Électricité : la baisse de taxe annoncée masque une facture durablement alourdie en 2026

Annoncée début janvier par le ministre Roland Lescure, la baisse de la Contribution Tarifaire d’Acheminement (CTA) sur l’électricité entrera en vigueur au 1er février. Présentée comme un geste en faveur du pouvoir d’achat, cette mesure aura pourtant un impact très limité pour les ménages, tout en occultant un changement structurel bien plus lourd : la fin de l’ARENH, mécanisme central de protection des consommateurs français.

Selon une analyse publiée par Hello Watt, la baisse de la CTA sur la part abonnement représente une économie moyenne d’environ 10 euros par an, soit 0,6 % de la facture annuelle. Un allègement réel, mais largement symbolique au regard de l’évolution des prix de l’énergie sur les dernières années et des hausses à venir.

Une “stabilité” des tarifs qui cache une hausse structurelle

Dans le même temps, la disparition au 1er janvier 2026 de l’Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique (ARENH) change profondément la donne. Ce dispositif permettait jusqu’ici aux fournisseurs – et donc aux consommateurs – d’accéder à une partie de l’électricité nucléaire française à un prix fixe et régulé de 42 €/MWh, issu d’un parc déjà amorti.

D’après les calculs d’Hello Watt, le maintien de l’ARENH aurait permis une baisse de près de 9 % du prix hors taxes du kilowattheure, soit environ 6 % de baisse sur la facture TTC en 2026. Or, cette baisse potentielle est intégralement absorbée par la fin du mécanisme. Résultat : là où les factures auraient dû diminuer, la Commission de régulation de l’énergie annonce une simple « stabilité » des tarifs réglementés

Une protection supprimée face aux crises futures

L’ARENH jouait également un rôle d’amortisseur en période de crise. L’exemple de 2025 est parlant : sans ce dispositif, le tarif réglementé aurait été théoriquement 23 % plus élevé, car calculé sur la base des prix de marché très élevés observés en 2023 et 2024. Autrement dit, la fin de l’ARENH prive désormais les ménages d’un bouclier face aux futures tensions géopolitiques ou énergétiques.

« Le consommateur perd sur les deux tableaux : il ne profite pas de la baisse actuelle des marchés, et il se retrouve sans protection face aux prochaines crises », résume Sylvain Le Falher, cofondateur de Hello Watt. Un constat d’autant plus préoccupant que la précarité énergétique progresse : selon le Médiateur national de l’énergie, trois Français sur quatre limitent désormais leur chauffage pour contenir leurs dépenses.

Un transfert financier au profit d’EDF

Derrière la réforme se dessine aussi un choix politique assumé. La fin de l’ARENH, demandée de longue date par EDF, permet à l’opérateur historique de vendre l’intégralité de sa production au prix du marché. L’objectif affiché est de financer la construction de nouveaux réacteurs nucléaires, alors même que les précédents chantiers ont accumulé retards et dépassements budgétaires, et que RTE a revu à la baisse les prévisions de consommation électrique.

Le mécanisme de redistribution prévu au-delà d’un prix de 78 €/MWh apparaît, dans les conditions actuelles de marché, largement inopérant. Les consommateurs supportent donc une hausse structurelle des prix, avec un filet de sécurité très limité.

Dans ce contexte, la baisse de la CTA apparaît comme un écran de fumée. D’après Hello Watt, le seul levier immédiat et significatif pour le pouvoir d’achat réside désormais dans la mise en concurrence des fournisseurs. Les écarts entre le tarif réglementé et certaines offres de marché dépassent aujourd’hui 15 %, un différentiel bien supérieur au gain apporté par la baisse de taxe.

À plus long terme, la réforme interroge sur la cohérence du modèle énergétique français : un pays doté d’un parc nucléaire largement amorti, mais dont les ménages deviennent de plus en plus exposés à la volatilité des marchés européens. Une évolution qui pose, au-delà de la question tarifaire, celle de la souveraineté énergétique réelle et de la protection des consommateurs.

Crédit photo : DR
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Une réponse à “Électricité : la baisse de taxe annoncée masque une facture durablement alourdie en 2026”

  1. RAYMOND NEVEU dit :

    Ce serait si simple d’envoyer CHIER l’Europe et de FREXITER pour profiter de notre nucléaire!

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