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Longtemps présenté comme l’un des symboles du renouveau industriel et culturel américain, le bourbon traverse une crise brutale. Une nouvelle faillite, survenue juste avant Noël, confirme que le secteur du whiskey américain est entré dans une phase de reflux sévère, après deux décennies d’expansion quasi ininterrompue.
Une distillerie de plus en faillite
Basée dans l’Ohio, la distillerie AM Scott, fondée en 2022 à Troy, a déposé le bilan le 22 décembre 2025. L’entreprise, qui produisait gin, vodka, bourbon et rye whiskey, affirme vouloir poursuivre son activité pendant une phase de restructuration, accompagnée de réductions de coûts. Elle rejoint toutefois une liste de plus en plus longue d’acteurs emportés par la contraction du marché.
Cette annonce intervient à peine une semaine après la décision spectaculaire de Jim Beam, l’un des noms les plus emblématiques du bourbon, de suspendre pour au moins un an la production dans sa distillerie historique de Clermont, dans le Kentucky. Une mesure rarissime pour une maison fondée il y a près de 230 ans.
La fin d’un pari industriel
Pendant des années, les producteurs américains ont massivement investi, convaincus que la demande mondiale pour le bourbon continuerait de croître. Porté par la mode des cocktails, l’export et une frénésie d’achats durant les confinements, le marché semblait alors sans limite. Résultat : des millions de fûts ont été mis en vieillissement, un engagement financier lourd dans une industrie où les stocks ne deviennent commercialisables qu’après plusieurs années.
Aujourd’hui, ce pari se retourne contre ses promoteurs. Le seul Kentucky abrite désormais environ 16 millions de barils de bourbon en maturation, soit plus de trois fois le volume stocké il y a quinze ans, alors même que la consommation ralentit et que les distributeurs peinent à écouler leurs réserves.
Chute des exportations et sanctions commerciales
La crise est accentuée par un net recul des exportations. Au deuxième trimestre 2025, les ventes de spiritueux américains à l’étranger ont reculé de 9 % sur un an, le whiskey étant particulièrement touché. Le choc le plus violent provient du Canada, autrefois marché clé, où les exportations de bourbon se sont effondrées jusqu’à 85 %, dans un contexte de tensions commerciales et de boycotts liés aux politiques tarifaires américaines.
Les autres grands marchés ne compensent pas cette perte. Les livraisons vers l’Union européenne, le Royaume-Uni et le Japon — qui concentrent l’essentiel des exportations américaines de spiritueux — sont elles aussi en baisse, privant les producteurs d’un débouché crucial pour absorber les excédents.
Une consommation intérieure en mutation
Parallèlement, les habitudes de consommation évoluent rapidement aux États-Unis. Les enquêtes montrent une baisse globale de la consommation d’alcool, sous l’effet conjugué des préoccupations sanitaires, de la hausse des prix et de la concurrence d’alternatives comme les boissons prêtes à boire, le cannabis légal ou encore certains traitements amaigrissants.
Les jeunes générations, notamment la génération Z, boivent moins fréquemment. Lorsqu’elles consomment, elles privilégient des bouteilles plus haut de gamme, achetées en quantités réduites. Une tendance défavorable aux grandes marques reposant sur des volumes élevés et des produits d’entrée de gamme, comme le bourbon White Label de Jim Beam.
Une crise qui touche tout le secteur
Les difficultés ne se limitent pas à quelques acteurs isolés. Le groupe Diageo a récemment interrompu la distillation sur son site George Dickel, dans le Tennessee. De son côté, Brown-Forman, propriétaire de Jack Daniel’s, a annoncé des suppressions de postes concernant environ 12 % de ses effectifs.
Plusieurs distilleries de taille moyenne ou artisanale ont également sombré : Garrard County Distilling a cessé ses activités, Luca Mariano Distillery s’est placée sous la protection du régime des faillites avec environ 25 millions de dollars de dettes, et la marque historique Kentucky Owl, fondée en 1879, a disparu l’an dernier.
Pour les observateurs du secteur, cette crise rappelle les cycles récurrents qui ont jalonné l’histoire du bourbon. L’expansion rapide, alimentée par l’optimisme et l’effet de mode, a conduit à une surproduction massive, désormais incompatible avec la réalité du marché.
Le retournement actuel constitue « un choc brutal » pour une industrie qui pensait avoir trouvé un modèle durable. La question n’est plus de savoir si le secteur va se contracter, mais combien d’acteurs survivront à l’ajustement en cours.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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7 réponses à “Le boom du bourbon américain se brise : faillites, stocks records et chute des exportations”
Bonjour,
Idem pour le secteur du cognac en france.
La dépendance a été médicalisée. Le festif disparaît. Encore une belle victoire de notre modernité safe.
Cdt.
M.D
Le sort du bourbon ne m’afflige guère, je ne suis ni yankee ni orléaniste. Eviter au bourbon de faire des milliers de kilomètres, c’est écologique… d’autant qu’il reste le whisky écossais et le whiskey irlandais… (le whisky breton, j’en suis un peu revenu !)
Chañs vat d’an oll… 2026 année de l’immersion en breton, que cette infâme piquette à cow-boys disparaisse ce ne sera pas une perte. Ah mais elle va bien finir au Patrimoine de l’Unesco avec l’os à moelle des cannibales.
Pas étonnant. Le bourbon est imbuvable par rapport au whisky dont il n’est qu’une pâle imitation. Sans goût par rapport à un Lafroaigh bien tourbé.
Techniquement parlant, quand on fait partie d’un pays qui met le monde à feu, à sang et en faillite, qui installe et pérennise le chaos, je suppose que ces gens ne s’attendent tout de même pas à des larmes… de bourbon ou d’autre chose de notre part…
@raymond : pas compris votre dernière phrase, vous êtes une vraie énigme parfois ..
Sinatra « old blue eyes » a permis à Jack Daniel’s d acquérir une aura grisante et euphorisante à travers le monde. le tout empreint d une nostalgie délicieuse. à l instar de Jim Beam, la disparition de la magie « Jack Daniel’s » est un triste symbole de la disparition de l âge d or merveilleux idyllique insouciant, de notre belle civilisation occidentale… mais puisque les dociles troupeaux européens, abêtis par le dogme bienpensant, ont choisi de favoriser l islamisation et l africanisation de notre continent, qui a pourtant engendré les plus grands génies, artistes, la plus foisonnante extraordinaire culture, ainsi soit il ….