous défendons mais la liberté de choisir la manière dont sont instruits nos enfants. »

En pratique

La manifestation se déroulera dès 10h30 devant le Rectorat de l’académie de Rennes, au 96 rue d’Antrain.

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

3 réponses

  1. On comprend parfaitement que de plus en plus de parents bien informés sur la décadence de l’école publique veuillent instruire leurs enfants à la maison. L’école publique en manque d’enseignants recrute des personnels sans qualification, non formées et d’un niveau douteux. À cela, ajoutons des programmes inappropriés depuis le primaire, où plus rien de sérieux et d’efficace n’est enseigné. L’élève ne sait plus lire et écrire en français à l’entrée en sixième et ce qui n’a pas été acquis dès l’enfance le sera très péniblement ou pas du tout par la suite. L’école publique fabrique désormais des crétins en puissance qui obtiendront à plus de 90% un bac sans valeur. il y a, en n’en pas douter, depuis des années, une volonté politique délibérée de saborder le Navire et de fabriquer des crétins.
    Autrefois, on menait le peuple avec du « pain et des jeux ». Aujourd’hui, les produits de l’Education Nationale ne doivent pas être trop cultivés et intelligents. On pourra ainsi les mener plus facilement par le bout du nez.

    1. Parce que les parents sont formés peut-être ? La société française est basé sur le social, sur des aides, sur des droits ….et les parents ne pensent jamais avoir de devoir ?

      On peut couper la poire en deux : on leur donne l’autorisation mais on leur coupe toute aide pécuniaire. Après tout, qu’ils assument à fond leur mise à l’écart de la société.

      Moi je suis pour cette loi. L’enfance est quelque chose de très important. Quand on voit comment il est difficile d’adopter et la somme de contrôle qu’il y à faire, je pense qu’il faudrait faire la même chose pour tout les parents qui pensent que leur enfant est leur créature et qu’ils ont tout les droits dessus. Je suis sûr que ce sont les mêmes à invoquer les droits des enfants dans d’autres affaires….

      1. Proposition réponse:

        Bonjour,
        L’instruction en famille ne bénéficie d’aucune aide directe de l’Etat; les allocations rentrée scolaire ne sont pas perçues par exemple et les familles ont exactement les mêmes devoirs civiques que les autres.
        Les quelques dizaines de milliers de foyers qui font se choix ne sont en rien responsables de l’effondrement de l’éducation nationale. Le premier fossoyeur de l’EN est l’Etat lui-même, par ses carences en terme d’investissement et de renouvellement des méthodes.
        Cette nouvelle loi n’apporte aucune protection aux enfants embarqués dans des dérives sectaires ou religieuses car ces familles là ne sont pas déclarés et œuvrent dans l’illégalité la plus crasse.
        Elle impacte en revanche durement les foyers soucieux du respect des principes républicains, comme le nôtre.
        Enfin, je ne saisis pas le lien entre les difficultés à l’adoption et l’IEF.
        Cordialement,
        Pascal.

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