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On les appelle d’une façon curieuse les « Peace Gate », les portes de la paix (reliées entre elles par des « Peace Wall », murs de la paix), alors qu’elles séparent les enclaves catholiques des enclaves protestantes, notamment à Belfast, depuis les Troubles et la guerre civile. L’une d’entre elle, située sur Flax Street (perpendiculaire à Crumlin Road) vient d’être ouverte après 40 ans de séparation.
L’ouverture de cette barrière ouvre désormais un passage entre les zones nationalistes d’Ardoyne et unionistes de Shankill chaque jour de 6h30 à 18h30.
Un prêtre qui a œuvré à l’établissement de meilleures relations dans la région a déclaré au Belfast Telegraph qu’un « obstacle psychologique » avait été supprimé, ce qui devrait avoir des retombées sociales et économiques pour toute la région. La zone sera couverte par des caméras de surveillance et exploitée à distance par la police d’Irlande du Nord.
Après une période de rodage de six semaines, les horaires d’ouverture des portes seront prolongés jusqu’à 21h30 afin de s’aligner sur les horaires de fermeture des magasins du centre commercial voisin.
La décision du ministère de la justice (DoJ) intervient après une large consultation des deux communautés. Flax Street a été fermée dans les années 1980 après que des paramilitaires loyalistes et républicains l’aient utilisée pour commettre des meurtres sectaires. On surnommait cet endroit « Murder Mile », le périmètre du meurtre.
Les « Peace Gate » sont encore nombreux aujourd’hui à Belfast, ouvrant et fermant au gré des tensions, et les autorités n’envisagent pas de les supprimer pour le moment, car la situation reste toujours tendue en Irlande du Nord. Il a été demandé par sondage aux résidents des zones de contact (certaines familles ont leur jardin de Belfast qui donne directement sur des murs de séparation), ce qu’ils pensaient des plans éventuels visant à supprimer tous les murs de séparation d’ici 2023.
La majorité d’entre eux n’a pas jugé réaliste l’objectif de l’exécutif de les supprimer d’ici 2023 (54%). Seul un participant sur cinq considère que l’objectif de 2023 est réalisable (22%). De nombreuses inquiétudes ont été exprimées quant à la capacité de la police à maintenir l’ordre si les murs de paix étaient supprimés. Alors que plus d’un quart des résidents participant à l’enquête se sentaient confiants dans la capacité de la police à maintenir l’ordre (27 %), un peu plus de la moitié étaient inquiets quant à leur capacité à le faire (51 %).
En fin de compte, les résidents étaient incertains quant au sort du mur de la paix le plus proche de chez eux. Si 40 % d’entre eux espèrent qu’un jour, il n’y aura plus de mur de la paix dans leur quartier, ils sont tout aussi nombreux à être convaincus que ce jour n’arrivera pas (40 %).
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