Devenez une femme du 21è siècle, faites-vous arrêter pour burn-out ! [L’Agora]

1, 2, 3, 4… et celle-là ?… oui je crois… 5 femmes ! Ouaih, je connais 5 femmes autour de moi arrêtées pour burn-out.

Alors, il y en a deux, c’est totalement justifié. Rien à dire ! Patrons bien salauds. Horaires. Coup’. Elles travaillent en supermarché et en Ehpad. Le supermarché surtout, c’est le pire. Pression.

Mais les trois autres…

Les trois autres ont trouvé une arme nucléaire bien pratique. Pour rester à la maison et ne rien branler. Lendemain de fête. Nerfs. Engueulade avec une collègue. La gosse ne fout rien à l’école. « Allez j’me mets en arrêt ». Médecin sympa. Qui avale tout à partir du moment où ça se met à pleurer. Ils ont des consignes maintenant. Et les bougresses le savent. Une petite allusion. Hypothétique suicide et hop ! La p’tite feuille magique ! Abracadabra ouvre toi ! La porte des bonnes petites après-midi Netflix. Quand les gosses sont à l’école. C’est juste que le soir, à la sortie des cours, il faut se chiffonner une bonne gueule de contrariée. Certifiée « Santé mentale ». Avoir l’air d’avoir tout le temps froid. Que les autres nous plaignent. Que ça « dise ». « Elle a fait un burn-out, elle est arrêtée ». La star du moment. Devant toutes les pauvres connes qui vont taper du devis pour 1600 balles chez Bretagne Carrelage.

Collier d’immunité

Après le p’tit cerfa blanc et orange. « L’arrêt ». Le but est de faire prolonger le plaisir. On a tous une copine qui a réussi de belles performances en la matière. Du genre 3 ou 4 ans d’arrêt et un retour tout doux à la boîte. Avec la case « Burn-Out », l’arrêt indéfini est beaucoup plus fastoche. « Maladie professionnelle ». Mais il faut passer devant une commission. Mettre le paquet. Et ça ne marche pas toujours le cinéma. Alors, quelques mois de glande, c’est toujours ça. Et puis avec la santé mentale devenue Grande Cause Nationale, la burn-outée bénéficie de tout un tas de petites délicatesses. Le burn-out, c’est comme un carte Premium Ventes Privées. Une infirmière s’occupe de vous. Le médecin s’inquiète. Les collègues appellent. Vous avez un conseiller en insertion professionnelle. Rien qu’à vous. Petits soins. Rien que pour moi de moi. Le centre de l’attention. Vous entrez dans un « parcours ». A un moment, il y a immanquablement quelqu’un qui vous dira « oh, de toute façon je ne vous vois pas reprendre ». Là c’est collier d’immunité. A vie ! Alors comme vous n’allez pas « contredire un professionnel ». Quelqu’un « qui a l’expérience ». Et qu’il faudrait être bien conne pour laisser passer l’occasion. Ah bah faut se prendre au jeu. Rentrer dans le personnage. Avec les mots qu’il faut. Avec des phrases pleines de sous-entendues : « Tous les jours j’y pense… » « à quoi madame ? » que demande le médecin. Et là, ne répondez pas… air sombre. Regard vide. « Femme vulnérable ». « A bout ». « Le désespoir courageux ». Il comprendra.

Autour de vous, il faut bien parler de votre burn-out en permanence. Possibilité de rejoindre un « burn-out social club » également. Avec des voisines dans le même cas. Par contre, pour celles qui reprennent éventuellement le boulot, la moindre des conversation doit toujours commencer par « moi quand j’ai fait mon burn-out… ». Ca vous donne de l’importance. Et ça déclenche un réflexe d’empathie chez les copines. Avec un bon burn-out bien géré au niveau com, normalement c’est vous la star de l’atelier scrapbooking  à la maison des assos le mardi soir !

Les bons conseils de Cathy

A la maison, plus question de se remuer le cul. De toute façon, Cathy l’infirmière un peu féministe qui vous suit vous a bien fait comprendre. « Un burn-out ne vient pas comme ça ». « Y’a pas que le boulot ». Il y a aussi le mari. Elle ne l’a pas dit en ces termes mais… Il va quand même bien falloir que Jean-Pascal se sente un peu coupable de quelque chose dans l’affaire. Et puis comme vous avez un peu le sentiment d’être une imposteur, le mec doit servir de miroir. Il doit y croire à fond pour que vous arriviez à vous en convaincre également. Sinon c’est un connard. « Un beau ! » Donc, le burn-out ça implique rapidement qu’on ne branle plus rien à la baraque. Le soir, JP rentre de l’usine, c’est à lui de préparer le frichti. S’occuper des mômes. Vous, vous devez « prendre du temps pour vous ». « Penser à vous ». « Vous redécouvrir en tant que femme ». « Faire surgir votre potentiel créatif ». Y’a même des applis pour le faire. C’est Cathy qui m’a parlé de ça ! « On se tutoie maintenant », c’est une copine. Elle aussi, elle a fait un burn-out. Trois même ! Elle sait ce que c’est.

Si le burn-out est bien géré, un moment arrive la période « projet professionnel à la con ». Toujours sous les applaudissements de Cathy… Depuis votre arrêt, vous faites des cocottes en papier. Vous avez même réussi à en vendre deux ! A votre belle-soeur et à Cathy. Bon… Mais pourquoi ne pas en faire un commerce ? Hein ? Site internet, page Facebook. Votre conseiller pro trouve l’idée « formidable ». Et puis, pourquoi ne pas faire des bijoux en pâte fimo également ? Et les vendre sur les marchés ? Et ouvrir sa boutique en ligne ? Ca vous permet de vous sentir vraiment « vous ». « De révéler votre moi artistique ». « Cathy est complètement d’accord avec ça ».

Et c’est JP qui va payer le beau projet. Le temps de se rendre compte que ça ne marchera jamais.

« Tu vois ce que je veux dire ? »

Le soir, quand JP a fini de faire la vaisselle et de se taper le ménage après sa journée de boulot, c’est l’heure. L’heure des discours. Ponctués par des « tu vois ce que je veux dire ? » Car une femme en burn-out, ça cause. Moins ça bosse, plus ça cause. Et le mec doit écouter, sinon, c’est un traître. « Tu ne t’impliques pas assez dans le couple ». Et toujours être d’accord avec vous. Hocher de la tête. Et suivre le péripéties. Même si ça le saoûle. Sinon, il se la garde au fond du slip pour trois mois de plus. Parce qu’une femme en burn-out, ça n’en veut pas du cinéma des draps blancs. « Cathy a bien dit que je n’étais pas obligé de le faire ».

Mais tout ça a un fin. Quand on a fait les comptes. Et que vous n’avez pas réussi à vous faire reconnaître comme malade professionnelle. Salaire raboté de 50%. Il faut retourner au taf. Oh, doucement au départ ! Woooow. Mi-temps thérapeutique. « Cathy était contre mais bon, le salaire de JP ne suffit pas. On ne pourrait même plus partir en vacances ». Là, le patron, qui a eu l’inspection du travail trois fois dans son bureau, fait tout pour que les choses se passent bien. Le premier jour, vous avez la tête de circonstance. Faut vraiment avoir l’air de quelqu’un qui revient du fond du chaudron de Satan de la santé mentale. « J’ai eu envie de me foutre en l’air ». « Les premiers mois, je n’arrivais même pas à passer en voiture devant la boîte ». Au café. Devant les filles de la compta. Faut lâcher des trucs incompréhensibles genre « TS ». « Ooooooh » que ça fait. Et puis, un burn-out, ça se réutilise même après. A la moindre remarque de travers, vous sortez la carte tire-gueule. Tous les jours, vous êtes en retard ? Normal, ce sont des conséquences du burn-out ! « Quelque chose est cassé ». C’est vous la reine de la boîte maintenant. Le patron ne veut surtout pas voir l’administration débarquer de nouveau. Intouchable ! Il vous passe tout. Et à la maison si JP se plaint, c’est lui le salaud. « Tu vois ce que je veux dire ? »

C’est quand tout ce cirque autour de la santé mentale aura pris fin que les vrais burn-out ne seront plus pris en compte. Rideau ! Les bons paieront pour les usurpateurs de la dépression. Avant cela, c’est toujours open festival. Actuel. Ceux qui n’ont pas fait au moins 3 burn-out ont raté leur vie. Abus. Bon plan pour fainéasses. 60 ans de féminisme pour en arriver à ça. Jouer le suicide imminent devant la commission  « Maladie professionnelle » de la Sécu. Pour avoir le droit de ne plus aller bosser. Décidemment…

Anne-Sophie Hamon

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[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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4 réponses à “Devenez une femme du 21è siècle, faites-vous arrêter pour burn-out ! [L’Agora]”

  1. guillemot dit :

    Vivement une réforme juste dans l’assistanat social qu’est la Sécu , mais dans tous les domaines y compris pour des catégories de personnes squatant notre pays.

  2. Domper dit :

    Voilà une cause, entre autres , qui nous ramène à votre article sur la faillite des TPE. Ce matin ils estimaient aux alentours de 70.000 qui avaient déposé le bilan en 2025 ! Et- la gauche qui veut toujours taxer les entreprises…Dans votre exemple, on est sur des profils sans compétences réelles, qui estiment qu’ils en font assez, compte tenu du salaire et qui utilisent toutes les  » ficelles sociales » que seule, la France, a mis dans son code du travail de plus de 3000 pages ! Le plaisir du boulot bien fait c’était avant…les féministes ont remplacé le parti communiste défenseur des classes laborieuses !

  3. Josiane dit :

    Excellent, humour et réalité, navrant

  4. Durandal dit :

    Bonjour,

    Nous ne sommes pas armés pour accueillir les femmes malveillantes au travail. Nous ne sommes même pas armés pour les autres.

    Cdt.

    M.D

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