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Quelques mots sur la belle prestation du groupe The Cure au Zénith de Nantes donnée le 15 septembre au Zénith, à Nantes, devant 10 000 personnes.
Un beau climat spleenétique, comme il se doit, pour ses chantres de la mélancolie.
Seul bémol peut-être aux rêveries et aux délices nostalgiques de la soirée, l’univers musical de la formation baigné d’une bien trop forte amplitude sonore, dont la surenchère dans les décibels était le point noir de l’ambiance générale (à mon avis).
Comment transposer des titres composés pour une formation plus restreinte, plus intimiste (avec des lignes mélodiques plus sobres et détaillées) dans un cadre beaucoup plus étendu, digne d’une superproduction « hollywoodienne » ( comme un Bergman ou Claude Sautet adaptés par Spielberg ou Cecil B. DeMille) ?
Comment le faire sans perdre l’idée première, celui d’un voyage dans la dimension la plus intérieure et tourmentée de la conscience de l’humaine condition ?
Comment passer de la petite musique de nuit originelle à l’actuel opéra wagnerien, sans perdre un peu de l’âme de cette musique ?
Sans doute est-ce la rançon du succès, l’impact sur les masses passant par une démesure sonore, mais malheureusement c’est souvent au détriment de l’émotion suscitée (l’aquarelle brumeuse, plus nuancée des débuts, période Faith, Seventeen Seconds, et dans une moindre mesure Pornography, se transpose maintenant en peinture à l’huile, fresques aux couleurs saturées, atteinte de gigantisme dantesque).
Abstraction faite de cette évolution, The Cure reste l’un des groupes les plus marquants et touchants de ses quarante dernières années. Cette prestation scénique (agrémentée d’effets visuels oniriques magnifiques, manège fantomatique, photos jaunies, images kaléidoscopiques) était pourtant d’une grande intensité émotionnelle.
Les plus beaux moments musicaux de la soirée : la splendeur aquatique de Drowning Man, le crépusculaire At Night, le labyrinthique Forest, la note bleue de M et Play For Today, en n’oubliant pas les nouveaux joyaux qui sonnent comme des adieux, Alone, I can never say Goodbye (déchirant hommage à un frère disparu), mais surtout le quasi instrumental, le joyau charbonneux, End Song ; hypnotique et solitaire voyage dans un au-delà où perce le trouble et la dilution des humaines douleurs.
Michel Lugaid
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2 réponses à “The Cure en concert à Nantes : retour sur une soirée réussie”
Une petite cure de musique Pop et hop ; merci Breizh infos.
j’étais au concert a Montpellier ,apres 1 h d’une première partie, le concert avec bien sur les nouveaux titres(ambiance mitigée), mais alors au deuxième rappel : plus d’une heure des anciens titres et la l’ambiance est montée d’un ou plusieurs crans. en tout ca a été plus 3h de musique, bravo l’artiste.
il y as 25 ans le concert avait été de 2h30 , fan je reste.