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Xavier Raufer : « Cela fait des années que la Police est laissée pour compte, jetée dans la rue, sans aucun moyen efficace de contrôler les situations dans lesquelles elle va fatalement se trouver » [Interview]

Alors que la République française a connu des journées d’émeutes, d’incendies, de pillages, d’agressions, avec pour prétexte la mort du jeune Nahel, 17 ans, nous avons interrogé le criminologue Xavier Raufer pour savoir comment il analysait la situation. Un entretien passionnant et sans langue de bois, à découvrir ci-dessous.

Un entretien à découvrir aussi, si vous préférez, en format audio.

Breizh-info.com : Quel regard, quelle analyse faites-vous de la situation de ces derniers jours en France?

Xavier Raufer : Ce sont des émeutes. Une insurrection est politique. Et ce que nous voyons n’a rien de politique. On a en France un historique long de gens qui ont écrit sur le concept d’insurrection, c’est-à-dire de soulèvement coordonné contre l’État. Le premier texte est du 19e siècle écrit par Auguste Blanqui et porte le nom d’Instruction pour une prise d’armes.

Après ça, on a dans les années 30 L’insurrection armée, qui est le manuel d’insurrection de l’Internationale communiste, officiellement publié par le Komintern. On a le manuel de Guérilla urbaine de Carlos Marighela, dans le cadre des luttes anticoloniales des années 60. Aujourd’hui, cela n’a rien à voir.

Il s’agit d’évènements  qui sont provoqués pour un prétexte ou un cas quelconque, ici, le fait qu’un «jeune des quartiers» ait été tué par la police pour quelque raison que ce soit (la Justice décidera de la responsabilité finale dans cette affaire). Mao disait qu’une étincelle peut mettre le feu à toute la plaine. Vous avez dans un quartier puis un autre, pendant quelques jours ou plus, des jeunes la plupart du temps provenant de l’immigration, qui cassent tout dans leurs quartiers, aux alentours, parfois dans les centres-ville, et qui manifestent leur rage. Mais aussi par en dessous leur volonté de faire que par la suite, les pouvoirs politiques instruisent à la police, à la gendarmerie, et à ceux qui pourraient y aller, le fait de ne plus venir dans leurs quartiers. Ce qui y facilite toute sorte d’infraction, dont la vente de drogue. Cela n’a rien de politique, ce n’est pas organisé, il n’y a pas d’État-major. Il y a de l’effet d’aubaine aussi, et du plaisir de casser.

Breizh-info.com : On a vu d’ailleurs via les réseaux sociaux une sorte de concours entre différents quartiers, différentes villes. Beaucoup plus rapide que lors des émeutes de 2005. Mais également une réponse policière particulière, et un chef de l’État qui a mis de l’huile sur le feu. Avec une ultra gauche et une gauche qui ont d’une certaine façon poussé à l’émeute. Est-ce du jamais vu récemment ce qu’il s’est passé, ou bien faut-il tempérer cela?

Xavier Raufer : En 2005 il y avait déjà les téléphones portables, avec des défis lancés d’un quartier à une cité hors contrôle. Mais la viralité ne s’est pas exprimée à l’époque par le même médium puisque les réseaux sociaux n’existaient pas. Fin octobre, début novembre 2005, cela a duré environ 3 semaines, et jamais plus d’un à trois jours dans chaque zone spécifique. Rien de concentré ni de durable.

Les réseaux sociaux y sont pour quelque chose cette fois-ci, c’est une évidence. Chaque acte illicite parasite l’état de la société. Les terroristes ne peuvent pas détourner des avions avant l’invention de l’aviation. La société en est à un niveau de développement donné, et si du temps de Blanqui il y avait des insurrections armées, c’est parce que les rues étaient pavées, et que l’armée disposait de canons.

Oui, les individus en question ont profité de ce que leur offrent les réseaux sociaux et le numérique contemporain — d’autant plus que la plupart d’entre eux sont illettrés ou tout comme, et ces réseaux ne les obligent pas à maîtriser une langue ou une autre.

Si la Police était libre de faire son travail, naturellement, l’usage de ces téléphones portables, de ces réseaux, les fragiliserait beaucoup. Ce ne sont pas tous des docteurs en physique nucléaire, ils ne sont pas très malins, ils ont dans leurs téléphones la base de toutes les enquêtes, de toutes les arrestations possibles et inimaginables. Cela pourrait se faire, mais cela nécessite de la part de l’appareil d’État de se sentir légitime pour intervenir et réprimer, ce qui n’est pas le cas.

Le pouvoir actuel de M. Macron et de son entourage est le même biotope, le même milieu humain que celui de M. Strauss-Kahn, de M. Cahuzac, de M. Bigorgne (Président de l’Institut Montaigne) qui revendiquait à son procès ses 4 grammes de cocaïne par jour. C’est un pouvoir assez frelaté, qui ne se sent pas légitime pour administrer la Justice tant elle s’en sent loin. L’incapacité à taper sur la table est de la part de gens qui sont dans ce petit monde, monde Bourgeois-Bohème, dans lequel on retrouve aussi M. Duhamel et ses fiestas. On pourrait être encore demain matin à en énumérer la liste.

Quand le Général de Gaulle réprimait, il n’avait rien à se reprocher, il pouvait taper sur la table. Ces gens-là pensent ne pas le pouvoir. Pareil avec l’Infosphère, les dirigeants des grands journaux, qui sont à peu près dans le même degré de copinage et de corruption que la petite caste politique en question. La réalité est là. Premier élément concret sur cette affaire : La génération spontanée dans le monde politique n’existe pas plus qu’en Biologie.

Depuis deux ou trois ans, il y a une crise sociale qui se développe. Mais aussi des refus d’obtempérer qui sont dans une telle quantité qu’entre 2018 et 2021, en lissant les années, on s’aperçoit qu’il y en a eu en moyenne ces trois dernières années environ 25000 par an, c’est-à-dire 74 par jour, et 3 par heures sur 365 jours, 24/24. Un pays dans lequel entre 27000 et 28000 individus envoient chaque année promener la Police ou la Gendarmerie parce qu’ils n’ont pas envie de s’arrêter, avec 3000 cas dangereux, est déjà dans un état d’anarchie prononcée.

Pour aller plus loin dans ce domaine, et dans le champ de ce qui est arrivé au jeune en question, de 2017 à 2022, le nombre de conducteurs conduisant sans assurance et ayant causé un accident corporel a augmenté de 44 %. Cela n’est pas une petite augmentation, c’est une explosion. Enfin, le nombre de gens sans assurance et sans permis a explosé également. Les derniers chiffres officiels sont de 2019, car le gouvernement ne se hâte pas de publier des informations le mettant fortement en cause, mais il y avait 770000 conducteurs sans permis en France. On doit être au-delà de 800 00 aujourd’hui.

Ces gens, de plus en plus souvent, refusent d’obtempérer aux ordres de la police, donc le climat général est celui-là.

Breizh-info.com : Je vais vous citer Lénine, vu que vous m’avez cité Mao, que faire? Face à un refus d’obtempérer, est-ce que l’on mérite vraiment d’être exécuté dans sa voiture?

Xavier Raufer : Certainement pas. Dans cette question, vous inculpez le ministère de l’Intérieur. Cela fait des années que la Police est laissée pour compte, jetée dans la rue, sans aucun moyen efficace de contrôler les situations dans lesquelles elle va fatalement se trouver. Je suis tireur sportif inscrit en club de tir depuis plus de 20 ans. Chaque semaine, je manipule des armes dangereuses, chacune d’entre elles peut tuer. Des pistolets, des armes de poing, d’un calibre létal. Une arme doit s’apprivoiser, il faut apprendre à s’en servir. Dompter une arme, c’est comme dans la cage aux fauves. Autrement elle peut être dangereuse pour vous ou les autres. Il faut une pratique régulière, brûler une centaine de cartouches une à deux fois par mois. Les policiers ne savent pas, pour la plupart, se servir de leurs armes. Car ils ont deux ou trois séances de tir par an à 20 cartouches.

S’ils veulent progresser en matière d’utilisation des armes dont ils sont dotés et dont ils ont le pouvoir légitime de se servir dans certaines circonstances, ils doivent s’inscrire eux-mêmes dans un club homologué, payer eux-mêmes leurs armes de tir, et leurs munitions. Au prix des minutions actuelles, quand on a un salaire de policier de base, c’est une somme très importante.

La Police est mal formée, mal encadrée dans ses activités de maintien de l’ordre. Une Police dans laquelle une réforme a eu lieu dans les 20 dernières années qui fait que les commissaires de Police ont sans cesse été en nombre plus réduit, obligés de passer des examens toujours plus complexes (de l’ordre parfois de ceux de la préfectorale)….Le Gouvernement a fait baisser le nombre de commissaires de Police et a fabriqué une sorte de deuxième corps de Préfets qui est très éloigné de la rue, du terrain, et qui se sert de corps intermédiaires pour diriger les gardiens de la paix, espèce de Lumpen Prolétariat de la Police. Un corps qui n’a que très peu de considération pour elle. Donc les policiers de la base, qui sont dans la rue, sont constamment harcelés, injuriés, menacés par des racailles. Ils sont dans un état de nerfs difficile, et ajoutez à cela qu’ils n’ont personne pour les soutenir dans leur hiérarchie. La moindre beigne à un voyou qui aura injurié 50 fois un policier sera rapportée à l’IGPN par le commissaire… (ce sont des cas vécus, j’ai des témoignages). Au final, les policiers sont mal formés et ont des armes dont ils savent mal se servir. Vous additionnez tout cela, et vous avez des catastrophes comme celle de Nanterre.

C’est la faute de l’État. Personne ne lui interdit de bien former ses policiers et de les préparer aux situations qu’ils ont à vivre. À l’heure actuelle, le ministère de l’Intérieur est cogéré par les syndicats et le ministère. On aboutit à des absurdités qui font que certains policiers chevronnés veulent retourner en régions où ils sont plus peinards, donc ceux qui vont dans les quartiers hors contrôle sont des jeunes sans expérience (en partie). Cela devrait être le contraire, avec des policiers aguerris en Seine Saint-Denis ou dans la périphérie lyonnaise. Cela fait 20-30 ans que ça dure, personne n’y a rien changé.

Un enfant de 4 ans un peu simple comprend qu’il faut mettre la solution là où il y a le problème. C’est le contraire que fait le ministère de l’Intérieur. Il n’y a aucun commissariat de police efficace dans la plupart des quartiers sensibles. Exemple; en 2005, à Villiers-le-Bel, après les émeutes suite à la mort de deux gamins électrocutés, les ministres avaient annoncé un commissariat sur place. Nous sommes en 2023, il n’y en a toujours pas. On prend les émeutes, imprévues, dans la figure, sans recul. ll n’y a pas de prévision. Quand c’est terminé, on s’endort et on passe à autre chose. Aucune leçon n’a été tirée de 2005. Cela se répète aujourd’hui. Quand on ne soigne pas une maladie, elle revient. C’est simple.

Breizh-info.com : Au-delà de ça, on a observé une fracture lourde, politique, mais aussi sociétale, de peuple (majorité d’extra européens parmi les émeutiers). L’histoire des cagnottes en est témoin. On voit une fracture aussi apparaitre au sein des groupes anticasseurs qui s’opposent aux émeutiers. Il semblerait que nous soyons sur une poudrière que les élus n’ont pas vue venir et dont ils ne prennent toujours pas la mesure (cf. les rassemblements du 3 juillet de type la violence c’est mal). Comment percevez-vous cela?

Xavier Raufer : Vous avez raison. La réalité correspond à cela. Nous sommes aujourd’hui à la veille du 40e anniversaire de la venue de François Mitterand dans le quartier des Minguettes, à Vénissieux, où en 1983, il y avait eu une agitation communautaire dans la périphérie lyonnaise, une périphérie où l’on a entassé des gens pendant les 30 glorieuses, qui arrivaient de l’étranger pour travailler ici. On les a laissés là sans attention particulière pendant des années.

Dans les années 60, le centre des villes grouille de policiers, la campagne grouille de gendarmes, entre les deux, rien. Et c’est là qu’on installe des gens dans un contexte où toute politique délibérée de les acclimater, de leur apprendre les règles de la vie en société, a été exclue. On les laisse là, et ils se débrouillent.

Le seul qui ait tenté de faire une nouvelle répartition des commissariats sur le sol français, là où les problèmes se posaient vraiment, c’est, il faut le reconnaitre, Jospin. Il a eu le plus grand mal à faire déplacer 3000 flics sur le territoire, car ça ne les intéressait pas. Manque d’autorité. Cela n’a pas été fait. Depuis 40 ans, la seule chose réalisée pour ces territoires est une politique de la ville inepte. Un enfant de 4 ans comprend là aussi, que si vous avez des économies, vous n’allez pas les mettre dans une banque dans laquelle on tire sur le plafond. La première chose à faire dans ces quartiers, c’était d’y rétablir l’ordre. Après ça s’il faut du social, évidemment. Je ne suis pas de ceux qui condamnent M. Borloo et ce qu’il avait voulu faire. 80 à 90 % des habitants des banlieues souffrent des exactions des bandits qu’on a vues au quotidien. Ils font régner la terreur dans les quartiers qu’ils habitent.

La population de ces quartiers est concernée par ces problèmes. Elle n’approuve pas les émeutes, mais à la fin, de qui ces gens ont-ils peur? D’un Darmanin qui vient faire une visite tous les six mois dans un quartier nettoyé du sol au plafond, village Potemkine, et qui repart trois heures après à Paris? Ou du chef des dealers, qui terrorise tout le monde sur place et qui a des armes, qui peuvent vous tuer? Poser la question c’est y répondre.

Tant que ces «quartiers perdus de la République» n’auront pas été mis en ordre, de tels évènements, de telles exactions s’y reproduiront régulièrement.

Pour répondre à votre question, l’actuel Gouvernement est capable de prendre ces mesures pour tout le territoire français comme moi de devenir alpiniste (rires). C’est impossible pour eux, ils ne se sentent pas légitimes pour ça. Ils sont incapables de réfléchir à la façon dont ça pourrait se passer. Voyez Borne, qui a bredouillé des banalités à faire honte à un gamin de 4e, avant de se cacher à Matignon. Ces gens là sont-ils faits pour remettre de l’ordre dans un pays? Non.

Breizh-info.com : Mais ce sont quand même des gens censés être dirigeants d’une puissance mondiale (en tout cas revendiquée comme tel). À quoi servent-ils alors? La population commence à leur reprocher, alors que la Barbarie s’installe petit à petit dans la Cité. 

Xavier Raufer : Ce qui frappe, dans le domaine de la sécurité, c’est l’incompétence de M. Macron. M. Macron, commence son mandat par quelque chose impensable en France, que même de Gaulle n’a pas pu faire en France sans se faire taper sur les doigts. Il a fait du barbouzage avec Benallah, derrière le dos de la Police. Il n’y a pas un flic ou un gendarme qui supporte ça, parce que des interventions d’amateurs dans des affaires sensibles se terminent toujours mal, et après ça, qui doit éponger? C’est la Police, ou la Gendarmerie.

Tout chef d’État, qu’on l’aime ou pas, brillant ou limité, comprend ou sait ça. Pas M. Macron qui se sent d’une essence supérieure. Les vidéos de M. Benallah dans un journal ne sont pas arrivées seules par l» opération du Saint-Esprit… Au niveau des affaires extérieures, il est fâché avec toute l’Afrique. J’ai vu récemment des gens importants là-bas récemment, ils ont poussé un cri d’horreur concernant Macron. IL est détesté dans beaucoup de régions et maintenant il fiche le bazar en France. On a des responsables qui n’ont aucune expérience, aucune maturité politique, et le mieux pour la France, c’est qu’à un moment donné, ils dégagent. Car c’est de l’incompétence.

Le ministre de l’Intérieur actuel, en poste depuis deux ans, ne fait que de l’action médiatique. Exemple : Il a créé la CRS 8. Quand il y a du bazar à Marseille (bon, c’est toujours le cas…) on les envoie, elle arrive à 19 h avant le JT de 20 h pour faire croire qu’il a les affaires en main. Trois jours après, la CRS 8, ne servant à rien, part à 3 h du matin sans télévision. Tout est comme ça avec Darmanin. Il a fait pareil avec son agitation à Mayotte. Ces gens sont aveuglés par leur propre ambition ou ne savent pas comment on doit gouverner la France.

Tout individu qui a fréquenté les gens modestes en France sait qu’il ne faut pas les injurier. On peut se traiter de noms d’oiseaux dans la bourgeoisie, mais les gens du peuple n’aiment pas ça. Une fois vous les traitez mal, deux fois, la troisième c’est le point dans la figure. Monsieur Macron la première fois, «tu traverses la rue, tu trouves du boulot», la deuxième «tu peux t’acheter un costard et ça ira mieux», puis les «gaulois réfractaires», au final, il a les Gilets jaunes. Cet individu est un provocateur par manque d’adaptation à la vie de la société française telle qu’elle est. Il joue le rôle d’un chiffon rouge devant le taureau.

Dans aucun des 27 pays de l’Union européenne hormis la France, vous n’avez un ministre de la Justice mis en examen. Comment voulez-vous que les Loulous dans les banlieues prennent ça au sérieux? Comment voulez-vous que le pouvoir soit respecté? Quand il ne l’est pas, il n’est pas respectable, et à ce moment-là, les gens en prennent note. Les racailles de banlieue ne sont pas des docteurs de philosophie politique. Ils ont des réflexes très basiques, et là on est clairement en termes de justice, en termes de la caste autour de M. Macron et ceux qui sont dans les banlieues, dans le deux poids, deux mesures. Je le constate, sans sympathie particulière pour les voyous. Quand ils traversent la rue, ils se font contrôler. Mais M. Dupont-Moretti, il ne lui arrive rien…

Je reviens à M. Bigorne, et ses 4 grammes de Cocaïne par jour, ça fait 30000 euros par an de budget. Vous avez des gens qui vivent au-dessus des lois, ils ne les connaissent pas donc ils ne se sentent pas de devoir la faire appliquer. Le pouvoir du Gouvernement actuel, c’est son incompétence, de son recul, de son effroi vis-à-vis de toute mesure de Justice, car ils ne se sentent  pas légitimes pour les faire appliquer. C’est mon diagnostic.

Breizh-info.com : Quid de l’autre partie de la population, pas celle des banlieues, mais celle qui encaisse en silence, qui finance les plans banlieue, qui vit moins en sécurité, et qui ou bien ne dit rien, ou bien commence à se révolter, à se substituer parfois à la police comme on a vu récemment dans certaines villes

Deux choses à dire sur le sujet. La première c’est que ça n’est pas le moment d’aborder le problème. Car quand quelque chose se diffuse dans une large d’individus, il faut le temps. Au niveau de la population générale, celle qui ne fait pas partie de la minorité à 90 % immigrée ou issue de l’immigration en révolte, et des gens qui trouvent que c’est vachement bien comme M. Mélenchon, dans cette population-là, c’est-à-dire 70 à 80 % de la population française, cette réalité nouvelle va se diffuser lentement.

Il y a d’abord eu l’horreur, l’effroi, la colère, l’indignation, et à tout ça va succéder quelque chose de plus froid, de plus raisonné de type «ça ne peut plus durer éternellement». Pas tout de suite, car dans trois semaines, tout le monde est en vacances. Mais je pense qu’il faudra faire très attention à la rentrée. Tout aura été digéré et aura conduit à des réactions internes chez les gens. Il faudra être prudent.

Deuxième point, parmi les innombrables choses que M. Macron et sa caste ignorent de la réalité de la France, qui est un peuple, avec des siècles et des siècles d’existence dans toutes ses composantes régionales, c’est que le peuple français est très dangereux. Il y a au monde trois pays régicides, qui ont tué froidement et délibérément leur roi, dans une exécution publique et voulue. L’Angleterre avec Jacques 1er, la France avec Louis XVI et la famille royale, et la Russie avec le Tsar et sa famille. Ces pays-là sont à manier avec des pincettes, car dans de tels pays, les gens attendent, subissent, courbent l’échine, et d’un coup s’enragent et renversent la table. Il y a eu un premier renversement, limité, avec les Gilets jaunes. J’ai entendu de la part de hauts responsables de la Préfecture de Police de Paris qu’au pire moment de la manifestation du samedi,  il restait un rang de gardes mobiles entre la foule et le palais de l’Élysée. Si le rang était enfoncé, les manifestants pénétraient dans le château et jetaient tout par les fenêtres… le Président avait d’ailleurs été mis en sécurité devant le risque très réel.

Si jamais le pire éclate pour des raisons de sécurité, ça peut mal tourner. L’Union européenne a emmerdé les Anglais une fois, deux fois, trois fois, avec la taille des préservatifs, la couleur des poireaux,  ils ont foutu l’UE dehors. Les Russes, je ne vous fais pas un dessin, cf. ce qu’il se passe en Ukraine. Il y a des peuples dont il faut se méfier et qu’il faut manipuler avec les pincettes. M. Sarkozy savait ça, en était très conscient. Dans 70 % du territoire en France, la population est celle des origines, elle n’a pas été remplacée. À un moment donné, tout cela peut sévèrement basculer. C’est mon analyse personnelle.  Il n’y a rien d’organisé, mais…

Il y a une indication précieuse qui nous vient de Tocqueville. Quand les Français s’enragent, ce n’est jamais quand les choses sont au pire et qu’elles vont le plus mal. C’est toujours après, quand en apparence ça commence à s’arranger un peu, mais qu’en fait, les gens ne supportent plus rien. La famine et la situation désespérées des campagnes, ce n’était pas en 1789, mais quelques années avant. À un moment donné, les gens ont dit «terminé de rigoler».

C’est pour ça que le Gouvernement devrait prendre des mesures sérieuses de rétablissement de l’ordre, par des peines de prison. Pas par des peines de bracelets dont les racailles se moquent et qu’elles prennent pour des médailles. Ils exhibent ces bracelets au contraire.

Premièrement : mettre des gens sérieux aux affaires, et  ensuite retirer du pouvoir ceux qui sont battus d’avance. La Guerre de Sécession a duré 4 ans. Compte tenu de la disproportion des forces en présence elle n’aurait pas dû durer plus de six mois. Elle a duré quatre ans, car pendant les trois premières années, tous les généraux nordistes qui arrivaient sur les champs de bataille face au Général Lee étaient battus d’avance. Il avait été leur professeur de stratégie à Westpoint et ils partaient perdants. Du jour où Lincoln a pris un Général qui était un poivrot, mais qui ne rentrait pas dans ces considérations, il a coupé la Confédération en deux,  en trois mois, et après, le problème était réglé.

En France, vous avez une Préfète de Police à Marseille qui parle des quartiers nord qui dit «Ah, mon Dieu, ces gens sont brutaux» en parlant des Caïds des quartiers nords. «Ces gens-là n’ont aucune considération pour la vie humaine». Mais enfin, on parle des Caïds des quartiers nords! Il y a 23 morts depuis le début de l’année. Oui, je lui confirme, ils se moquent de la vie humaine. Mais quelqu’un qui profère des propos pareils n’est pas fait pour être Préfet de police dans un endroit où ça craint. Il faut retirer les généraux battus du champ de bataille, les remplacer par des gens sérieux, prendre des mesures de fermeté, et après ça, qu’ils fassent tout le social qu’ils veulent, mais avant, c’est verser de l’eau dans un trou.

Propos recueillis par YV

Illustrations : Wikipédia (cc)
[cc] Breizh-info.com, 2023, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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11 réponses à “Xavier Raufer : « Cela fait des années que la Police est laissée pour compte, jetée dans la rue, sans aucun moyen efficace de contrôler les situations dans lesquelles elle va fatalement se trouver » [Interview]”

  1. Gaï de ROPRAZ dit :

    Bien sûr que ce ne sont pas des insurrections politiques ! En revanche, bien sûr que ce sont des emeutes ! Mais on laisse faire. Ne dites pas non ! On laisse faire, et ce, au nom d’une paix soi-disant sociale. En revanche on ne prononce pas les mots qu’il faut : Delinquants Arabes, Agresseurs Noirs ! Au contraire, tout le propos est enrubanné dans un laius de conformité avec la Loi. Car la France protège aujourd’hui les Noirs (Et pas n’importe lesquels) ! Car des Noirs il y en a partout, même au Groenland. Non, elle protège les Noirs d’Afrique, c’est à dire la race Negroïde. Et donc aussi les Arabes. Mais n’incluez pas les Berbères dans ce lot ! les Berbères, c’est une race qui n’a rien à voir avec les Arabes. Bref, les Français de France ont encore beaucoup à apprendre. Et losrqu’ils auront compris, de toutes manières, ce sera trop tard …

  2. Prétet Yvette dit :

    Nous sommes gouvernés par des ”politicards” qui se moquent pas mal de la France, des Français, de notre police, de notre sécurité!…Ce qui compte, pour eux, est d’être ”élus” et ”réélus” afin de se remplir leurs poches et celles de leurs copains!….

  3. GERARD. dit :

    Le mal ne viendrait-il pas plutôt de la bêtise des humains, qui n’ont toujours pas compris, qu’en élisant leurs dirigeants, ils confèrent le pouvoir à des hommes/femmes de main, qui n’œuvrent qu’au profit d’obscures entités que l’électeur jobastre ne connaît même pas.
    Sinon, comment expliquer que toutes les exactions politiques, anti-démocratiques, voire criminelles qui s’abattent actuellement sur les peuples de l’ U E, nous n’aurions du les subir que sous le joug -on nous l’a dit et répété assez de décennies durant- de… l’estremdroâââte ?
    Quelqu’un(e) se pose-t-il seulement la question ???

  4. Le Celte dit :

    Je vis dans le Finistère, ont étaient tranquille pendant des années, les ennuis ont commencés à cause des socialopes qui ont délestés la région parisienne de ces indésirables.
    Le maire de Brest est un collaborateur de l’envahissement de la Cité du Ponant.
    Lui et ces équipes ils cherchent des logements dans le parc locatif privé pour installer des indésirables.
    Les merdeux qui ont tout cassés vont apprendre à regarder derrière eux .
    Il y a aura une vendetta .

  5. breizh dit :

    instiller la peur pour resserrer d’avantage le nœud coulant de la dictature : après la peur du covid, la peut des émeutes…

  6. Thomas dit :

    S’indigner du comportement des émeutiers n’est pas un réflexe de peur, c’est la plus élémentaire des indignations citoyennes ! Passer le tout sous silence est digne d’une rhétorique bien démagogique bien confortée par nos politiques de merde !!!

  7. Thomas dit :

    Ne pas confondre la peur et la colère !

    • Le Celte dit :

      Maintenant ça va être la vengeance.
      Des citoyens s’organisent pour défendre les biens privés et publics .
      Il est trop tard , ils ont foutus leur bordel maintenant il va falloir leur passer le goût de recommencer et les faire dégager.
      On sait où ils habitent.

  8. Alan al Louarn dit :

    Escamotage de haute volée! On veut nous faire croire qu’il s’agit d’un mouvement un peu espiègle d’enfants de 13 ans qui n’ont plus d’école, et que les parents n’ont pas pu fesser suffisamment (la fessée est prohibée). Nous expliquera t’on l’origine de ces centaines de kilos de mortiers découverts. Nous expliquera t’on l’attaque d’Enédis, celle du maire de l’Ay les roses, et bien d’autres guet-apens . Un simple regard sur la presse mondiale désigne clairement ces troubles comme ethniques. A propos, l’initiative récente de l’ancien premier ministre Philippe préconisant la mise en cause des accords avec l’Algérie aurait elle un rapport avec tout ça?

  9. mélennec dit :

    MELENNEC
    Heureusement, en Bretagne, nous avons la cohorte des SAINTS DU MOYEN ÂGE !!!

    Bravo à Breizh Info, le champion de la STRATEGIE !!!!

  10. patphil dit :

    j’ai beaucoup aimé une caricature de nétanyahou disant à macron que la solution était de la partition de la france en” deux états,” ce qu’il demande pour israel!

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