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Edmond Hervé (PS) était hostile à la réunification de la Bretagne, Nathalie Appéré (PS) l’est tout autant. Car être maire de Rennes, cela signifie se trouver à la tête de la capitale de la Bretagne à quatre départements. Or, avec la Bretagne à cinq départements, Rennes se trouverait immédiatement en concurrence avec Nantes : où installer la capitale régionale ? Qui héritera des directions régionales des administrations d’Etat, des services de la Région, des grandes entreprises ? Beaucoup d’emplois à la clé et surtout des cadres sup (CSP +) à fort pouvoir d’achat. Interrogée sur cette question, Nathalie Appéré se déclare bretonne mais ne veut pas entendre parler de la réunification.
Avec un baratin entortillé : « Ce sentiment breton relève de l’intime. Ce n’est pas une question de papiers, de naissance, de frontière ou de périmètre. Le problème c’est qu’aujourd’hui, soit on adhère à la cause, soit on la trahit, selon les militants. Moi, je ne me retrouve dans aucun de ces cas de figure. La réunification de la Bretagne n’est pas mon combat, le mien est nourri par un besoin de justice sociale, de cohésion, d’équilibre écologique. J’ai pourtant un attachement singulier à la région, mais il ne passe pas par le besoin de déterminer une nouvelle frontière. Je respecte ceux qui ont fait de la réunification une construction politique. Moi, je préfère m’engager sur des questions de décentralisation. Si un jour, nous devions nous exprimer sur le rattachement de la Loire-Atlantique à La Bretagne, je voterais « non » sans pour autant prendre la tête du camp des « non ». Je dirais « non » car je pense aux autres territoires. La Mayenne, par exemple. Comment les Pays de la Loire peuvent-ils fonctionner sans la Loire-Atlantique ? Je dirais « non » aussi parce que je ne crois pas aux découpages institutionnels parfaits. Les identités multiples se conjuguent et se transcendent, je me méfie des débats identitaires. Je ne fais pas le procès aux défenseurs de la Bretagne à cinq d’ériger une frontière de papiers, mais ils s’arrogent le droit de décider qui est breton. Les frontières doivent être stratégiques et répondre à des réalités de flux, d’emploi, de développement ? Je préfère parler de bassins de vie et d’aires urbaines. Qui vient dans tel hôpital ? Pourquoi ? D’où viennent les consommateurs de culture de telle ville ? Partons des besoins des gens plutôt que de s’arrêter au sens de l’histoire ». « (Benjamin Keltz, Philippe Créhange, Eudes, « La frontière bretonne – Une enquête inédite sur la réunification de la Bretagne », Les éditions du coin de la rue, octobre 2022).
Voilà un discours qui présente le mérite d’être clair et d’enlever leurs illusions à ceux qui en avaient encore. Bon courage aux militants de l’UDB !
Bernard Morvan
[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine
7 réponses à “La Bretagne à la sauce Appéré”
La médiocrité a l’air d’être un atout en politique par les temps qui courent, hidalgo, Appéré, Rolland … des femmes en politique, très bien, pourvu qu’elles aient un peu d’envergure, est-ce trop demander ?
Complètement d’accord avec vous! Depuis quelques années les femmes en politique font reculer leur cause. Nous sommes loin de Simone Veill…..
Politiquement ce qu’elle dit n’a aucun sens.
C’est avant tout un calcul politique.
Mais il faut reconnaitre qu’elle manie bien le verbe …
À virer !
Quel prechi-precha insipide !
Marcel Texier
Les vrais Bretons qui aiment et vénèrent leur pays n’ont que faire des états d’âme et ambitions des maires P.S. des grandes villes bretonnes. Défaire les bêtises du maréchal Pétain (qui en a fait d’autres bien reconnues) est un but qui ne sera jamais abandonné. Pour ce qui est du reste du territoire des pseudo Pays de la Loire, c’est l’affaire du gouvernement parisien qui en fera ce qu’il voudra…Ce n’est pas le problème de la Bretagne.
La langue française est tellement riche que l on arrive à vous sortir un texte très bien écrit certes…..mais qui ne veut strictement rien dire !!! Ah les politiques vous êtes les rois du »parler pour rien »
Comme Nathalie Appéré, Johanna Rolland (maire de Nantes) est opposée à la réunification pour à peu près les mêmes raisons. François Cuillandre (maire de Brest) est également contre la réunification mais celui-ci craint surtout un renforcement du centre de gravité vers la Haute Bretagne et donc au détriment de la Bretagne Occidentale (c’est vrai qu’avant 1940, avant sa destruction, Brest était une ville plus peuplée que Rennes).
Ces gens-là, tous du PS, ne sont pas vraiment bretons. L’intégrité territoriale de la Bretagne, ils s’en foutent, ils ne sont intéressés que par leur avenir personnel et la sauvegarde de leurs petits intérêts personnels.
Ce n’est donc pas demain qu’on demandera aux électeurs de Loire Atlantique, s’ils souhaitent rallier la Bretagne administrative et reconstituer la Bretagne historique et plus le temps passe, plus la débretonnisation de la Loire Atlantique s’accentue. C’est infiniment triste car les jacobins, ennemis de la Bretagne historique qu’ils craignent, eux, ils observent toutes ces divergences et ils rigolent. Ils devraient plutôt s’intéresser à l’immigration musulmane qui est bien plus menaçante pour l’intégrité de la France car de nombreux territoires ne sont désormais plus vraiment français.