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Nous vous proposons dans cette rubrique de découvrir l’histoire des Saints Bretons. Les saints bretons désignent des personnalités bretonnes vénérées pour le caractère exemplaire de leur vie d’un point de vue chrétien. Peu d’entre elles ont été reconnues saintes par la procédure de canonisation de l’Église catholique (mise en place plusieurs siècles après leur mort), mais ont été désignées par le peuple, leur existence même n’étant pas toujours historiquement attestée. La plupart des vitae de saints bretons qui nous sont parvenues datent en effet des ixe et xe siècles ou ont été réécrites dans le contexte de la réforme grégorienne qui induit parfois les clercs à remodeler les documents hagiographiques, issus de traditions orales transmises aussi bien dans le vieux fond populaire que dans le milieu savant, dans leur intérêt (légitimation de la figure épiscopale, du bien-fondé d’une réforme d’une communauté monastique). Le développement du culte de ces saints se développe au Moyen Âge tardif lorsque plusieurs familles de l’aristocratie bretonne s’approprient les légendes hagiographiques en justifiant par des arguments généalogiques, de la protection particulière d’un saint ou de son adoption comme ancêtre de substitution dans leurs lignages.
Les historiens actuels éprouvent encore beaucoup de difficultés pour distinguer entre imaginaire et réalité. L’historicité des épisodes de la vie de ces saints reste ainsi souvent douteuse car ces épisodes se retrouvent dans l’hagiographie tels qu’ils apparaissent dans les coutumes ou dans le folklore. La structure même du récit des vitae se rencontre dans d’autres Vies de saints dont les auteurs reprennent généralement des « conventions littéraires d’un modèle biblique qui façonnait leurs modes de pensée et d’expression ».
En 2022, environ 170 saints bretons sont représentés, chacun par une statue, à la Vallée des Saints, en Carnoët.
Le 7 Novembre, c’est la Saint Ildut
Sa Vita (Vita Sancti Iltuti) est conservée dans le manuscrit Cotton MS.Vespasian A xiv amd, et sous sa forme actuelle datée d’environ 1140, comme l’indique une mention dans le § 7 de Dubrice de Llandaf qui démontre l’influence du Book of Llandaff (en), daté également de vers 1140.
Selon ce texte résumé par Peter Bartrum, Iltud est le fils de Bicanus, un prince de Letavia (Llydaw) c’est-à-dire en Bretagne armoricaine. Sa mère est Rieingulid (Rhieinwylydd), fille d’Amlawdd Wledig, un roi de Britannia, c’est-à-dire du Pays de Galles. Ses parents souhaitent le consacrer à la vie religieuse mais il étudie d’abord la littérature, et ensuite l’art militaire. Il souhaite rencontrer son cousin le roi Arthur, dont il a entendu vanter les mérites et se rend à sa cour où il est impressionné par la réception qui lui est réservée. Il entre au service de Poulentus, rex Gulat Morcanensium (Pawl Penychen), le fils du roi Glywys, accompagné par son épouse, Trynihid. Il gagne rapidement son affection et il est intégré dans la maison royale.
Un miracle accompli par saint Cadou le convainc de devenir moine. Illtud quitte son épouse et s’installe dans une belle et fertile région nommée Hodnant. Avec l’accord et l’aide de saint Dubricius, évêque de Llandaf, il fonde une église (ecclesia) à cet endroit. Il est rejoint par de nombreux moines qu’il forme à la connaissance des sept arts. Samson de Dol, Pol de Léon, Gildas le Sage et Dewi de Ménevie sont mentionnés comme ses disciples. Merchiaunus Vesanus (Meirchion Wyllt), le roi de la région d’abord froissé qu’Illtud s’y soit installé sans son accord est ensuite impressionné par la piété et les miracles du saint, et lui concède des domaines afin qu’il développe son implantation. Il accomplit un premier miracle puis un autre est réalisé par Samson qui est ordonné par Dubricius. Ce dernier fait ses adieux à Illtud à un endroit qui conserve son nom avant de partir pour la Letavia où il devient évêque de Dol. Pendant ce temps, Trynihid, l’épouse d’Illtud, s’était retirée dans la solitude sur une montagne où elle fonde un oratoire. Illtud lui rend visite mais il la désapprouve et la rend temporairement aveugle. Elle retourne à sa solitude et ne reçoit plus jamais la visite de son ex époux.
Un intendant du roi Meirchion afflige Illtud, et en conséquence fond comme de la cire devant un feu. Lorsque Meirchion tente de se venger contre Illtud, le saint se retire dans une grotte secrète sur la rive de l’Ewenny, déchiré, et y reste un an et trois jours. Son ancien disciple Gildas le Sage envoie une cloche par messager à Dewi. En chemin, le messager passe devant la grotte d’Illtud. Celui-ci entend la cloche, et attiré par la pureté du son, demande à l’homme où il va. Quand la cloche est remise à Dewi à Mynyw, elle ne sonne plus. Dewi en devine la raison et ordonne au messager d’apporter la cloche à Illtud. Sa cachette est donc découverte et les moines du monastère le ramènent pour être abbé. Un autre méchant intendant de Meirchion est englouti par un marais sur intervention du saint. Meirchion furieux monte avec une armée au monastère mais lui aussi se fait avaler par la terre. Puis Illtud se retire dans la grotte de Lingarchia [Llwynarth] où il reste trois ans.
Illtud envisage enfin de visiter son héritage en Letavia. Avant de partir, il ordonne à ses intendants de battre tout le grain dans trois granges et de le placer dans des greniers. Puis il voit dans un songe des gens affligés par la faim. À la suite de ses prières, le grain qui avait été stocké est miraculeusement transporté dans la région affligée, se trouvant dans un port de Letavia. Illtud rentre en Britannia (Pays de Galles) mais quand il sent sa mort prochaine il revient en Letavia où il meurt dans le monastère de Dol de Bretagne un 6 novembre.
Crédit photo : Wikipedia
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Une réponse à “A la découverte des Saints Bretons. Le 7 Novembre, c’est la Saint Ildut”
Mais le plus important et c’est pour cela qu’il n’est pas oublié il remonta une ria l’aber Ildut et fonda Lanildut.