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Le paysage brassicole européen s’apprête à prendre un tournant décisif avec la création des Brasseurs Indépendants d’Europe (IBE), une initiative portée par dix pays dont la France, représentée par le Syndicat National des Brasseries Indépendantes (SNBi). L’objectif ? Défendre la diversité brassicole artisanale face à la domination croissante des grands groupes internationaux. Cette nouvelle alliance vient répondre à une problématique qui affecte la bière européenne depuis plusieurs décennies : la concentration du marché et la standardisation des goûts.
La genèse de l’IBE
Lancé en 2018, l’IBE est né d’une volonté commune de brasseries indépendantes issues de plusieurs pays européens, dont l’Allemagne, l’Italie, et le Royaume-Uni, de créer un front uni face aux défis auxquels elles sont confrontées. Cependant, c’est en janvier 2024 que l’organisation prend officiellement forme, avec pour ambition de défendre un secteur en pleine mutation. Les acteurs nationaux, qu’ils soient issus de Pologne, de Finlande ou de République tchèque, se sont engagés à un dialogue transfrontalier pour renforcer leur position face aux géants de l’industrie.
Les enjeux majeurs
Le marché de la bière, historiquement diversifié en Europe, est aujourd’hui menacé par la concentration d’un petit nombre de multinationales qui, sous des étiquettes multiples, commercialisent des produits souvent homogènes. En apparence, le consommateur pourrait penser avoir un large choix, mais en réalité, la diversité s’amenuise au fil des années. Les brasseurs indépendants dénoncent cette « illusion du choix », un argument central de la campagne de l’IBE.
Les brasseries artisanales, qui valorisent des méthodes de fabrication ancestrales et locales, peinent à rivaliser avec les mastodontes de l’industrie, capables de pratiquer une guerre des prix à laquelle les petits producteurs ne peuvent faire face. La question des pratiques commerciales déloyales, des informations mensongères sur la provenance des produits et du marketing omniprésent des grands groupes est au cœur des préoccupations de l’IBE.
Des objectifs clairs
L’IBE s’est fixé plusieurs missions. D’une part, représenter les intérêts des brasseurs indépendants auprès des institutions nationales et européennes, notamment à Bruxelles. D’autre part, assurer une meilleure transparence des informations données aux consommateurs, notamment sur l’origine des bières, pour qu’ils puissent faire un choix éclairé. Les brasseurs indépendants souhaitent également renforcer leurs échanges sur des thématiques aussi diverses que l’approvisionnement en matières premières, la taxation ou encore les normes légales qui régissent le secteur.
Pour l’IBE, il ne s’agit pas de s’opposer frontalement aux multinationales, mais de réclamer un cadre équitable où les brasseries artisanales auraient les moyens de se faire connaître et de croître, tout en préservant leur identité et leurs spécificités régionales.
Une diversité menacée
L’Europe est un véritable berceau pour la bière, avec des styles et des saveurs qui varient d’un pays à l’autre, voire d’une région à l’autre. De la pils tchèque à la bière trappiste belge, en passant par les ales britanniques et les lagers allemandes, la richesse brassicole européenne est incontestable. Mais ce patrimoine est de plus en plus menacé par la mondialisation des goûts et des pratiques. L’IBE entend bien jouer un rôle dans la préservation de cette diversité, en soutenant les petits producteurs qui sont souvent les garants de ces traditions
En France, le SNBi se félicite de cette avancée. Le secteur des brasseries indépendantes a connu un véritable essor ces dernières années, avec une multiplication des microbrasseries dans toutes les régions. Ces structures artisanales, souvent de petite taille, proposent des bières de qualité, ancrées dans leur terroir et leurs savoir-faire locaux. Mais elles se heurtent aux mêmes difficultés que leurs homologues européens : un manque de visibilité face à l’omniprésence des produits industriels et des pratiques commerciales parfois abusives de la part des grands groupes.
Pour les brasseurs français, rejoindre l’IBE, c’est participer à un mouvement plus large, à l’échelle européenne, pour défendre leurs droits et ceux des consommateurs. La France, avec ses centaines de brasseries artisanales, espère ainsi peser dans les discussions à Bruxelles et dans les débats sur la régulation du secteur brassicole.
Un avenir à défendre
L’IBE ne se contente pas de faire un constat alarmant sur la situation actuelle. L’organisation se veut proactive et propose plusieurs pistes de travail, notamment en matière de législation, pour permettre aux brasseries indépendantes de prospérer. Parmi les sujets de discussion : la mise en place de réglementations plus strictes sur la transparence des étiquetages, la lutte contre les pratiques commerciales déloyales et le renforcement de la protection des indications géographiques pour les bières.
Le chemin est encore long, mais l’IBE, avec le soutien de ses membres, entend bien faire entendre sa voix et promouvoir une autre vision de la bière en Europe : une bière de qualité, diversifiée, et respectueuse des traditions locales.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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2 réponses à “Brasseurs Indépendants d’Europe : unis pour défendre la diversité brassicole face aux géants industriels”
Vive les Artisans Brasseurs du » Thé aux houblons » le problème , c’est que les pignoufs de nos gouvernements ne supporte pas la libre entreprise , surtout si celle-ci est local avec réel savoir faire .
Dans les linéaires des grandes surface, il n’y a pour ainsi dire plus de bières brunes, au profit de pseudo-bières doucereuses : la bière de dégustation est remplacée par la bière de soif ! Snif.