La dégradation de la situation économique mondiale ne peut plus être expliquée uniquement par des erreurs de politique monétaire ou des choix budgétaires contestables. Selon une analyse récente de l’économiste indépendante Gail Tverberg, la crise qui s’annonce en 2026 trouve ses racines beaucoup plus profondes : dans les limites physiques de l’énergie et des ressources disponibles, face à une population mondiale toujours plus nombreuse.
Une économie mondiale de plus en plus « en K »
Dans de nombreux pays occidentaux, la croissance profite désormais à une minorité, tandis qu’une majorité voit son niveau de vie stagner ou reculer. Ce phénomène, souvent décrit comme une « économie en K », traduit une fracture structurelle : certains groupes sociaux continuent de bénéficier de revenus élevés, de rendements financiers et d’un accès privilégié au capital, tandis que le reste de la population subit la hausse des coûts, l’endettement et la précarisation.
Pour Gail Tverberg, cette configuration n’est pas accidentelle. Elle reflète une réalité matérielle : les ressources énergétiques bon marché se raréfient, ce qui rend de plus en plus coûteuse la production des biens et services indispensables au fonctionnement des sociétés modernes.
Des ressources toujours plus difficiles à extraire
La croissance mondiale du XXe siècle a reposé sur l’abondance du charbon, du pétrole et du gaz. Cette énergie bon marché a permis l’essor de l’agriculture industrielle, des transports de masse, de l’urbanisation et des systèmes de santé modernes. Mais les ressources les plus faciles à exploiter ont été utilisées en premier.
Aujourd’hui, extraire de l’eau potable, des métaux ou des hydrocarbures exige davantage de capital, de technologies lourdes, d’énergie… et donc de dette. Forages plus profonds, mines moins rentables, infrastructures complexes : chaque progrès technique accroît la dépendance à l’endettement.
Dans un tel contexte, la dette est devenue le principal outil pour maintenir artificiellement la croissance. Tant que l’énergie bon marché progressait, ce mécanisme fonctionnait. Mais avec la fin de la baisse des taux d’intérêt et la hausse du coût du crédit, le système atteint un point de rupture.
Les États doivent consacrer une part croissante de leurs recettes au paiement des intérêts. Les ménages les plus modestes voient leurs revenus amputés par le remboursement de crédits de plus en plus chers. La dette enrichit les détenteurs de capitaux et appauvrit ceux qui dépendent de leur travail, accentuant encore la forme en K de l’économie.
Technologie, mondialisation et compression des salaires
L’ajout de technologies toujours plus sophistiquées et les économies d’échelle favorisent les grandes structures et les profils très qualifiés. Dans le même temps, la concurrence internationale pèse sur les salaires des travailleurs peu qualifiés, mis en compétition avec des pays à bas coûts.
L’intelligence artificielle est souvent présentée comme une solution miracle. Mais elle exige elle-même d’énormes quantités d’électricité, d’eau et d’investissements financiers. Selon cette analyse, l’essor de l’IA pourrait ralentir brutalement dès 2026, faute de ressources suffisantes, ce qui pèserait sur les marchés financiers et sur la croissance américaine et européenne.
Pétrole : une demande sous pression, mais des tensions persistantes
Dans une économie où une part croissante de la population n’a plus les moyens d’acheter des véhicules ou de consommer des biens importés, la demande mondiale de pétrole tend à s’affaiblir. Cela exerce une pression à la baisse sur les prix.
Mais cette tendance masque une autre réalité : les carburants lourds, indispensables au transport maritime, aérien et agricole, restent en tension. Cette rareté explique en partie les conflits géopolitiques autour de pays disposant de réserves spécifiques, comme le Venezuela, riche en pétrole lourd.
Contrairement aux discours dominants sur l’inflation, Gail Tverberg estime que la déflation constitue un danger plus sérieux à court terme. Baisse des loyers pour les petits logements, chute des prix de l’immobilier, stagnation ou baisse des salaires : autant de signaux déjà visibles dans plusieurs économies développées.
L’exemple du Japon après les années 1990, ou plus récemment de la Chine, montre que ces dynamiques peuvent s’installer durablement.
« Pain et jeux » pour contenir la contestation
Face à la raréfaction des ressources par habitant, les gouvernements cherchent à éviter les troubles sociaux. Cela passe par des politiques de redistribution minimale, de soutien alimentaire et sanitaire, mais aussi par la multiplication des divertissements de masse. Un parallèle est établi avec la fin de l’Empire romain : le coût du maintien de la paix sociale devient lui-même un facteur d’effondrement.
Pour anticiper les pénuries, certains États envisagent déjà des outils de contrôle renforcé : restrictions de circulation, rationnement, et développement de monnaies numériques de banque centrale. Ces dispositifs permettraient de gérer directement l’accès aux biens essentiels, en fonction de critères administratifs plutôt que du marché.
Dans ce tableau, l’Europe apparaît comme un continent en perte de vitesse, coincé entre les États-Unis et la Chine. Sa consommation de ressources devrait continuer de diminuer, au prix d’un appauvrissement relatif. L’hypothèse d’une crise institutionnelle majeure, voire d’un éclatement de l’Union européenne, est évoquée comme un scénario possible à moyen terme.
La conclusion est sans appel : changer de dirigeants ne suffira pas. La plupart des difficultés actuelles sont liées à des contraintes physiques – énergie, ressources, démographie – qui limitent la marge de manœuvre politique. Dans ce contexte, la maîtrise des flux migratoires apparaît comme l’un des rares leviers permettant de maintenir un équilibre entre population et ressources.
L’année 2026 pourrait ainsi marquer le début d’un ralentissement mondial très inégal, dissimulé autant que possible par les gouvernements, mais perceptible dans la vie quotidienne des peuples.
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Une réponse à “Crise énergétique, dette et inégalités : vers une récession mondiale inégale en 2026”
Bonjour,
Nous sommes donc le jouet de forces obscures et matérielles sur lesquelles nous n’aurions que peu de maîtrise.
J’ai bien l’impression que c’est surtout ça la régression : repenser en tribal.
Economiste à la Sandrine Rousseau.
Cdt.
M.D