L’Intelligence Artificielle générative un danger pour l’humain ? (2)

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L’Intelligence artificielle est à la Une. Comme toute avancée technologique, elle soulève une série d’inquiétudes ô combien légitimes. Car, oui, il est absolument légitime que les hommes se préoccupent de l’irruption de robots dans leur quotidien, sans pour autant passer pour rétrogrades ou réticents au progrès, surtout quand lesdits instruments sont d’une telle efficacité.

Son nom même : « Intelligence Artificielle » est vecteur d’appréhension, étant qu’il empiète sur ce qui est le propre de l’humain, à savoir l’intelligence. Un nom bien mal choisi selon Luc Julia qui la qualifierait plutôt de « système-expert » ou de « machine learning » et exclame : « l’intelligence artificielle n’existe pas« . Pour l’informaticien co-fondateur de Siri et ancien vice-président de Samsung en charge de l’innovation, l’IA est une boîte à outil pas si intelligente que ça, une base de données qui recrache ce dont on la gave. Et qui ne pourra donc jamais nous substituer.

Ce qui relativise les déclarations des experts en la matière : Elon Musk la définit comme « notre plus grande menace existentielle« , Geoffrey Hinton, un des pionniers de l’IA affirme que « les futures versions de cette technologie pourraient être un risque pour l’humanité »,  1000 informaticiens et spécialistes de renom demandent une pause dans le développement du programme ChatGPT5,  dénonçant « une course incontrôlée pour développer et déployer des esprits numériques toujours plus puissants que personne – pas même leurs créateurs – ne peut comprendre, prédire ou contrôler ». Sans oublier Vladimir Poutine pour qui « celui qui dominera l’Intelligence artificielle dominera le monde ». Des messages apocalyptiques qui feraient froid dans le dos… si l’on n’entrevoyait pas derrière des tentatives de freiner la concurrence ou des inquiétudes voilées quant à la perte d’un monopole.

Or, freiner ou renoncer à ses développements reviendrait à les livrer aux autres, à ceux qui n’y renonceraient pas. On comprend aisément les conséquences sur le plan géopolitique d’un tel choix, ce que professe la sentence de Vladimir Poutine.

Ainsi, les implications que cette intelligence augmentée auront sur la société sont immenses, ce qui rend absolument crucial son encadrement et sa régulation par la politique. La vraie, celle qui place la population d’un territoire donné au-dessus de toute autre considération. En son absence, c’est laisser un enjeu d’une portée historique aux mains de grands groupes, qui n’ont que faire de l’humain, et tout à faire du profit… ou pire, du darwinisme social.

Car comme le rappelle si justement Luc Julia, derrière les froids algorithmes, il y a toujours un homme avec ses opinions propres : c’est lui qui choisira de quoi gaver la machine. Ses opinions influenceront donc tout le processus, d’où le danger qu’il représente dans un Occident abruti de politiquement correct et toujours plus dominé par le capitalisme woke.

 

Quant aux rapports humains, il serait assez banal de professer de retourner à vivre, dehors, là où la vraie vie se consomme encore. Pourtant, éteindre son smartphone ou son ordinateur, se fixer des limites dans leur utilisation tout en se servant de toute la technologie à notre portée sans en être esclave, imposer à ses enfants un temps de consultation, reste encore la meilleure façon de se rebeller à un système qui nous veut connecté 24h/24, dont la seule liberté serait celle de choisir, apathique, quelle série réalisée par des versions artificielles d’acteurs regarder en streaming, en ingurgitant de la malbouffe synthétique commandée on line, préférablement seuls, Alexa pouvant entretenir une conversation… aussi fausse qu’elle-même.

Audrey D’Aguanno

Crédit photo : Pixabay

[cc] Breizh-info.com, 2023, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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Une réponse à “L’Intelligence Artificielle générative un danger pour l’humain ? (2)”

  1. Pschitt dit :

    La phrase de Vladimir Poutine que vous citez (“celui qui dominera l’Intelligence artificielle dominera le monde”) date déjà de plusieurs années. Le président russe évoquait par là une automatisation du champ de bataille (toujours son obsession militariste), mais il était peut-être inspiré par des films de science-fiction déjà anciens, il pensait davantage robotique qu’IA proprement dite. Il a lancé un grand programme de recherche en IA, en promettant d’ailleurs de faire bénéficier le monde de ses découvertes, mais on n’a pas vu grand chose jusqu’à présent. (La Russie a beaucoup de bons informaticiens applicatifs, mais reste en retard sur le plan fondamental.) C’est un motif de confiance relative : l’IA n’est probablement pas aussi menaçante que le disent certains gourous, y compris celui de Moscou.

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