Antifa dans l’ombre : le réseau numérique clandestin qui infiltre l’Europe

Derrière l’image soignée du cyberactivisme scandinave se cache un réseau d’influence plus sombre. Peter Sunde Kolmisoppi, cofondateur du célèbre site de partage de fichiers The Pirate Bay, est aujourd’hui accusé d’avoir facilité la mise en place de l’un des écosystèmes numériques les plus sophistiqués liés au mouvement d’extrême gauche mondial. Via ses entreprises Ab Stract et Privactually Ltd, Sunde fournirait l’infrastructure technologique des sites web associés à la mouvance Antifa et à ses filiales européennes, permettant ainsi la coordination anonyme, les campagnes de doxxing et la collecte de fonds transnationale.

Des enquêtes ont révélé que le service d’anonymisation de Sunde, Njalla, lancé en 2017 et commercialisé comme un outil de protection de la vie privée, est souvent utilisé pour cacher les opérateurs de sites extrémistes. Parmi ceux-ci, on trouve des plateformes comme Antifa.se en Suède, Redox.dk au Danemark, Nazifrei.org en Suisse et Antifainfoblatt.de en Allemagne, toutes accusées de publier des infos privées sur des journalistes, des politiciens et des militants de droite.

Dans plusieurs cas, ces campagnes ont directement visé des membres de Junge Tat, un mouvement de jeunesse patriote en Suisse, et d’autres militants du mouvement identitaire européen. Leurs membres ont été victimes de harcèlement, de licenciements et de menaces à la suite d’opérations coordonnées de doxxing. Selon Tobias Lingg, le leader de Junge Tat, les publications de ces sites ont « conduit à un harcèlement généralisé et à une destruction sociale ciblée », un schéma désormais documenté dans plusieurs pays européens.

Au-delà de la Scandinavie, l’infrastructure de Sunde relie ces groupes Antifa européens aux réseaux d’extrême gauche américains. Les États-Unis, en vertu de nouvelles directives antiterroristes, ont classé la mouvance Antifa comme une organisation terroriste nationale, ouvrant la voie à des sanctions contre les individus et les entités qui fournissent un « soutien matériel » à ses opérations. Si les entreprises de Sunde sont reconnues coupables d’héberger ou de traiter des paiements pour ces groupes, elles pourraient être soumises à la législation antiterroriste américaine.

L’ampleur du réseau est transnationale. En Allemagne, par exemple, Antifainfoblatt.de est identifié par les autorités comme un centre de propagande et de coordination pour les branches militantes de la mouvance Antifa, soutenant les efforts de collecte de fonds pour des extrémistes condamnés tels que les membres du « Hammer Gang ». Lire notre article de Martin Kuziel. Au Danemark, le site Redox.dk continue de publier les données personnelles d’opposants politiques, malgré des condamnations antérieures pour diffamation. Et en Suède, Antifa.se a à plusieurs reprises divulgué les coordonnées personnelles d’élus du parti des Démocrates suédois, Njalla protégeant les véritables opérateurs du site contre les forces de l’ordre.

Selon les mêmes enquêtes, Ab Stract et 31173 Services AB agissent en tant que fournisseurs d’accès Internet pour Njalla, permettant à ces sites de rester en ligne indépendamment des hébergeurs traditionnels qui coopèrent avec la police et les tribunaux. Les transactions financières, quant à elles, passent par la société offshore Privactually Ltd, basée à Chypre, un arrangement qui rend encore plus floues la responsabilité et la propriété.

Plusieurs enquêtes indépendantes indiquent également que les infrastructures anonymisantes liées à Njalla auraient servi à héberger des contenus illégaux ou à dissimuler des activités illicites sur le dark web. L’absence de coopération de certaines de ces structures avec les autorités alimente les inquiétudes quant à l’usage de ces outils par des réseaux extrémistes ou délinquants.

Le parcours personnel de Sunde ajoute à la controverse. Déjà condamné à verser plus de 11 millions de dollars à des studios hollywoodiens pour violation du droit d’auteur, il aurait des dettes impayées dépassant 128 millions de couronnes suédoises auprès de grands groupes médiatiques. Ses actifs seraient protégés par des mandataires, des sociétés écrans et même des clauses testamentaires empêchant leur saisie, ce qui soulève d’autres questions sur l’opacité financière entourant ses entreprises.

Les implications vont au-delà de l’activisme politique. Les Antifas étant désormais désignés comme une entité terroriste aux États-Unis, les décideurs politiques européens sont soumis à une pression croissante pour examiner comment les infrastructures numériques implantées dans l’UE peuvent faciliter les activités extrémistes à l’étranger. Certains parlementaires suédois, dont des membres du parti Démocrates de Suède, ont déjà proposé des motions au niveau national et européen pour envisager des classifications similaires.

Face à ces révélations, l’Europe ne peut plus ignorer la réalité du danger que représentent les réseaux liés à l’ultragauche radicale. Ce qui se présente comme un mouvement « antifasciste » s’est, dans les faits, transformé en une structure transnationale capable de surveiller, harceler et déstabiliser ses opposants politiques sous couvert d’activisme. L’exemple américain marque un tournant. L’Europe doit en tirer les leçons : tant que ces réseaux bénéficieront d’infrastructures techniques, de financements opaques et d’une tolérance politique, ils continueront à miner la stabilité et la sécurité intérieure du continent. Il est temps pour les autorités européennes d’assumer une position claire : interdire les structures antifas, comme les États-Unis l’ont fait, et démanteler les réseaux numériques qui leur permettent d’agir dans l’ombre.

Cet article s’appuie sur le travail d’enquête du journaliste suédois Christian Peterson, qui a notamment alerté l’administration Trump sur les milieux antifascistes en Suède et sur la menace qu’ils représentent pour la démocratie suédoise et européenne.

Matisse Royer (Vox Europa Herald)

Illustration : Pixabay (cc)
[cc] Article relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par ChatGPT.

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