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Quel est le rapport de force militaire en mer noire entre l’Ukraine et la Russie ? Le point avec Dominique Delawarde

Quel est le rapport de force militaire en mer noire entre l’Ukraine et la Russie ? Le point avec Dominique Delawarde, qui était interviewé sur RT par Xavier Moreau et dont l’interview a été retranscrite. Nous la diffusons ci-dessous.

X-M : Quel est le rapport de force militaire en mer noire entre l’Ukraine et la Russie ?

Dominique Delawarde : Malgré la perte spectaculaire et très médiatisée en occident de son navire amiral de la flotte de la Mer Noire, en 2022, et quelques attaques de drones sur les installation militaires de Sébastopol, de Berdiansk et sur le pont de Crimée, le rapport de force entre la Russie et l’Ukraine en mer Noire reste écrasant en faveur de la Russie.

L’Ukraine avait perdu l’essentiel de sa flotte basée à Sébastopol lors de l’annexion par référendum de la Crimée en 2014. Son navire amiral s’est sabordé plutôt que de se rendre. La plupart des marins ukrainiens favorables à la Russie ont rejoint volontairement le camp russe avec leurs navires. L’Ukraine n’a donc plus de Marine militaire autre que fluviale, à ma connaissance.

Par ailleurs, quelques jours avant le déclenchement de l’opération spéciale, en février 2022, la Russie a très intelligemment et avant la fermeture des détroits, fait rentrer en mer Noire une dizaine de Navires de la flotte du Nord à l’occasion d’un exercice naval. Parmi ces derniers figuraient 6 navires de débarquement et 1 sous marin. 

Sur le plan aérien, la Russie a, sans conteste la quasi-totale maîtrise du ciel.

Toutefois, sur le plan du renseignement, l’Ukraine bénéficie des renseignements de l’OTAN de sources aérienne et satellitaire et d’un grand nombre de drones principalement aériens mais aussi navals. A partir de la côte dans la région d’Odessa, les forces ukrainiennes peuvent aussi intervenir avec des missiles antinavires , des drones et des missiles de croisière, que les russes ont appris à détecter et à neutraliser.

En conclusion, les russes ont un contrôle quasi total sur la navigation en mer Noire à partir et à destination de l’Ukraine, mais un ou plusieurs coups ukrainiens heureux ne sont pas à exclure.

X-M : Quel est le poids militaire de la Turquie ? L’OTAN peut-elle compter sur elle ?

Dominique Delawarde : La Turquie est la 2ème Armée de l’OTAN, derrière les USA, en terme d’effectif, et ce sont justement les effectifs qui manquent le plus au camp otano-kiévien.

Cependant la Turquie, jalouse de sa souveraineté, s’est montrée rebelle à plusieurs reprises, vis à vis des USA et de l’OTAN: notamment pour l’achat des S 400 russes, le veto à l’adhésion de la Suède qui n’est toujours pas officiellement levé et le retard apporté à l’adhésion de la Finlande. La Turquie a également refusé que les avions de la coalition occidentale utilisent les bases turques, et notamment la base d’Incirlik, pour aller bombarder l’Irak lors de la 2ème guerre du golfe (2003).

Erdogan se souviendra longtemps qu’il a été sauvé par les russes d’un coup d’état monté contre lui par son allié US. Il se souviendra aussi qu’aux dernières élections présidentielles turques, les médias occidentaux faisaient campagne contre lui. Il se souviendra enfin que, lors de l’exercice d’état-major de l’OTAN Trident-Javeline du 17 novembre 2017 en Norvège, la Turquie et son président d’alors, Erdogan, figuraient par erreur dans un tableau sur la liste des ennemis de l’OTAN. C’était une erreur humaine très révélatrice d’un officier norvégien qui avait entraîné le retrait de l’exercice de la représentation turque, malgré les excuses de la Norvège, organisatrice de l’exercice.

Ne pas oublier non plus que la Turquie est le seul pays de l’OTAN qui soit un partenaire de discussion de l’Organisation de Coopération de Shangaï depuis onze ans.

Dans ces conditions, l’équilibriste Erdogan, qui défend avant tout l’intérêt de son pays et qui apprécie Poutine, ne peut être et n’est d’ailleurs pas considéré comme un allié fiable pour l’OTAN, un allié sur lequel on peut toujours compter.

X-M : Parlons des deux « petits » de l’OTAN que sont la Bulgarie et la Roumanie, quel est leur poids dans la zone ?

Dominique Delawarde : Le poids économique et militaire de la Bulgarie et de la Roumanie est évidemment lié à leur poids démographique. Ces deux petits états comptent, à eux deux, 26 millions d’habitants.

S’agissant de la Bulgarie, très dépendante de la Russie pour ses importations énergétiques, elle n’est naturellement pas encline à se fâcher trop fort avec Moscou qui restent son premier fournisseur, toute catégorie de biens confondus. Pour l’année 2022, en Bulgarie, les importations russes en valeur ont plus que triplée à 6,15 milliards d’euros par rapport à 2020 (1,92 milliards d’euros).

La Roumanie est beaucoup moins dépendante de la Russie que la Bulgarie. Pour autant, elle n’a guère de velléité d’intervenir seule contre la Russie parce qu’elle n’en a pas les moyens militaires. Son pouvoir de nuisance anti-russe se limite donc à faire transiter l’approvisionnement de l’Ukraine en armes occidentales et à transférer aux forces ukrainiennes des matériels de fabrication soviétique en service dans ses forces armées.

Tout cela est connu mais la Roumanie reste prudente.

X-M : Quelles sont les conséquences de la fin de l’accord céréalier et des bombardements russes sur les infrastructures portuaires à Odessa ?

Dominique Delawarde : La fin de l’accord céréalier et les bombardements d’Odessa vont réduire considérablement, si ce n’est stopper le trafic maritime à partir de ou à destination d’Odessa. Rares sont les armateurs et les assurances qui accepteront de courir des risques de navigation en mer Noire, pourtant considérée, à juste titre, comme le poumon de l’Ukraine.

L’Ukraine sera donc obligée d’exporter par voie terrestre ce qu’elle exportait par voie maritime. Mais certains pays frontaliers de l’UE refusent le transit des céréales ukrainiennes par leur territoire au motif qu’elles concurrencent leur propre production. (Pologne, République Tchèque)

Ces difficultés de navigation vont se traduire par une hausse des cours céréaliers sur les marchés et une hausse de l’inflation plus sévère en occident, mais aussi par des difficultés pour les pays en développement importateurs de céréales. Ces difficultés, l’occident va tenter de les instrumentaliser au détriment de la Russie, en lui faisant porter le chapeau de toute la misère du monde.

La Russie va très probablement faire des annonces au prochain sommet Russie-Afrique pour montrer à quel point elle se soucie de l’approvisionnement en céréale de l’Afrique. Elle dévoilera une partie des mesures qu’elle entend prendre pour tenir ses engagements vis à vis des pays en développement.

X-M : L’Ukraine a-t-elle la capacité d’imposer un blocus des ports russes comme elle le prétend ?

Dominique Delawarde : Absolument pas. Toutefois, elle a la capacité de réussir «un ou plusieurs coups» avec l’aide du renseignement, des conseils et de l’armement otanien qui lui sont gracieusement fournis. Ce ou ces coups viseraient à démontrer que la navigation en mer Noire au profit de la Russie n’est pas sans risque, et à compliquer le trafic maritime à partir ou à destination des ports russes de la mer Noire.

X-M : L’idée de Vladimir Poutine de créer un hub gazier avec la Turquie vous parait-elle réaliste ?

Dominique Delawarde : L’idée de Vladimir Poutine de créer un hub gazier avec la Turquie me paraît une excellente idée pour deux raisons :

– C’est un accord gagnant-gagnant. Ankara pourra ainsi élargir sa zone d’influence et renforcer ses leviers de pression en Europe, en Russie, dans le Caucase, au Proche-Orient et dans l’ensemble de la région méditerranéenne. Elle pourra aussi renforcer son économie. La Russie trouve un nouveau moyen de contourner les sanctions occidentales tout en améliorant sa relation, déjà bonne, avec la Turquie.

– Une large part de l’infrastructure est déjà en place avec notamment le Turkish Stream et le Blue Stream.

Évidemment, l’UE n’est pas favorable à ce projet qui nuit à ses intérêts du moment

X-M : Le canal d’Istanbul vous parait-il une perspective raisonnable ?

Dominique Delawarde : Le projet de canal d’Istanbul qui relierait la mer de Marmara à la mer noire en doublant le traditionnel passage des détroits est l’héritier de plusieurs projets beaucoup plus anciens, multiséculaires pour certains, qui ont tous été abandonnés, le plus souvent faute de moyens.

Ce projet aujourd’hui très controversé pour des raisons écologique, politique et économique est un vieux rêve relancé Erdogan, il y a une quinzaine d’années.

Le 27 juin 2021, le président Erdogan a posé la première pierre du premier ouvrage.

La durée des travaux, initialement prévue pour 7 ans, risque fort d’être prolongée faute de moyens financiers, car l’économie turque n’est toujours pas au mieux de sa forme.

Comme tous les projets de grand canal turcs précédents, il y a de fortes chances que ce projet pharaonique soit abandonné lui aussi. Notons que même les chinois ont renoncé, pour l’instant, à creuser le canal du Nicaragua qui devait doubler le canal de Panama.

X-M : De manière générale quelles sont les perspectives de l’OTAN en mer Noire ?

Dominique Delawarde : Les perspectives de l’OTAN en mer Noire sont et seront évidemment moins bonnes qu’elles ne l’étaient avant le déclenchement de l’opération spéciale si, comme c’est probable, la Russie l’emporte en Ukraine, s’empare d’Odessa et prive ce qui restera de l’Ukraine de tout accès à la mer Noire.

Lorsque la guerre prendra fin, un traité sera signé, très probablement aux conditions de la Russie. Ce traité définira les nouvelles frontières terrestres et maritimes de l’Ukraine.

La Russie qui pourrait bien alors avoir conquis toute la région côtière de l’Ukraine sur la mer Noire, en fin d’opération spéciale, récupérera l’immense territoire maritime qui lui était associé, multipliant par trois la superficie de ses eaux territoriales et de sa zone économique exclusive en mer Noire et récupérant les importantes réserves de gaz ukrainiens découvertes au large de l’île du Serpent.

La portion restant aux pays proches de l’OTAN, dont l’Ukraine fait partie, sera réduite d’autant.

Les perspectives de l’OTAN en mer Noire seront donc subordonnées plus que jamais à une bonne entente USA-Turquie qui est et restera fragile.

Les manœuvres navales de l’OTAN en mer Noire devront alors se limiter, au mieux, à une moitié de cette mer : au sud, dans les eaux géorgiennes et turques et à l’Ouest dans les eaux bulgares et roumaines . Si la Turquie venait à basculer dans le camp de l’OCS (Organisation de Coopération de Shangaï), les perspectives et le pouvoir de nuisance de l’OTAN en mer noire seraient réduits à néant.

Territoires maritimes avant 2014
(Après l’Opération Spéciale, la Russie devrait récupérer tout ou partie du domaine maritime ukrainien en mer Noire.)

X-M : De manière générale comment interprétez-vous les positionnements actuels de la Turquie vis-à-vis de la Russie ?

Dominique Delawarde : Le président turc donne l’impression de naviguer à vue en mettant, au premier plan, l’intérêt de son pays. Il cherche à tirer un maximum d’avantages de sa position d’allié majeur et incontournable de l’OTAN sans pour autant sacrifier sa bonne relation avec Poutine, partenaire loyal.

Il observe avec intérêt la bascule du monde et la conquête progressive, par les BRICS et l’OCS, de la suprématie économique, commerciale et financière mondiale, qui conduit inévitablement, à terme, à la suprématie militaire. Il se tient, très habilement, un pied dans chaque camp, position qu’il tiendra probablement le plus longtemps possible, pour en tirer un maximum d’avantages pour son pays.

Si les événements à venir et l’intérêt de son pays le suggèrent ou l’exigent, La Turquie saisira toute opportunité pour changer de camp sans état d’âme. Partenaire de discussion de l’OCS depuis onze ans, elle y est prête et peut le faire du jour au lendemain. C’est ce qui fait aujourd’hui sa force.

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26 réponses à “Quel est le rapport de force militaire en mer noire entre l’Ukraine et la Russie ? Le point avec Dominique Delawarde”

  1. Pschitt dit :

    La mention “l’annexion par référendum de la Crimée en 2014” signe en ce monsieur, dès sa deuxième phrase, le propagandiste poutinien. La Crimée a été annexée MILITAIREMENT en 2014, puis un “référendum” a été organisé par la force d’occupation militaire. Le tout en violation non seulement du droit international mais… des traités bilatéraux russo-ukrainiens garantissant l’intégralité territoriale de l’Ukraine ! En considérant que la Crimée a été annexée par référendum, la personne interrogée adopte le point de vue et la langue de bois russes. Tout ce qu’il dit devient douteux.

    • Asinus dit :

      Il est certain qu’un interview par Xavier Moreau, publié sur RT, ne peut pas être fondamentalement défavorable à la Russie! Mais ce qui importe, c’est de savoir si ce que dit D. Delawarde est vrai ou non. Il me semble que “ce monsieur” comme vous dites, est toujours assez bien documenté, et que ce qu’il expose concernant l’équilibre des forces en Mer Noire, ou sur l’attitude de la Turquie paraît frappé au coin du bon sens. Quant à l”annexion par référendum”, est-ce si mensonger? Il y a eu occupation militaire, certes, mais l’annexion n’a-t-elle pas eu lieu après le référendum? On peut toujours discuter de la validité d’une telle opération dans un pays occupé militairement, mais franchement je pense qu’il était conforme à la volonté de la majorité de la population.

      • Paul Hemiste dit :

        Une population à qui un pouvoir lointain interdit de parler sa langue natale n’a aucune difficulté à rejeter ce pouvoir, surtout quand ce pouvoir l’a jusque là négligée, et qu’il ne brandit plus que la menace.
        Ceci dit, les analyses fondées sur des arguments sont insupportables à ceux qui ne veulent que des imprécations rassurantes pour leurs préjugés.

      • Pschitt dit :

        Bien sûr, Asinus, j’ignore si l’auteur dit vrai ou non, et vous avez de la chance si vous avez davantage d’éléments pour en juger. Il faut être documenté, en effet, mais d’où M. Delawarde tient-il ses documents et comment choisit-il ceux qu’il exploite ? Je n’en sais rien non plus, mais il en dit assez pour qu’on ait des raisons de douter de son objectivité.
        Quant à dire que l’annexion a eu lieu “après le référendum”, c’est évident pour Moscou. La plupart des dictatures sont très légalistes, c’est juste qu’elles font le droit qui leur convient ! La Russie a attaqué la Crimée le 27 février, le référendum a eu lieu le 16 mars, et le rattachement à la Russie le 17 mars, ben voyons… De même que l’invasion, très rondement menée, avait certainement été préparée de longue date, il est évident que le référendum était organisé d’avance (y compris ses résultats, probablement). Nul ne sait quels auraient été les résultats d’un référendum “normal”, ni quels ils seraient aujourd’hui : admettre les résultats de mars 2022 dans ces conditions, c’est choisir le camp de l’envahisseur.

    • L Ukraine n’a pas respecté les accords bilatéraux en bombardant le Donbass et les régions russophones et en interdisant la langue russe , ces accords sont donc caducs !
      La population de Crimée a ne vous en déplaise entériné l’annexion , les choses sont clairs !
      Pour une fois qu’un général français se démarque de BFM/LCI vous ne le supportez pas , pourtant que de vérité dans cet article au demeurant assez équilibré !

      • Paul Hemiste dit :

        Merkel et Hollande se sont vantés d’avoir cautionné le non respect des accords de Minsk qu’ils avaient signés en tant que garants de leur application, afin de donner le temps au régime de Kiev de s’armer sous la direction de l’OTAN, constituant en fait la première armée de terre d’Europe otanienne. Rappelons que ces accords étaient signés entre l’Ukraine et les républiques proclamées de Lugansk et Donetz, et que l’Allemagne, la France et la Russie n’avaient que le rôle d’observateurs. et devaient faciliter leur application. Malgré qu’ils ne prévoyaient qu’un statut d’autonomie pour les régions du Donbass, tout en restant dans une Ukraine fédéralisée, ils n’ont jamais été appliqués par Kiev qui a continué son agression, dans une propagande délirante de rage russophobe. Par exemple, dès 2015, des transports de troupe “séparatistes” brûlés ont été exposés à Kiev, montrant les victoires de cette guerre menés contre les civils du Donbass, qui n’ont cessé d’être pilonnés depuis le printemps 2014, maintenant avec des obus de l’OTAN, dont ceux à sous-munitions, interdits par les conventions internationales.
        Mais dans le même temps, rien n’était fait pour la couverture aérienne, et cette étrange absence devrait faire poser la question du but réel de ce cirque, car il semble tout de même plus qu’incongru de revenir à des conceptions du combat de haute intensité d’il y a un siècle. Un massacre un peu voulu ? Ou bien, tout simplement, nos stratèges ont pris les Russes pour des attardés du biplan, comme nos industriels avaient pris les Chinois pour des fourmis juste capables de copier nos très chères innovations ? Un simple petit complexe de supériorité, dénué de toute trace de racisme, of course ? !

    • mouchet dit :

      Vous êtes en effet sous anesthésiant TV désinformée des USA via l’Europe. Le tout en faillite avec des dettes avoisinant 300’000 milliards irremboursables de l’occident cigale face aux fourmis Russie et Chine. Rappelez vous l’holocauste en Irak Syrie Lybie sur un mensonge d’état des USA 2 millions de morts t 120’000anfants ayant contracté et contractent encore des cancers et des leucémies. Et vous savez pourquoi ? Parce que ces 3 pays avaient refusé d’être payé par une seule monnaie le dollars, car ils voulaient un “pool” de 5 monnaies mondiales prépondérantes. Donc initialisation de ce conflit par les USA, mise en place de 600 milliards monnaie de singe pour l’Ukraine pour soutenir la masse monétaire du dollars et faire 650 autres milliards de vente d’armement et de gaz de schiste 5 fois plus cher que le gaz naturel russe, que nous avons souscrit en juillet 2021 (Engie et l’Etat) jusqu’en 2032. C’est la partie financière de cet article qui n’en parle pas et les 120% d’inflation que vous subissez accessoirement.

    • Paul Hemiste dit :

      La Crimée avait, pendant sa période d’administration ukrainienne, un statut particulier de république autonome, qui se concrétisait d’ailleurs par des postes de douane et de police à ses frontières avec le reste du pays. Cette frontière n’empêchait aucunement les stigmates de la corruption généralisée ukrainienne de se manifester dans toute leur splendeur. L’ensemble du pays avait un air nostalgique plein du charme des années 60, mais sur le mode crado. Pour ne donner qu’un seul exemple, dans la station balnéaire de Ribatche, charmante petite ville nichée dans une vallée à l’est de Yalta, les constructions en dur se faisaient directement sur la plage, ou empiétaient sur les rues non goudronnée, tandis que le torrent du fond de la vallée servait d’égout à ciel ouvert, avant de déboucher en plein milieu de la plage. Bien entendu, cette anarchie n’était pas plus gratuite qu’ailleurs en Ukraine où tout s’achetait et continue à se vendre, comme le montre Karl Zero dans son effroyable enquête. En outre, personne ne parlait ukrainien en Crimée, et la grande majorité des voitures était immatriculée en Russie. Quant à parler d’une “annexion militaire”, comment qualifier le putch du Maïdan, préparé depuis 1945 par la CIA avec les réseaux de collaborateurs des nazis, réveillés au grand jour depuis l’indépendance du pays, comme le montrait déjà le film diffusé sur ARTE en octobre 1993, où l’on voit les bandéristes se préparer à la guérilla urbaine et dire leur opposition à l’accord de désarmement nucléaire du pays. On ne peut maintenant douter de l’usage qui en aurait été fait, détruisant à jamais l’ensemble de l’Europe, au nom d’une haine viscérale dont on comprend bien que les Russes aient voulu protéger une population qui leur était acquise et au moins en grande partie, issue de Russie, et encore aujourd’hui menacée de déportation et d’extermination par le régime de Lvov installé à Kiev par Madame Nuland. Comment désigner aussi l’affaire du Kosovo, montée de toutes pièces par l’OTAN ? “Vérité en deçà, erreur au delà”, mais surtout totale impudence d’une partialité qui ne se cache pas, qui affiche effrontément un prétendu droit à deux poids, deux mesures, basé sur des “règles” unilatérales. Un discours frauduleux qui ne peut tromper que ceux de bonne foi qui n’ont jamais approché la réalité du terrain, très éloignée du discours médiatique occidental, et de sa “réalité virtuelle” finalement cauchemardesque.

      • Jean-Paul Le Perlier Président ADIMAD dit :

        Monsieur Hemiste,
        C’est un plaisir de vous lire et un soulagement !
        L’intelligence et l’imperméabilité à la propagande existent encore…
        Merci.
        Mais ne pensez-vous pas que l’attitude qui consiste à se demander qui a tort ou raison, suggérant ainsi la prééminence de critères moraux en politique internationale, est du domaine de Bécassine ?
        Ne convient-il pas plutôt de se demander plus simplement…
        – “QUI” occupe la France et l’Europe depuis 1945, au point de nous imposer au gouvernement les “Young leaders” de la French American Foundation ?
        – Qui introduit chez nous la Gay pryde, le drapeau LGBT, le Wokisme, la théorie du Genre ?
        – Quelle est la nationalité de Georges Soros, qui finance les “no borders” participant au déferlement migratoire ?
        – Qui s’empare de nos technologies, notamment dans le nucléaire ?
        Qui ? Les Américains ou les Russes ?
        Pour ma part, les ennemis de mon ennemi sont mes alliés… au minimum à titre temporaire !
        Et la moralité en politique n’a rien à faire dans ce débat.

    • VORONINE dit :

      Ce “monsieur ” est général en 2S. et a servi à la direction du renseignement militaire ….comme vous probablement ” monsieur PSCHITT”

  2. Kan al louarn dit :

    Encore du blabla pro Russe qu’il ne faut pas prendre à la lettre….

    • nouchet dit :

      Au contraire cet article de fond est encore bien en dessous de la réalité de ce que font les USA l’OTAN et l’UE qui ont initialisé ce conflit provoqué la Russie car l’occident est proche de l’effondrement financier des dettes de plus de 300’000 milliards irremboursables. Radio et TV USA et occidentales mentent comme ce n’est pas possible. Rappelez-vous l’Irak et la séance à l’ONU pour des hangars à engrais comme des armes de destruction massive. Le bilan est de plus de 2 millions de morts et 120’000 enfants avec des cancers et des leucémies, 80’000 soldats estropiés avec les bombes à fragmentation. Tout cela pour un mensonge d’état afin de prendre gaz et pétrole. G.W. Bush fut condamné de crimes contre l’humanité et Tony Blair destitué. Cela fait une décennie que les USA font des guerres bactériologiques et virologiques avec le dernier virus de laboratoire SARS-COV2 pour le gain de fonction et faux vaccins, mis dans les laboratoires en Ukraine pour infecter l’Europe par diversion et surtout la Russie. Ce conflit explique cela, les dettes de l’occident .et le sionisme américain pour la suprématie et la dictature du dollars. Vous en payez le prix avec l’inflation de plus de 60%.

    • BFM/LCI sont fait pour vous , restez y !

    • Paul Hemiste dit :

      Brodez, brodez, car c’est un peu court. Encore du Bla-Bla ou vous avez aussi quelques ARGUMENTS ?

  3. JLP dit :

    Propagande poutinienne qui déshonore B.I.

    • Mouchet dit :

      Je préfère la propagande Poutinienne avec 9’500 morts en Ukraine selon des rapports de l’ONU officiel, que les 2 millions de morts en Irak Syrie Lybie sur un mensonge d’état des USA ainsi que les 120’000 enfants ayant et contractent encore des leucémies et des cancers avec les 200’000 obus à l’uranium tirés par les USA. G.W. Bush a été condamné par contumace de crimes contre l’Humanité et Tony Blair destitué pour crimes en Irak. Ajouter à cela la guerre virologique et bactériologique des USA dans les laboratoires en Ukraine (rapports des BRICS devant l’ONU) pour infecter par diversion l’Europe puis effectivement la Russie, en tout 18 millions de morts principalement pour l’occident et des faux vaccins destructeurs de notre immunité. Bref les USA ont fait environ 35 millions de morts en 70 ans. Cet article de fond sur la guerre en Ukraine est bien dessous des vérités. Les ukrainiens meurent pour soutenir le dollars et la réélection de Mr Biden de la family business au Delaware budget de 650 milliards pour cette guerre et accessoirement plus de 350’000 morts soldats ukrainiens. Faite le ration combattants mort ou vivant cela rapporte très très gros.

    • Mouchet dit :

      Bien au contraire et encore cet article très bon et réaliste au demeurant, et bien en dessous des vérités financières, géo économiques et énergétiques de l’occident cigale, couvert de dettes irremboursables de 300’000 milliards, contre les fourmis Russie et Chine. D’ailleurs les pays des BRICS et leur 9 nouveaux membres dont l’Arabie mettent en place une monnaie parallèle au dollars indexée sur l’OR. Ce conflit initialisé par les USA pour essayer d’affaiblir la Russie. Au contraire c’est que plus de 9 pays ont demandé l’adhésion aux BRICS et que 96% du peuple Russe est derrière Mr Poutine. En occident 2 seuls pays ont adhéré à l’OTAN et ce n’est pas encore validé. Les côtes des présidents Mr Biden de 27% aux USA et 18% en France démontre l’intelligence de la majorité des populations qui ont bien vu la manipulation des USA et la France bananière qui suit comme un mouton. Et les français de payer 120% d’inflation dans les énergies et l’alimentation. Mais comme vous gagner 9’500 euros mensuels, comme nos élus, cela ne vous concerne pas je suppose. Votre réflexion vaut le détour d’une réponse honnête et réaliste pour les bonnes vacances d’été.

  4. Ralph Fujiwell dit :

    Pshitt est bien mal informé sur la question, voire désinformé. Mais par les temps qui courent et la guerre de désinformation qui fait rage, il n’y a là rien de surprenant. Vous avez dit “Pshitt”?….

  5. mouchet dit :

    Bel et explicatif article de fond sur ce conflit un peu comme le Niger pour son pétrole et son uranium. La réalité des vérités n’est pas toujours bonne à en prendre connaissance car les intérêts occidentaux sont en toile de fond. Pourtant le jeu d’échec de la géo stratégie territoriale et géo économique des énergies fait rage dans ce bas monde. C’est le fait de nation qui se permettent tout, pour ensuite venir se plaindre des conséquences comme l’Ukraine qui a décimé exterminé les peuples du Donbass et les pros russes qui voulaient simplement avoir une culture et une langue russe, interdite par la dictature mis en place par les USA en mettant le pion pantin Zelensky responsable de plus de 40’000 morts.
    On connait l’initiateur provocateur de ce conflit avec la guerre virologique et bactériologique des USA à l’encontre de l’Europe par diversion. Puis le but réel d’infecter la Russie avec les laboratoires à virus de l’Ukraine.
    Les preuves sont là plaintes à l’ONU par les pays des BRICS à Saint Pétersbourg et l’Europe alliée n’a rien dit en acceptant les faux vaccins. La Russie s’est énervée et on la comprend. Les USA on l’a vu avec 10 fois moins de provocation ont failli faire la guerre nucléaire à Cuba.
    En Irak Syrie Lybie qui refusaient le seul dollars en échange se ont vu exterminés avec 2 millions de morts.
    Les réponses de commentaires décrivant l’article comme pro Russe, feraient bien d’aller en Irak voir l’holocauste et les 120’000 enfants ayant et ont encore des leucémies et cancers avec les obus à l’uranium les 80’000 estropiés avec les bombes à fragmentation. Guerre en Irak sur un mensonge d’état ou G.W. Bush a été condamné par contumace de crime contre l’humanité et Tony Blair destitué. Ces commentaires ont la mémoire très courte ou lobbyisés par la désinformation occidentales afin d’éviter la faillite.
    Pour l’économie financière pour tout en chacun, et encore les 26 coups d’état de pays en Afrique et Amérique du Sud avec la CIA pour mettre des régimes avec des prêts de la monnaie dollars, que l’Europe subit avec une inflation de 120 %. Le tout faisant de la misère pour 14 millions de nos concitoyens Il est bien beau de critiquer mais aussi de voir la réalité en face .
    Les BRICS en Afrique du sud feront et probablement une autre monnaie parallèle au dollars adossée à l’OR la seule monnaie non imprimée sans inflation. Au contraire de la monnaie de singe dollars avec un futur effondrement financier des dettes de l’occident cigale contre la Chine et la Russie fourmis.
    Je vous préviens comme en 2008 une semaine avant l’effondrement c’était encore l’euphorie. En 2023 les dettes de l’occident se sont multipliées par 4 à 6 fois (France 1’060 milliards en 2008, 4’500 milliards en 2023) plus pour certains pays comme les USA. (10’200 milliards en 2008 et 48’000 milliards en 2023 les 31’400 milliards étant un leurre).
    Vos économies ont fondu de 40% à 60% avec l’inflation et les énergies et ce n’est malheureusement pas terminé. Le système mondial de l’économie ne fait ni plus ni moins qu’alimenter la machine à billet dollars et les 220’000 milliards de dettes des USA y compris les hors bilans bancaires qui sont des garanties virtuelles avec plus aucunes couvertures OR pour au moins 10% puisque défaite en 1991. Un ancien directeur du FMI avait osé dévoiler cela par une couverture OR disparue du dollars. Il a été viré pour une pseudo agression sexuelles au Sofitel de New York d’une femme de ménage 2 fois plus forte que lui.

  6. Gaï de Ropraz dit :

    Oui, visiblement, Pshitt mousse mal… Prendre position en faveur de l’Ukraine de cette façon est pour le moins étonnant faute de connaissances, sinon indéfendable. Je précise, étant de sang russe, que la Crimée a toujours été Russe. Et à l’époque de mon Grand-Père, officier naval de la Marine Tsariste, Odessa était le port d’attache principal de la Russie Tsariste. Tout autant, il faut préciser, que l’Ukraine était rattachée à la Russie sous forme d’une Province. Pour résumer, je dirais que c’est irreverssible : Poutine, avec raison, reprend ce qui avait été retiré à la grande Russie des Tsars, y inclu le geste imbécile de Kroutchev dont la mère était native d’Ukraine, de “donner” la péninsule de Crimée aux Ukrainiens. Bref, on en revient à ce qui était de fait par le passé, aux frontieres initiales, et à la Grandeur de la Russie, un rien ternie pendant les sombres années du communisme. En un mot : Bravo Poutine !

    • Jean-Paul Le Perlier Président ADIMAD dit :

      Lorsque les décennies écoulées permettront à d’authentiques historiens de résumer le fond de cette affaire, ce qu’ils mettront à jour sera la méthodologie d’une prise de pouvoir.
      La prise de pouvoir des financiers US sur l’Ukraine.
      Car c’est évidemment à cela que se résume ce dont nous débattons.
      Une importante partie des terres à céréales qui font de l’Ukraine le grenier du monde est déjà aux mains de Vanguar, de Black Rock et autres requins de la finance US.
      Et là où la méthode résume le comble du cynisme… c’est dans l’utilisation des Ukrainiens eux-mêmes qui meurent par centaines de milliers. Au bénéfice de qui ? Au bénéfice de ceux qui s’emparent de leur propre pays !

    • Pschitt dit :

      En somme, le 20e siècle n’a pas existé ! Poutine refait l’histoire…

      • Jean-Paul Le Perlier Président ADIMAD dit :

        Seriez-vous gaulliste, monsieur “Pschitt” Auriez-vous, comme de Gaulle, la lâcheté et le sottise de déléguer à un imaginaire “vent de l’Histoire” le pouvoir de décider du destin des peuples ? C’est-à-dire, en conséquence, de laisser à d’autres la faculté d’écrire cette Histoire ?
        D’autres ont écrit, effectivement, l’histoire du XXème siècle, amputant ce qui avait été l’Empire des Tsars de la “Russ de Kiev”, qui avait été à l’origine même de la Russie.
        Eh bien Poutine, lui, réécrit effectivement l’Histoire en restituant à la Grande Russie la puissance dont les soviétiques l’ont amputée.
        Il y aura toujours des Macrons pour se faire tenir en laisse…
        Mais la Russie est gouvernée par un véritable Chef d’Etat qui écrit sa propre page d’Histoire.
        C’est ce que nous pouvons lui envier !

      • Paul Hemiste dit :

        N’est-ce pas plutôt ceux que vous défendez qui réécrivent l’Histoire, dans le plus pur style orwellien ? Quand les nouveaux livres d’histoire des enfants ukrainiens leur enseignent que l’Ukraine a plus de 10.000 ans, et qu’elle fut la première nation crée au monde, que Christophe Colomb était ukrainien sans le savoir, car originaire de Galice, ce qui se rapporte à la Galicie (par on en sait quelle torsion du globe terrestre) et autres fadaises tout aussi farfelues, que les ukrainiens sont les vrais aryens (là, on comprend !), est-ce une réécriture qui vous convient ? Cela vous convient-il aussi que des millions de livres soient brûlés en autodafés, car ils sont écrits en russe ? On a même vu dans les articles de B I un exposé sur Anne de Kiev qui montrait que l’Ukraine existait 200 ans avant la “Moscovie”, puisque Anne de Kiev venait de Kiev, donc d’Ukraine et non pas de Moscou. Le brillant auteur oubliait ou scotomisait le fait que Kiev avait justement été fondée par les princes Rurikides de Vladimir, ville située entre Moscou et Nijni-Novgorod, et que le terme “Ukraine” n’est que bien plus tardif, désignant en RUSSE une zone “bordure”, une marche de l’Empire, délaissée plus ou moins au fil des époques selon les invasions diverses, depuis les guerres fratricides entre les Rurikides, qui ont déjà détruit la ville avant l’invasion mongole de 1240 qui va conduire à son abandon et au transfert du pouvoir à Novgorod, puis à Moscou. Apprenez donc l’Histoire, et vous comprendrez peut-être l’instabilité chronique d’une zone sans frontières naturelles, passant d’une domination et d’une invasion à une autre, avant que Lénine puis Staline en fassent une nation artificielle en y amalgamant des populations et des régions qui n’avaient rien en commun, ceci pour y exercer un contrôle politique totalitaire.

  7. JLP dit :

    Il manque juste Catherine Galacteros pour que la célébration poutinienne soit complète ! A quand l’interview exclusive du bienveillant Alexandre Makogonov ? Faut bien compenser l’absence de RT France…

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