La Vuelta ressemble décidément à une longue sieste ibérique. On voudrait s’y accrocher comme à une fiesta rouge et or, mais la première semaine n’a offert qu’un spectacle soporifique : pas de drame au général, peu de suspense, et un peloton qui se suit sans se regarder. Le seul intérêt, pour l’instant, est ce classement serré, resserré comme un corset, qui entretient l’illusion de la bagarre à venir.
Ayuso, des larmes aux flammes
Hier, au sommet de Cerler – Huesca La Magia, Juan Ayuso a joué les phénix. La veille, il s’était effondré comme un château de sable sous l’orage, perdant plus de sept minutes et tout espoir de maillot rouge. Le lendemain, il s’élançait seul dès la première rampe, plantant là ses rivaux comme des figurants. À l’arrivée, il savourait sa victoire en se bouchant les oreilles : un geste pour les critiques, une revanche pour l’orgueil.
Derrière, Torstein Træen, gardien placide du général, n’a pas tremblé. L’échappée du jour a fait son cirque, les suiveurs ont compté les secondes, mais rien n’a vraiment bougé. Le Norvégien garde le rouge, Vingegaard veille à deux minutes trente, et la Vuelta ronronne.
Aujourd’hui, le peloton se glisse entre Monzón Templario et Saragosse sur 163 kilomètres tout plats. Un terrain livré aux sprinteurs, ces esthètes du dernier hectomètre qui patientent comme des félins en cage depuis une semaine. Les favoris du classement général pourront s’assoupir, les directeurs sportifs parleront d’« étape de transition », et les téléspectateurs chercheront un café corsé pour tenir jusqu’au sprint.
Le départ est prévu à 13 h 40, l’arrivée entre 17 h 20 et 17 h 40, pour ceux qui auront trouvé la patience d’attendre le bouquet final.
Au fond, cette Vuelta 2025 ressemble à un roman dont l’auteur retarde sans cesse l’action principale. On nous promet des pages enflammées, mais pour l’instant ce ne sont que notes de bas de page. Ayuso a bien tenté d’éclairer la grisaille, mais une hirondelle ne fait pas le printemps, surtout quand le ciel espagnol reste bouché par la prudence des leaders.
Alors on attend, on se dit que l’ennui finira par accoucher d’un orage. Mais il faudra encore tourner quelques pages avant que la Vuelta ne devienne autre chose qu’un livre de chevet soporifique.
Place ce week end, à la Bretagne Classic….femmes ce samedi, hommes ce dimanche !
YV
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