Traiter correctement l’apnée du sommeil pourrait jouer un rôle important dans la prévention de la maladie de Parkinson. C’est la conclusion d’une étude de grande ampleur publiée en novembre dernier dans la revue JAMA Neurology, qui s’appuie sur l’analyse des dossiers médicaux de plus de 11 millions de vétérans américains suivis entre 1999 et 2022.
Les chercheurs montrent que les personnes souffrant d’apnée obstructive du sommeil non traitée présentent un risque presque doublé de développer la maladie de Parkinson, comparativement à celles utilisant un traitement par pression positive continue (CPAP). À l’inverse, chez les patients traités par CPAP, le risque de Parkinson apparaît réduit d’environ 50 %, même après prise en compte de facteurs comme l’âge, l’obésité ou l’hypertension.
Une première confirmation à grande échelle
Dirigée par des équipes de l’Oregon Health & Science University et du Portland VA Health Care System, l’étude est la première, à cette échelle, à établir un lien solide entre apnée du sommeil non traitée et atteintes neurologiques à long terme.
Pour le neurologue Lee Neilson, auteur principal de l’étude, l’hypothèse centrale est celle de la privation chronique d’oxygène. L’apnée du sommeil se caractérise par des arrêts répétés de la respiration pendant la nuit, empêchant une oxygénation normale du cerveau. Répétés nuit après nuit, ces épisodes pourraient fragiliser progressivement les neurones et favoriser l’émergence de maladies neurodégénératives comme Parkinson.
Quand le manque d’oxygène affecte le cerveau
La maladie de Parkinson est une affection neurologique progressive touchant principalement les fonctions motrices. Elle concerne environ un million de personnes aux États-Unis, avec une augmentation marquée du risque après 60 ans.
Selon les auteurs, l’apnée du sommeil agit sur le cerveau de plusieurs façons. Elle entraîne d’abord une fragmentation du sommeil, réduisant fortement la durée réelle de sommeil réparateur. Par ailleurs, elle perturbe l’oxygénation cérébrale à la fois par une baisse de l’oxygène dans le sang et par une altération du flux sanguin vers le cerveau.
Ces mécanismes combinés peuvent favoriser la mort de certaines cellules cérébrales, notamment dans les régions sensibles à l’oxygène, un processus qui pourrait contribuer au développement de la maladie de Parkinson.
Le rôle clé du sommeil dans la santé neurologique
Pour plusieurs spécialistes du sommeil et de la psychiatrie, ces résultats confirment ce qui est observé au quotidien en pratique clinique : un sommeil de mauvaise qualité altère profondément le fonctionnement cérébral. Le sommeil profond et le sommeil paradoxal (REM) sont essentiels au nettoyage du cerveau, à la régulation des neurotransmetteurs et à l’équilibre de la dopamine, un messager chimique central dans la maladie de Parkinson.
Un sommeil perturbé peut également se traduire par des symptômes très concrets : fatigue diurne, somnolence, maux de tête matinaux, réveils nocturnes fréquents, voire besoin accru de caféine pour compenser.
Le traitement par CPAP, qui consiste à maintenir les voies respiratoires ouvertes grâce à un flux d’air continu pendant le sommeil, reste le traitement de référence de l’apnée obstructive du sommeil. S’il est parfois mal accepté au départ, de nombreux patients rapportent une amélioration nette de leur qualité de vie une fois l’adaptation passée : moins de fatigue, meilleur sommeil, meilleure vigilance diurne.
Les chercheurs estiment que la mise en évidence d’un bénéfice potentiel sur le risque de Parkinson pourrait inciter davantage de patients à accepter ce traitement.
Dépistage : un enjeu de santé publique
Les auteurs de l’étude insistent enfin sur l’importance du dépistage précoce de l’apnée du sommeil. Des outils simples, comme le questionnaire STOP-BANG, permettent en quelques minutes d’identifier les patients à risque, notamment en cas de ronflements importants, de fatigue diurne ou de somnolence excessive.
En cas de suspicion, une orientation vers un test du sommeil ou un spécialiste permettrait une prise en charge plus rapide, susceptible de prévenir non seulement les complications cardiovasculaires bien connues de l’apnée, mais aussi des atteintes neurologiques à long terme.
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