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4 102 contre 3 772. En 2025, 4 102 bébés nés en Angleterre et au pays de Galles ont reçu le nom de famille Smith, et 3 772 celui de Khan. L’écart n’est plus que de 330 naissances. En 2020, il atteignait encore 1 877. Selon une analyse des données officielles publiée mi-octobre par le Telegraph, Khan pourrait devenir dès 2027 le nom de famille le plus donné aux nouveau-nés outre-Manche.
Un écart qui fond chaque année
La tendance est nette. Le nombre de bébés Smith recule en moyenne de 4 % par an, quand celui des Khan progresse de près de 2 %. Khan occupe déjà la 2e place depuis 2024, et sa fréquence a plus que doublé en 30 ans. Le classement de 2025 compte 4 noms d’origine étrangère ou musulmane sur 5 : derrière Smith et Khan viennent Ahmed et Ali, seul Jones sauvant l’honneur gallois.
Les prénoms racontent la même histoire. Muhammad est, pour la 3e année consécutive, le prénom le plus donné aux garçons nés en Angleterre et au pays de Galles.
Le forgeron et le prince
Le symbole n’échappe à personne. Smith vient du vieil anglais et désigne celui qui travaille le métal, le forgeron. C’est le nom de l’artisan, de l’homme ordinaire, de « Monsieur Tout-le-Monde » : celui qu’on donne au personnage anonyme dans les romans, les films ou les dessins animés, du garde forestier de Yogi l’ours à l’agent Smith de Matrix. Des psychologues ont même montré qu’un nom facile à prononcer comme Smith inspire spontanément plus de sympathie qu’un patronyme compliqué.
Khan, à l’inverse, est d’abord un titre. D’origine turco-mongole, il signifie « souverain » ou « chef », celui que portait Gengis Khan. Passé dans le monde musulman d’Asie centrale et du sous-continent indien, il est devenu l’un des noms de famille les plus répandus au Pakistan, en Afghanistan et dans le nord de l’Inde, d’où vient une grande partie de l’immigration installée au Royaume-Uni depuis les années 1950. Le maire de Londres, Sadiq Khan, en est le porteur le plus connu outre-Manche.
4 siècles de Smith
L’histoire britannique est jalonnée de Smith. Au 17e siècle, John Smith fonde Jamestown, la 1re colonie anglaise durable d’Amérique, en Virginie. Au 18e, Adam Smith pose les bases de l’économie politique moderne avec La Richesse des nations. C’est aussi un Smith, John Stafford, qui compose la mélodie devenue celle de l’hymne américain, The Star-Spangled Banner.
Les siècles suivants ajoutent des savants, des soldats, des ecclésiastiques, des joueurs de cricket et de rugby, des députés. Plus près de nous, on trouve l’actrice Maggie Smith, double lauréate de l’Oscar, le chimiste d’origine britannique Michael Smith, prix Nobel en 1993, le chanteur de The Cure Robert Smith ou le couturier Paul Smith.
Le miroir d’une transformation
Derrière les registres d’état civil se lit le basculement démographique du Royaume-Uni. Un nom n’est pas une simple affaire de mode : il se transmet, et sa diffusion suit celle des familles. Que le patronyme le plus anglais qui soit recule pendant qu’un titre turco-mongol s’impose dans les maternités en dit davantage sur l’avenir du pays que bien des discours.
Si la tendance se confirme, la bascule interviendra dès les naissances de 2027.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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