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Au milieu des crèmes et des pots, l’annonce se fait discrète, dans ce Carrefour market nantais : « avis aux personnes qui oublient de passer en caisse. Nos caméras sont dotées d’une intelligence artificielle permettant de nous alerter de n’importe quels faits et gestes suspects avec notre marchandise (dans les vêtements, sacs à dos, poches). Nous sommes donc en mesure de vous voir et de porter plainte par la suite ». Cette annonce – comme bien d’autres témoignent du malaise des gérants de supérettes face à la hausse du nombre des vols.
Dans une autre supérette, l’annonce précise qu’il y a « trois vols par jour pour une valeur moyenne de 50 euros ». Cependant, comme le relève un policier nantais, « beaucoup de vols ne sont pas poursuivis. Dès que ce sont des petites sommes, de la nourriture, les voleurs savent qu’ils ne risquent rien s’ils courent vite. Et puis on est débordés, on ne va pas courir derrière quelqu’un qui vole un saucisson ou des piles ».
Sauf que bien des vols ne sont pas juste pour vivre ou survivre. « Dans le supermarché où je travaille, on en a eu un qui a rempli trois sacs avant de contourner les caisses et de s’enfuir. Je l’ai coursé et j’ai récupéré la marchandise, il y en avait pour 200 euros. Du poulet, des charcuteries, du laitage… mais aussi des bouteilles de vin à 15-20 euros, c’est inadmissible ».
L’inflation abaisse le tabou du vol
Cependant l’inflation – et, parfois, les pratiques de certains commerces, tendent à abaisser les barrières morales. « Tout coûte de plus en plus cher dans le centre de Nantes, et ce n’est pas justifié – puisque les mêmes produits en banlieue coûte moins », relève un étudiant qui avoue « voler de temps en temps pour améliorer l’ordinaire. Leurs prix, c’est du vol, alors voler ça remet l’équilibre ». Bon sujet de philosophie, ça. « Le plus simple, ça reste de prendre des produits en date courte, c’est 25, 30% de moins », confie un autre étudiant.
« Mais certains magasins font n’importe quoi : dans mon quartier, il y a une supérette qui gonfle ses prix, et c’est 20, pas plus. Du coup même avec la réduction, les produits sont plus chers qu’à cinq cent mètres, non réduits ! Et en plus il faut bien vérifier que les caissiers passent les réductions, car de façon systématique, si on a les yeux ailleurs ils ne le font pas. Donc oui, ça m’arrive de leur piquer des sandwichs, j’assume ».
« Tous ces vols, ça fait les affaires des vendeurs de caméras »
Un gérant de supérette dans l’hypercentre soupire, « tous ces vols, ça fait les affaires des vendeurs de caméras… mais pour ma part je me suis bien rendu compte que pour la majorité des vols on ne peut rien faire. J’ai des salariés qui se servent, ça arrive régulièrement, je les vire, j’en trouve d’autres qui le font aussi. Ou ils s’emparent du rouleau des -30% [dates courtes à prix remisés] et le mettent sur des produits qui ne devraient pas l’être ». Certains magasins confient d’ailleurs à un responsable de valider manuellement les -30% aux caisses, ce qui a surtout le don de tout ralentir.
« On a des vols avec les livraisons, on le voit aux caméras parce qu’ils ne s’embêtent même pas, ils se servent devant nous ou juste à la porte du magasin – on réclame que tel ou autre livreur ne revienne pas, c’est un combat sans fin. On a des vols par des personnes qu’on sait insolvables, des enfants mineurs, des collégiens qui viennent à 10-15. C’est impossible de prouver qui fait quoi, si on dit quoi que ce soit c’est le bazar. Donc on se résigne… et tout le monde paie plus cher ».
LM
Illustration : DR
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3 réponses à “Nantes : Toujours plus de vols dans les superettes”
Quand on vois qui sont les livreurs maintenant , ce n’est guère étonnant de les voir volés , quelques soient la société de livraison en France , dés que vous avez de ces personnes dedans vous êtes sur d’avoir des vols.
Retour à la Justice seigneuriale, rapide, impitoyable, efficace donc éducative.
beaucoup de vols ne sont pas poursuivis! tout est dit!