CAN 2026. On a assisté à la finale de la honte (qui s’est heureusement bien terminée) depuis le Sénégal

Entre miracle et malédiction, la finale de la polémique est sans doute devenue malgré elle une finale de légende. On y a assisté…par hasard depuis le Sénégal dans le cadre d’un reportage à venir sur les passeurs de migrants. On vous raconte l’ambiance, hallucinante.

M’Bour, 17h00. Le soleil décline doucement sur la Petite Côte. Dans l’air flottent des odeurs de poisson grillé, de poussière chaude et de gasoil. On est à quelques minutes du coup d’envoi de la finale Maroc–Sénégal et déjà la ville est sous tension. Les klaxons s’entremêlent aux premières vuvuzelas, des drapeaux verts, jaunes et rouges pendent aux fenêtres, et dans chaque boutique, chaque gargote, un poste de télé crache les débats d’avant-match. Ici, la CAN n’est pas un tournoi, c’est une religion. Il y a eu toute la journée plus de gens dans les rues portant un maillot du Sénégal, que de gens n’en portant pas.

Dans le taxi collectif qui nous conduit de M’Bour à Saly, Ahmdi, la quarantaine énergique, le regard brûlant, résume l’enjeu d’une phrase :  « Aujourd’hui, c’est plus que le football. C’est notre fierté. On ne peut pas perdre. »

Sur le tableau de bord, une photo de Sadio Mané collée au scotch, comme une icône. Ahmdi appuie sur l’accélérateur, slalome entre les voitures, les charrettes, les scooters, les troupeaux de chèvres ou de vaches. À chaque feu rouge, un vendeur ambulant surgit, brandissant des écharpes « Senegal champion ». Tout est déjà écrit, dans la tête des gens.

Avant-match : la ville en apnée

À Saly, la station balnéaire ressemble à une ruche. Les terrasses et rues sont pleines à craquer. Dans un bar, un écran géant a été installé, entouré de chaises en plastique. Des familles entières arrivent, enfants perchés sur les épaules, bières dans une main pour certains touristes venus faire nombre, ou pour quelques catholiques du Sénégal dans ce pays majoritairement musulman, drapeau dans l’autre.

— « On a battu tout le monde, pourquoi pas le Maroc ? » lance Abdou, 19 ans, étudiant à Dakar, venu spécialement pour voir le match ici, avec sa copine.

Les Marocains, ici on les respecte, mais on s’en méfie. Beaucoup parlent déjà de l’arbitrage, du pays organisateur, des décisions douteuses qu’on craint comme on redoute une malédiction ancestrale.

— « Franchement, j’ai peur qu’on nous vole », souffle Aminata, la trentaine, qui serre son chapelet entre ses doigts. « Ils sont chez eux. Tu connais le foot… »

Dans la rue, on croise des jeunes torse nu, des gamins qui jouent au foot avec bric et broc, des femmes en boubous éclatants. La ville est suspendue à 90 minutes de ballon rond.

Coup d’envoi : la tension monte

Quand l’hymne sénégalais retentit, tout le bar se lève. Certains chantent, d’autres ferment les yeux. Puis c’est parti. Les premières minutes sont hachées, physiques. Chaque tacle est accompagné d’un cri. Chaque coup de sifflet est disséqué comme une décision de justice.

Le coup d’envoi est à peine donné que le Sénégal frappe déjà. Sixième minute. Corner. Pape Gueye surgit au second poteau, frappe… Bounou sort un arrêt monstrueux. Dans le bar, tout le monde se lève d’un coup.

— « Oh non ! »
— « Il fallait la mettre ! »

Les Lions de la Teranga sont entrés comme des fauves. Pressing haut, impact physique, envie visible. Pourtant, c’est le Maroc qui installe progressivement un pressing étouffant. Les duels sont pour les Lions de l’Atlas, mais les occasions restent sénégalaises.

À la 37e, Ndiaye décoche une frappe croisée. Bounou, encore lui, détourne du bout du pied. Deuxième miracle du gardien marocain. Les Sénégalais se tiennent la tête. Déjà.

— « Ce gardien nous empêche de vivre… » soupire Abdou, étudiant, drapeau autour du cou. 0-0 à la pause. Match fermé, mais le Sénégal a clairement les meilleures situations.

Au retour des vestiaires, premier vrai frisson marocain. El Kaabi est servi parfaitement par El Khannouss, mais il ouvre trop son pied. Occasion énorme gâchée.

Dans le bar, silence. Puis des applaudissements ironiques. — « Merci frère… »

Le Maroc pousse. Le Sénégal doute un peu. Le sélectionneur sénégalais change des hommes. Du sang neuf. Et justement…

90e minute. Mbaye, tout juste entré, tente sa chance en déséquilibre. Bounou sort encore une parade incroyable. Troisième arrêt décisif. On sent que ça peut tomber d’un côté comme de l’autre. Les gens ne sont plus assis. Ils marchent. Ils prient. Ils jurent. L’ambiance est lunaire pour quiconque n’a jamais vécu un match en Afrique.

90+3 : la première bombe

Ismaïla Sarr croit marquer. Explosion dans le bar. Des gens sautent. Mais tout s’arrête. L’arbitre annule. Faute préalable inventée. Action ultra litigieuse. Aucune VAR.

— « Mais il a rien fait ! »
— « C’est une blague ?! »

La colère monte d’un cran. On commence à parler de vol. Les souvenirs africains remontent. L’arbitre devient l’ennemi public numéro un. On sent qu’il faut vite que ça change, car tout peut dégénérer en quelques minutes, et sévèrement.

90+10 : le chaos

Nouvelle scène surréaliste. Brahim Diaz tombe dans la surface. VAR. Penalty pour le Maroc. Là, c’est l’explosion de rage.

— « C’est fini. »
— « Ils veulent absolument les faire gagner. »

Et soudain, scène irréelle. Sous l’impulsion du sélectionneur, les Sénégalais quittent la pelouse. Tous… sauf Sadio Mané, resté seul, bras croisés, digne. Acte de protestation. Geste fort. Rare.

Le match est interrompu. Dix minutes. Quinze. Personne ne comprend plus rien. Dans le bar, ça hurle :

— « Il faut arrêter le match ! »
— « C’est une honte ! »

Finalement, les Lions de la Teranga reviennent. Diaz s’avance. Silence total. Parce qu’il ne peut pas s’empêcher de vouloir faire le beau et humilier l’adversaire, il tente une panenka. Complètement ratée. Mendy n’a même pas besoin de plonger.

Là, c’est une délivrance brute. Pas encore la joie. Juste le soulagement.

— « Dieu est sénégalais ce soir ! »

Prolongations.

Quatre minutes après la reprise. Pape Gueye. Encore lui. À l’entrée de la surface. Frappe lourde. Pleine lucarne.

BUT.

Cette fois, c’est un tremblement de terre. Le bar explose. Des gens tombent, se relèvent, s’embrassent. Des inconnus se serrent dans les bras. Des larmes coulent.

Dehors, on entend déjà les klaxons comme un orage lointain qui approche. — « On va le faire ! »

Coup dur pour le Maroc. Igamane se blesse. Plus de changement. Les Lions de l’Atlas finissent à dix.

On croit que c’est fini. Erreur. 108e minute. Corner marocain. Tête. La balle frappe la barre. Le silence est glacial. On a cru mourir.

— « J’ai vu le but… » murmure quelqu’un. Mais ça ne rentre pas. Le Sénégal a eu chaud. Très chaud.

Les dernières minutes sont sénégalaises. Maîtrise. Bloc haut. Le Maroc n’a plus de jus. Plus de lucidité. Le scénario les a détruits.

Coup de sifflet final.

Et là… c’est l’apocalypse heureuse. À Saly, à M’Bour, partout : klaxons, cris, chants, motos à contresens, gens perchés sur les toits de voitures. Les embouteillages deviennent des dancefloors.

Des cortèges improvisés traversent la ville. Des femmes dansent. Des enfants courent derrière les voitures. Les bars offrent des tournées. On chante l’hymne à tue-tête. Le président prendre la parole à 23H30 pour décréter un jour férié le lundi…

Une finale de la honte… devenue légende

Oui, c’était la finale de la honte. À cause de l’arbitrage. À cause du chaos.

Mais c’est aussi une finale de légende. Parce que le Sénégal a résisté.

Parce qu’il a gagné contre le scénario écrit. Ce lundi matin, des gamins jouent encore au foot sur la plage. Ils crient « Pape Gueye ! » en frappant dans une balle dégonflée.

— « Même pauvre, ce soir on est riche. » confiait hier un serveur, heureux.

Cette finale restera dans la mémoire collective comme une nuit de feu, de rage, d’injustice… et de triomphe. La finale de la honte est devenue une finale de légende. Et au Sénégal, on ne l’oubliera jamais.

Illustration : breizh info
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