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[Mise à jour : le 6 octobre 2022, un site d’information officiel russe établissait la liste des vaccins administrés aux nouveaux mobilisés de l’armée. La vaccination contre le Covid ne faisait pas partie de cette liste (qui contient quatre autres vaccinations : grippe ; hépatite ; fièvre typhoïde ; ADSM : diphtérie et tétanos).
Il s’agit toutefois de relativiser cette information, étant donné que les autorités russes ont toujours suivi cette même stratégie : s’il n’a pas été établi de vaccination obligatoire Covid à l’échelle fédérale, les régions peuvent elles le faire. Cela permet aux autorités fédérales de se dédouaner théoriquement de leur responsabilité politique sur le sujet, tandis que les objectifs de vaccination des autorités russes sous la conduite d’Alexandre Ginzburg – le directeur de l’Institut de recherche Gamaleïa d’épidémiologie et de microbiologie – progressent]
Bien que le début du conflit en Ukraine, fin février 2022, ait coïncidé (avec un peu d’avance ou de retard, selon les pays) avec un relâchement plus ou moins important des « mesures Covid », ce sujet n’a pas pour autant totalement disparu des écrans-radars.
Certaines dispositions sont restées en vigueur (en particulier, en ce qui concerne la France, l’obligation vaccinale pour le personnel médical, ainsi que pour divers autres corps comme les pompiers volontaires, ce que les Bretons ont pu apprécier lors des incendies de cet été 2022), et médiatiquement parlant la thématique Covid reste toujours maintenue à feu doux.
Depuis le début de la crise Covid, la politique sanitaire de la Fédération de Russie ne s’est pas franchement distinguée de celle menée par l’Occident ou la Chine : politiques de confinements au printemps 2020, puis politiques de vaccination avec des caractères discriminatoires entre citoyens vaccinés et non-vaccinés. Le caractère fédéral de la Russie a par ailleurs, de façon quelque peu semblable aux États-Unis, vu la mise en œuvre de politiques différenciés selon les régions (avec, sans grande surprise, des mesures plus restrictives dans les grandes métropoles russes).
Seuls deux pays européens, politiquement pourtant très différents, s’étaient démarqué du reste du continent au printemps 2020 : la Suède et la Biélorussie (au point que cette dernière avait maintenu le défilé du 9 mai 2020, célébrant les 75 ans de la victoire de l’URSS sur le Troisième Reich, tandis que ces célébrations étaient annulées à Moscou).
En Russie, les mesures prises autour de la personne de Vladimir Poutine en ce qui concerne le Covid sont toujours restées très élevées. L’âge et la santé (mais aussi la pression subie dans le contexte actuel) du président Poutine pourraient être la raison de ces mesures de précaution particulières. Cela a pu conduire à des décisions particulièrement strictes, comme l’isolement durant deux semaines des enfants de Kaliningrad qui ont rencontré le président russe pour la rentrée des classes de début septembre 2022.
Ces mesures exceptionnelles ne se limitent toutefois pas au seul président de la Fédération de Russie, même si ces dernières semaines ces informations sont passées davantage inaperçues en raison du contexte global de la guerre et de la crise énergétique (ainsi que des difficultés économiques qu’elle entraîne).
Les difficultés militaires rencontrées par la Russie en Ukraine depuis l’été ont conduit à la décision du pouvoir russe d’ordonner en septembre une mobilisation partielle dans l’armée. L’objectif annoncé est de mobiliser 300.000 hommes.
Ceux de ces hommes qui ne seraient pas encore vaccinés contre le Covid se verront contraints de l’être (les décisions sont annoncées à l’échelle régionale, mais concordent toutes dans le même sens, aussi bien pour ne citer que ces exemples dans la région de Rostov, de Penza ou dans le Tatarstan, qui va vacciner les militaires mobilisés aussi bien contre le Covid que contre la grippe).
Chacun pensera librement ce qu’il veut de ces décisions. Mais une chose est certaine : peu importe la guerre, peu importe la crise économique, peu importe la Russie (dont son président déclarait récemment – à l’occasion du discours d’adhésion de quatre nouvelles régions ukrainiennes – qu’elle s’opposait frontalement à un Occident qualifié de sataniste), la caravane du Covid et de la vaccination de masse poursuit son chemin.
Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine
Une réponse à “La Russie vaccine (contre le Covid) les nouveaux mobilisés pour la guerre en Ukraine [MAJ]”
C’est quand même la Chine qui a la palme :
https://www.theguardian.com/world/2022/apr/05/this-is-inhumane-the-cost-of-zero-covid-in-shanghai
Peur de Xi de « perdre la face » avec l’échec de son zéro covid ? Message selon lequel la Chine peut mettre en difficulté l’économie occidentale sous un prétexte ou un autre ? Préparation à la guerre bactériologique après la découverte de laboratoires américains en Ukraine ?