Le Rassemblement national aux législatives en Corse : analyse

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La victoire du Rassemblement National en Corse au premier tour a provoqué un séisme dans sa vie politique. Pour la première fois, des candidats RN se qualifient pour le second tour. Par le passé, les élections législatives en Corse revêtait un caractère essentiellement locale. Ce qui est particulièrement choquant, c’est que 3 candidats sur 4 du RN ne sont pas corses et sont arrivés très récemment en Corse. Le caractère de cette élection est donc inédit.  

Au niveau national, il y a une dynamique RN très forte, notamment depuis les élections européennes de 2024, 7 millions de voix, mais également depuis l’élection de 88 députés RN en 2022. Ces élections législatives sont donc la conséquence  de la victoire de la liste de Jordan Bardella aux européennes conduisant donc à une dissolution de l’Assemblée Nationale. Près de 10.5 millions au premier tour des législatives. Les électeurs affirment donc leur opposition à l’immigration tout en voulant une augmentation du pouvoir d’achat. 

  1. Le bloc du Rassemblement National. (18%) 

Aujourd’hui, le RN, c’est 45.000 voix aux législatives. Le vote en faveur du Rassemblement National (RN) incarne à la fois une sanction contre la majorité territoriale nationaliste et un rejet populiste de la politique d’Emmanuel Macron. Les électeurs en Corse semblent épuisés par l’inaction sur des questions cruciales telles que le pouvoir d’achat, l’immigration et l’insécurité. 

Au sujet de la composition ethnique du vote RN. Il me semble excessif de penser qu’il ne serait qu’un vote des Français. Le RN fait près de 11.000 voix dans la 2eme circonscription de Haute-Corse, il me semble absurde de penser qu’il n’y aurait que des Français votants pour le RN. Une grande partie des corses ont donc voté pour le RN, et une partie de l’électorat nationaliste aussi. Pour des militants, cela semble incohérent, et cela l’est évidemment. Néanmoins, le vote n’est absolument pas une question de cohérence dans un système démocratique. Les militants sont très politisées, nous connaissons les  positions de l’ensemble de la classe politique, mais les électeurs non. Pour un électeur moyen, voter RN c’est voter pour moins d’immigrés et plus de pouvoir d’achat en plus d’être un vote contestataire. Par exemple, de nombreux de militants ont regardé le débat, nous avons naturellement été surpris par une telle médiocrité par les candidats RN. Mais est-ce que les gens s’intéressent vraiment au débat ? Je pense que la plupart des gens ont voté pour une liste, pour un parti, et non pour une personne. Ce qui est assez étrange en Corse, mais cela se passe pourtant comme ca. 

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D’un côté, les électeurs considèrent que territorialement, les formations nationalistes, dans leurs nuances, protègent le mieux l’identité corse. Et de l’autre, le Rassemblement national est vu comme le meilleur moyen de protéger l’identité européenne. Ainsi, ce vote pour le RN, à partir des Corses, et aussi des nationalistes, traduit surtout un manque de représentation politique.  

Aujourd’hui, le RN n’a pas d’ancrage local fort comparativement aux deux autres blocs. ¾ des candidats sont des Français parachutés. Ainsi, plus nous ne répondons pas aux questions cruciales pour les électeurs, pouvoir d’achat et immigration, plus le RN s’implantera, plus le RN fidélisera sa base électorale et plus il sera difficile ensuite de récupérer ses voix. Ainsi,  Si les électeurs considèrent que les questions de l’immigration et du pouvoir d’achat ne sont pas correctement défendues par la droite et le camp nationaliste, nous serons balayés par le Rassemblement National. 

  1. Le bloc de la droite républicaine. (13%) 

Parallèlement, une nouvelle droite républicaine émerge en Corse, incarnée par des figures telles que François Xavier Ceccoli, Laurent Marcangeli, et Valérie Bozzi, qui rassemblent environ 31.700 voix. François Xavier Ceccoli est le candidat ayant reçu le plus de voix en Corse au premier tour, avec un ancrage local particulièrement fort, de nombreux maires de villes et des villages importants de sa circonscriptions le soutiennent dans sa démarche. Ce bloc de la droite républicaine pourrait être en mesure à terme de capter les voix du RN et du bloc nationaliste. Sachant qu’aujourd’hui, le bloc de la droite républicaine réussit déjà à capter une partie de l’électorat nationaliste. Si cette droite désire affaiblir la position du RN en Corse, il est impératif de s’emparer du discours anti-immigration et pro-pouvoir d’achat. L’implantation locale croissante du RN pose une menace à laquelle la droite devra répondre efficacement si elle compte peser à l’avenir. Notamment au niveau des prochaines territoriales.  

Il y a donc trois blocs en Corse. Un bloc nationaliste (20%), un bloc de la droite républicaine (13%) et un bloc RN (18%). Les trois blocs penchent à droite. Une droitisation du discours politique s’avère naturelle dans le temps. Il est probable que le bloc nationaliste et le bloc de la droite finissent par trouver des ententes. C’est le mouvement naturel. Pour contrer le RN, il est nécessaire de former une coalition entre les nationalistes et la droite républicaine, en se concentrant sur les questions d’identité, de sécurité, et de pouvoir d’achat. Une entente axé sur un triple axe : autonomie – anti-immigration – hausse du pouvoir d’achat. La base électorale d’une telle configuration atteindrait les 70.000 voix. Pour y parvenir, il faut abandonner la politique d’ostracisation et récupérer les électeurs corses qui se sont tournés vers le RN par ce discours anti-immigration et de baisses d’impôts. Globalement, le bloc de droite républicaine doit apporter la partie économique et sociale, et le bloc nationaliste doit apporter la défense ethnique, c’est-à-dire la reconnaissance du peuple corse, le refus de l’immigration française ou africaine, et l’autonomie. 

Matisse Royer (https://x.com/MatRoyer_2a)

Illustrations  : DR
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2 réponses à “Le Rassemblement national aux législatives en Corse : analyse”

  1. JLP dit :

    Blablabla. Combien de députés pour les nationalistes ? combien pour la droite corse ? combien pour le RN ? combien pour le NFP ? Avec quels pourcentages et quels taux de participation ? L’art est difficile…

  2. Henri dit :

    En clair, il s’agit d’enfumer els électeurs du RN et de les attirer vers des partis plus « présentables ». Air connu depuis longtemps sur le Continent !

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