A la découverte des Saints Bretons. Le 29 Novembre, c’est la Saint Menefred

Nous vous proposons dans cette rubrique de découvrir l’histoire des Saints Bretons. Les saints bretons désignent des personnalités bretonnes vénérées pour le caractère exemplaire de leur vie d’un point de vue chrétien. Peu d’entre elles ont été reconnues saintes par la procédure de canonisation de l’Église catholique (mise en place plusieurs siècles après leur mort), mais ont été désignées par le peuple, leur existence même n’étant pas toujours historiquement attestée. La plupart des vitae de saints bretons qui nous sont parvenues datent en effet des ixe et xe siècles ou ont été réécrites dans le contexte de la réforme grégorienne qui induit parfois les clercs à remodeler les documents hagiographiques, issus de traditions orales transmises aussi bien dans le vieux fond populaire que dans le milieu savant, dans leur intérêt (légitimation de la figure épiscopale, du bien-fondé d’une réforme d’une communauté monastique). Le développement du culte de ces saints se développe au Moyen Âge tardif lorsque plusieurs familles de l’aristocratie bretonne s’approprient les légendes hagiographiques en justifiant par des arguments généalogiques, de la protection particulière d’un saint ou de son adoption comme ancêtre de substitution dans leurs lignages.

Les historiens actuels éprouvent encore beaucoup de difficultés pour distinguer entre imaginaire et réalité. L’historicité des épisodes de la vie de ces saints reste ainsi souvent douteuse car ces épisodes se retrouvent dans l’hagiographie tels qu’ils apparaissent dans les coutumes ou dans le folklore. La structure même du récit des vitae se rencontre dans d’autres Vies de saints dont les auteurs reprennent généralement des « conventions littéraires d’un modèle biblique qui façonnait leurs modes de pensée et d’expression ».

En 2022, environ 170 saints bretons sont représentés, chacun par une statue, à la Vallée des Saints, en Carnoët.

Le 29 Novembre, c’est la Saint Menefred

Peut-être l’ermite du Mont-St-Giorgio en Suisse, ou alors le roi de Sicile, tous deux du 13e siècle

Composé de deux substantifs germaniques man et frido, Manfred est  » l’homme de la paix « ,  » le pacifique « . Ce prénom médiéval fut assez répandu dans les pays de langue allemande jusqu’au XVIe siècle, mais y connut ensuite une longue éclipse. Tiré de l’obscurité par le drame en vers de lord Byron, Manfred, paru en 1817, il inspira ensuite les compositeurs Robert Schumann et Tchaïkovski. Manfred connut alors une nouvelle période de faveur, en Allemagne et en Autriche, durant toute la seconde partie du XIXe. Il y reste assez souvent attribué. En France, en revanche, il n’a jamais été fréquent et est même devenu rare aujourd’hui. En raison de sa signification étymologique, on honore Manfred à la Saint-Pacifique, un troubadour du XIIIe siècle, compagnon de François d’Assise.

Manfred Ier de Sicile (vers 1232-1266), roi de Sicile en 1258, souvent désigné sous le nom de Manfred de Hohenstaufen, était le fils illégitime de l’empereur Frédéric II (empereur) et de Bianca Lancia, ou Lanzia, qui semble avoir été mariée à l’empereur juste avant sa mort.

Frédéric semble avoir considéré Manfred comme légitime, et de par sa volonté le nomma prince de Tarente et représentant en Italie de son demi-frère, le roi des Romains, Conrad IV. Bien que seulement âgé de dix-huit ans, Manfred agit fidèlement et avec zèle dans l’exécution de cette tâche, et quand Conrad vint en Italie méridionale en 1252, son autorité fut rapidement et généralement reconnue.

Lorsque Conrad mourut en mai 1254, Manfred, après avoir refusé de rendre la Sicile au pape Innocent IV, accepta la régence au nom de Conradin, le jeune fils de Conrad. Mais la force des partisans du pape dans le royaume de Sicile rendit la position du régent si périlleuse qu’il décida d’ouvrir des négociations avec Innocent. Par un traité signé en septembre 1254, la Pouille passa sous l’autorité du pape, que Manfred conduisit personnellement dans sa nouvelle possession.

En 1258, profitant d’une rumeur annonçant la mort de Conradin, Manfred se fit couronner roi de Sicile à Palerme, le 10 août de cette année. La rumeur était infondée, mais le nouveau roi, soutenu par la voix populaire, n’abdiqua pas, et précisa aux envoyés de Conradin la nécessité d’un chef local. Mais le pape, pour qui l’alliance avec les sarrasins était une offense grave, déclara l’annulation du couronnement de Manfred et l’excommunia.

Manfred mourut le 26 février 1266 à la Bataille de Bénévent, vaincu par son rival Charles Ier d’Anjou.

Manfred convola deux fois. Sa première épouse fut Béatrice, fille Amédée IV de Savoie avec qui il eut une fille, Constance, devenue épouse de Pierre III d’Aragon. Sa seconde épouse, morte en prison en 1271, fut Hélène, fille de Michel II d’Épire. Il participa à la tentative de conquête de Constantinople par son beau-père, mais fut vaincu par Michel VIII Paléologue à la Bataille de Pélagonia.

Ses contemporains apprécièrent le caractère noble et magnanime de Manfred, renommé pour sa beauté physique et ses qualités intellectuelles.

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