Vivre de ses placements sans travailler : l’idée fait toujours autant fantasmer. Selon une enquête réalisée en janvier 2026 auprès de plus de 3 700 Français, près d’un tiers d’entre eux rêvent de devenir rentiers. Mais derrière cette aspiration largement partagée se cache une réalité beaucoup plus contrastée, faite d’incertitudes, de méconnaissance financière et d’un faible effort d’épargne.
L’étude, menée par la société de gestion Yomoni, met en lumière un décalage frappant entre le désir d’indépendance financière et les comportements réels. Car si le rêve est là, la préparation, elle, reste souvent absente.
Un idéal séduisant… mais perçu comme irréaliste
Dans l’imaginaire collectif, le statut de rentier continue de fasciner. Pour 33 % des sondés, vivre de ses placements est un rêve très attirant. 29 % y voient un idéal, mais jugé peu réaliste. Seule une minorité considère cette option comme simplement « intéressante parmi d’autres ».
Très peu, en revanche, pensent que cet objectif est accessible au plus grand nombre. À peine 3 % estiment qu’il est réaliste pour une majorité de Français. Pour 31 %, il reste réservé à ceux qui héritent ou disposent de très hauts revenus. Et 13 % jugent même ce scénario totalement illusoire.
Le mot « rentier » évoque d’abord la liberté et l’indépendance financière pour plus d’un Français sur deux. La sécurité financière arrive en deuxième position, suivie des revenus confortables sans effort. Mais près de la moitié des répondants associent aussi ce statut à l’héritage ou à un capital de départ important, confirmant l’idée d’un privilège réservé à une élite.
Dans l’opinion, devenir rentier reste donc largement perçu comme un parcours exceptionnel, loin d’une trajectoire accessible au citoyen moyen.
L’épargne, levier central… mais insuffisant
Interrogés sur les moyens d’atteindre cet objectif, 61 % citent l’épargne et l’investissement réguliers sur le long terme. Mais beaucoup estiment que ce levier ne suffit pas à lui seul. Hériter d’un capital important, bénéficier de revenus très élevés pendant une période de sa carrière ou réussir une grosse opération financière apparaissent également comme des facteurs déterminants.
Plus d’un tiers des sondés pensent d’ailleurs qu’il faut cumuler plusieurs leviers pour espérer devenir rentier, tandis que 14 % jugent l’objectif totalement irréaliste, quels que soient les efforts.
Lorsqu’il s’agit de chiffrer ce rêve, les exigences sont élevées. Pour envisager un arrêt total du travail, la majorité des Français évoquent un revenu mensuel net compris entre 2 500 et 4 000 euros, voire davantage. 16 % estiment même qu’il faudrait dépasser les 4 000 euros mensuels. À l’inverse, seuls 3 % accepteraient de vivre avec moins de 1 500 euros.
Face à ces montants, le modèle du « semi-rentier » apparaît plus crédible. Réduire fortement son temps de travail, plutôt que l’arrêter complètement, séduit davantage. Pour 42 % des répondants, un revenu mensuel compris entre 1 800 et 2 500 euros suffirait pour adopter ce mode de vie intermédiaire.
Un capital jugé massif
Dans l’esprit des Français, vivre durablement de ses placements nécessite un patrimoine conséquent. Plus de 45 % estiment qu’il faudrait au minimum un capital compris entre 1 et 2 millions d’euros. 12 % évoquent même plus de 2 millions. À l’inverse, seuls 4 % pensent qu’un capital inférieur à 300 000 euros pourrait suffire.
Ces chiffres traduisent une perception très élevée du seuil d’entrée vers l’indépendance financière, ce qui alimente le sentiment d’inaccessibilité.
Pour près d’un tiers des personnes interrogées, devenir rentier est tout simplement hors de portée compte tenu de leur situation actuelle. 26 % estiment que cela nécessiterait plus de vingt ans d’efforts, tandis que seuls 5 % pensent pouvoir atteindre cet objectif en moins de dix ans. 18 % reconnaissent n’y avoir jamais réellement réfléchi.
C’est sur le terrain des comportements que le fossé apparaît le plus net. 27 % des Français n’épargnent rien ou presque chaque mois. Seuls 7 % parviennent à mettre de côté plus de 20 % de leurs revenus. Plus inquiétant encore : 37 % n’ont jamais effectué le moindre calcul pour estimer ce que leur épargne actuelle pourrait produire à long terme.
Autrement dit, le rêve existe, mais sans stratégie concrète pour y parvenir.
L’enquête met également en lumière une faible maîtrise des fondamentaux de l’investissement. 63 % des répondants déclarent mal ou très mal comprendre le fonctionnement des placements financiers, notamment les notions de rendement, de risque et d’intérêts composés.
Interrogés sur la possibilité de vivre de ses placements sans entamer son capital, seuls 5 % répondent « oui, sans difficulté ». La majorité admet que tout dépend du rendement et du montant retiré, preuve d’une compréhension partielle, mais encore fragile, de ces mécanismes.
Le constat est clair : le rêve de devenir rentier est largement partagé, mais très peu préparé. Beaucoup aspirent à l’indépendance financière sans disposer des repères ni des outils nécessaires pour s’en rapprocher concrètement. L’enjeu, selon lui, est de transformer cette aspiration en trajectoire crédible, progressive et compréhensible.
En somme, derrière le fantasme d’une vie libérée du travail se cache une réalité bien plus complexe. Faible épargne, manque de projection, méconnaissance financière : autant de freins qui rendent le rêve du rentier largement déconnecté des pratiques réelles. Un miroir assez fidèle des contradictions françaises face à l’argent, entre aspiration à la liberté et difficulté à se projeter dans le long terme.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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