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Figure de proue du féminisme, Simone de Beauvoir a consacré une partie de son existence à théoriser ce courant de pensée et une autre à faire le contraire de ce qu’elle professait, notamment en matière de comportement sexuel, ou en se faisant enterrer dans le caveau de Jean-Paul Sartre après avoir décrié les femmes illustres qui vivent dans l’ombre d’un homme. Elle est en outre l’objet de récupérations pas toujours à propos, notamment lorsque elle est présentée comme précurseur de la théorie du genre.
Destin inévitable, quand on est si souvent citée sans avoir été lue, pourra-t-on objecter. Sauf que ce n’est pas exclusivement le fait de militantes imbues d’aphorismes pêchés sur le net et voulant dépasser le stade «Bouffe ma chatte, pas mon salaire », mais aussi celui de penseurs du genre les plus influents, telle Judith Butler.
Or, en allant à fond de la lecture de son œuvre majeure, Le Deuxième Sexe, on se rend compte que Simone de Beauvoir, bien qu’auteur du mantra « On ne naît pas femme, on le devient« , nie la possibilité de changer de sexe.
En effet être femme, c’est pour la théoricienne existentialiste non seulement un processus culturel et social, mais également empirique, qui relève de l’expérience personnelle de l’individu. Ce dernier point est particulièrement important pour Beauvoir qui insistera longuement sur le fait que ce serait dès la prime enfance que l’on « programmerait » le nouveau-né à devenir femme : « Le petit bébé féminin est fabriqué pour devenir une femme« . La différenciation sexuelle serait induite à travers tous les gestes du quotidien, comme durant l’allaitement où les nourrissons recevraient le sein de leur mère de manière différente selon qu’ils sont fille ou garçon. Tout au long de la vie, la société imposerait ses injonctions et l’altérité son regard sur des êtres asexués qui se sexualiseraient en fonction de ces facteurs. Voilà ce que nous dit Simone de Beauvoir.
« l’intervention d’autrui dans la vie de l’enfant est presque originelle et dès ses premières années sa vocation lui est impérieusement insufflée. »
Si donc être femme, c’est grandir en tant que fille, si c’est la société, ses codes, ses représentations, sa culture qui font que l’être se construit en tant que femme, que c’est le regard des autres qui vous considère tel, alors, il est impossible de changer de sexe. Aucun enfant né biologiquement mâle – pour parler comme les militants du transgenrisme – n’aura vécu ses premières années si décisives selon la théoricienne comme une fille, il ne pourra jamais être pleinement femme. Il manquera toujours aux personnes transgenres nées homme cette expérience déterminante qui « fonde » la femme, à savoir grandir en tant que femme.
Nous ne doutons pas un instant que des garçons soufrent de dysphorie de genre dès l’enfance. Que certains d’entre eux s’habillent, se comportent en fille dès leur plus jeune âge. Mais cette expérience ne sera jamais identique à celle des filles biologiques. Le regard que la société lui porte ne sera jamais le même que celui qu’elle porte à une fillette. Elle ne le regardera certes peut-être pas comme elle regarde un garçon, elle le regardera différemment. Il sera autre chose, ce regard « fabriquera » autre chose, quand bien même les ablations et les chirurgies esthétiques aient fait des miracles.
Et cela, les apôtres de la théorie du genre, adeptes des réductions faciles et des slogans absurdes, semblent l’oublier. Ou plutôt, feignent de l’ignorer, désireux qu’ils sont d’associer à leur théorie fumeuse les noms de penseurs éminents qui font autorité. Même si, cette Madame de Beauvoir en a dit vraiment beaucoup, des balivernes. Car, si le devenir femme est aussi un processus culturel, il est avant tout une donnée biologique, qu’on le veuille ou non, qu’on joue sur les mots ou non, qu’on enveloppe la chose de vocables sociologiques qui donnent l’air instruit ou non.
Simone de Beauvoir, théoricienne féministe et rabatteuse (1)
Audrey D’Aguanno
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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3 réponses à “Selon Simone de Beauvoir, changer de sexe est impossible (3)”
Article Interessant …
Mais c’est aux femmes de répondre, pas aux hommes.
L’auteur de l’article est une femme, qui évoque le récupération d’une thèse d’une philosophe par une autre. On ne peut faire moins féminin !
normal comme elle était pas complètement idiote elle avait compris que DAME NATURE EST LA PLUS FORTE
Meme mieux maintenant on vous promet avec les progrès d’allez vers l’immmortalite sans vous dire qu’il y aura des barrières a commencer par L’argent !!! voir les oreilles décollées etc ce que vous ne supporterez pas avec vos caprices
amities