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Ce jeudi 3 août à 11h, un hommage sera rendu à Carhaix, rue Bobby Sands, à celui qui constitue l’une des figures de la lutte républicaine irlandaise. Bobby Sands. Un hommage organisé par la municipalité de Carhaix et par l’ancien maire de Plougastel-Daoulas, André Le Gac
Il y a 42 ans, le 1er mars 1981, Bobby Sands entamait sa grève de la faim à la prison de Long Kesh, près de Belfast, en Irlande du Nord. A l’époque, cela faisait 5 ans que plusieurs centaines de nationalistes irlandais internés au camp de Long Kesh refusaient de porter l’uniforme des prisonniers de droits communs. Ils ont vécu ainsi, 5 ans, dans des conditions sordides, nus, enroulés dans des couvertures, supportant le froid, puis les excréments dont ils badigeonnaient leurs cellules. En répression, les britanniques leur interdirent jusqu’à l’accès aux douches, et le gouvernement Thatcher leur refusa le statut de « prisonniers politiques », qu’ils avaient pourtant avant 1976.
Une précédente grève de la faim, en 1980, menée par des hommes de la prison et des femmes de la prison d’Armagh, n’avait pas permis d’obtenir satisfaction à ces revendications.
Cette fois-ci, les détenus nationalistes et républicains sont entrés en grève de la faim à partir du 1er mars 1981 et décidèrent de la faire tour à tour, pour mener le combat dans la durée et alerter l’opinion internationale. Le premier d’entre eux fût Bobby Sands, alors officier de l’IRA, l’Armée républicaine Irlandaise, qui montra l’exemple à ses camarades. Avec Bobby Sands, 9 autres militants trouveront la mort, jusqu’au 20 août 1984 (Mickey Dervine), malgré les manifestations dans le monde, malgré la colère généralisée.
Le gouvernement britannique ne céda pas le moins du monde devant ces hommes mourant pour l’Irlande. Le premier ministre, Margaret Thatcher, la dame de fer, déclare : « Nous ne sommes pas prêts à accorder un statut spécial catégoriel pour certains groupes de gens accomplissant des peines à raison de leurs crimes ou délits. Un crime ou un délit est un crime ou un délit et seulement cela, ce n’est pas politique. »
Peu de temps après le début de cette grève de la faim, le député républicain de Fermanagh and South Tyrone Frank Maguire meurt, ce qui donne lieu à une élection anticipée. La vacance soudaine de ce siège obtenu avec une faible majorité catholique est l’occasion pour les supporters de Sands et de son combat d’accroitre la pression contre le gouvernement. Ils proposent donc Sands comme candidat à l’élection législative anticipée. Après une campagne électorale fortement médiatisée, Sands remporte le siège le par 30 492 votes contre 29 046 au candidat du Parti unioniste d’Ulster, Harry West.
Dans la foulée, le gouvernement change la loi électorale en introduisant le Representation of the People Act 1981 pour prévenir l’élection d’autres prisonniers de l’IRA. Cette loi interdit aux prisonniers condamnés à plus d’un an de prison de se présenter à des élections.
Chronique littéraire. Bobby Sands, « Un jour dans ma vie » [+ livre en PDF]
Photo d’illustration : breizh-info.com
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