Pêche. Chalutage de fond : la Bretagne première victime de son interdiction par Bruxelles ? [Vidéo]

Chalutage

En imposant l’interdiction du chalutage de fond, la Commission européenne pourrait donner le coup de grâce à la pêche bretonne, déjà bien mal en point. Certains États membres dont la France ont toutefois haussé le ton face à ce « plan d’action » de Bruxelles comportant incohérences et approximations.

Chalutage de fond : la France aux avant-postes

Le chalutage de fond, un vieux serpent de mer pour les professionnels de la pêche en Europe. Plusieurs États membres de l’Union européenne, dont la France et l’Espagne, ont exprimé leur désaccord lundi 20 mars concernant le projet de Bruxelles visant à interdire le chalutage de fond dans les aires marines protégées. Les pays concernés remettent en question l’efficacité de cette interdiction et s’inquiètent de son impact socio-économique sur  leurs filières pêche respectives.

En février, la Commission européenne a présenté un « plan d’action » appelant les États membres à élaborer une feuille de route pour interdire d’ici 2030 la pêche de fond dans les aires marines protégées. Parmi les engins ciblés, les chaluts, les dragues, la senne démersale ou encore les casiers.

L’objectif de cette initiative serait d’aider à restaurer les écosystèmes vulnérables des fonds marins. À savoir que les zones visées par ces interdictions représentent actuellement 12% des eaux européennes, avec un objectif d’extension à 30% d’ici 2030.

La Commission européenne met sur le même plan chalutage et casiers

Les ministres de la Pêche réunis lundi à Bruxelles ont vivement critiqué ce projet. Le ministre allemand de l’Agriculture (et en charge de la pêche) Cem Ozdemir a déclaré qu’il était nécessaire de défendre les intérêts écologiques, mais qu’une réglementation équilibrée était cependant indispensable pour assurer un avenir à la pêche. Une activité « base de l’existence des populations côtières et créatrice de valeur ajoutée bien au-delà des pêcheurs », a-t-il ajouté.

Cem Ozdemir a également déclaré que l’interdiction totale de la pêche de fond était excessive et nuirait à la pêche au crabe, « tradition importante » en Allemagne et « source de revenus conséquente ».

De son côté, le secrétaire d’État français chargé de la Mer Hervé Berville est lui aussi monté au créneau contre la mesure, qui contient par ailleurs des approximations aberrantes. Selon Hervé Berville, le texte de la Commission européenne est « déconnecté des réalités » car n’opérant « aucune distinction dans les engins mobiles de fonds ». S’il entrait en vigueur, il aurait «  pour conséquence de condamner la pêche artisanale européenne », a estimé l’ancien député de la deuxième circonscription des Côtes d’Armor.

Ce dernier considère par ailleurs que la proposition d’interdiction repose sur des données scientifiques insuffisantes et « n’a fait l’objet d’aucune étude d’impact approfondie ». En clair, elle ne serait tout simplement « pas proportionnée par rapport à l’objectif visé ».

La souveraineté alimentaire de l’UE en question

Plus largement, entre les plans de sortie de flotte successifs (dont le dernier va durement toucher la Bretagne) et ces nouvelles potentielles interdictions de pêche, la question de la souveraineté alimentaire de l’UE va finir par se poser. Un problème d’ailleurs soulevé par Hervé Berville, qui redoute que les pays européens ne soient contraints d’importer davantage de poisson depuis des pays tiers pour faire face à cette baisse des apports dans les criées des ports de l’UE. Un scénario rocambolesque qui ne serait toutefois pas une première de la part de Bruxelles…

À ce titre, il faut rappeler que l’UE importe déjà les deux tiers de sa consommation de poissons, comme l’a souligné lundi à Bruxelles Luis Planas, le ministre espagnol de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation tandis que la flotte de pêche européenne n’a cessé de se réduire au cours des dernières années. Le ministre exhorte par ailleurs l’UE à conserver sa « compétitivité», tout particulièrement face à des pays comme les États-Unis ou la Norvège qui, eux, pratiquent sans vergogne le chalutage de fond.

Du côté du Portugal, autre nation européenne où la pêche joue un rôle économique prépondérant, le ministre portugais Maria do Céu Antunes a indiqué que les stocks d’espèces capturées étaient actuellement « en bonne condition » quant à leur durabilité. L’exécutif portugais se dit par ailleurs « préoccupé par le cadre juridique » prévu, à savoir un « plan d’action » esquissé à loisir par la Commission européenne. Avec toutes les incohérences que nous lui connaissons. Maria do Céu Antunes aurait pour sa part préféré en lieu et place de ce plan un texte législatif que les États membres auraient pu ensuite négocier.

Enfin, pour les professionnels de l’Alliance européenne pour la pêche de fonds (EBFA), « 25% des volumes débarqués et 38% des revenus totaux de la flotte européenne » seraient menacés en cas d’interdiction du chalutage de fond dans les aires protégées. Ce qui entraînera également la remise en cause de la pérennité économique d’environ « 7 000 navires ».

Quant à la Bretagne, elle serait touchée au premier chef par cette interdiction. En effet, selon Olivier Le Nézet, le président du Comité national des pêches cité par le Télégramme, « 74 % de la flotte bretonne opère dans les aires marines protégées ».

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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6 réponses

  1. On en peut plus de cette Europe,et particulièrement de cette «Commission » : quand allons nous brider les nuisances de ces cinglés ?

  2. Stop aux diktats de la commission européenne , Macron et ses copains technocrates détruisent notre souveraineté dans le domaine de la pêche , de l’industrie , de l’agriculture à l’exemple de la catastrophe bettraviere à venir des cette année dans les départements du nord de la France . Raz le bol de ces enfants de Soros !

  3. frexit le plus vite possible, ça n’est pas aux fonctionnaires européistes grassement payés par nos impots à faire ce genre de recommandations, mais aux acteurs du lieu, les pêcheurs eux même qui savent bien ce qui est bon pour eux, la disparition du poisson c’est leur affaire et ils le savent très bien

  4. Quand allons nous en fin arrêter de nous faire emmerder par ces gens de la commission européenne qui n ‘ont vu la mer qu’en photo et qui ne connaissent rien à la pêche ? Ils veulent mettre nos pêcheurs au chômage et puis ensuite importer du poisson de Chine ou d’Afrique. Il faut se séparer au plus vite de ces guignols.

  5. Et le chalut a perche qui détruit tout dans le golfe de Gascogne on ne dit rien bravo a la France qui autorise les étrangers et laisse crever ses marins

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