Mark Haddock, ancien chef du groupe loyaliste UVF de Mount Vernon et agent de la Special Branch britannique, a été libéré cette semaine après avoir purgé une peine de douze ans de prison en Angleterre. Mais cette sortie de détention ne marque en rien un retour à la liberté ordinaire. Selon plusieurs sources loyalistes, tout retour en Irlande du Nord lui serait fatal.
L’homme, aujourd’hui âgé de 56 ans, a été clairement averti : s’il remet un jour les pieds en Irlande du Nord, il signerait son arrêt de mort. Il devrait désormais changer d’identité et passer le reste de sa vie sous protection, loin de son territoire d’origine.
Une libération sous menace permanente
Condamné à douze ans de prison pour une violente agression au couteau contre un ancien proche originaire d’Irlande du Nord, Mark Haddock avait été initialement autorisé à demander une libération anticipée après huit ans. Celle-ci lui a été refusée, le contraignant à purger l’intégralité de sa peine. À sa sortie, il reste soumis à une période de liberté conditionnelle sous surveillance stricte.
D’après plusieurs sources issues des milieux loyalistes nord-belfastois, Haddock est considéré comme un homme définitivement condamné à l’exil. Trop de règlements de comptes, trop de trahisons, trop de secrets accumulés au fil des années. Sa double position d’ancien chef paramilitaire et d’informateur de la police britannique en fait une cible à la fois pour ses anciens compagnons d’armes et pour des ennemis républicains.
Un parcours marqué par la violence et la collusion
Mark Haddock a dirigé dans les années 1990 l’une des unités les plus redoutées de l’UVF à Mount Vernon, dans le nord de Belfast. Parallèlement, il agissait comme agent infiltré pour les services de renseignement de la police nord-irlandaise, sous le nom de code « Agent Roxy ».
Cette situation a été mise en lumière par l’enquête dite Operation Ballast, lancée à la suite de la campagne menée par Raymond McCord, dont le fils a été assassiné par l’UVF en 1997. Le rapport de l’Ombudsman de la police, publié en 2007, a établi que Haddock était directement impliqué dans au moins dix meurtres et lié à plusieurs autres tentatives d’assassinat, tout en étant protégé par sa qualité d’informateur.
Parmi les crimes pour lesquels son nom a été cité figurent des meurtres sectaires, des attaques contre des civils catholiques, ainsi que des tentatives d’assassinat ciblées, dont certaines ont échoué de manière fortuite.
Supergrass, procès et règlements de comptes
Haddock a également été au cœur du premier grand procès dit « supergrass » organisé en Irlande du Nord depuis les années 1980. En 2011, quatorze membres présumés de l’UVF ont comparu pour le meurtre de Tommy English, figure de l’UDA, sur fond de guerre interne loyaliste. Malgré des témoignages accablants, le procès s’est soldé par des acquittements, après des semaines d’audience et des coûts judiciaires considérables.
Depuis, Haddock n’a cessé d’apparaître en arrière-plan de multiples dossiers judiciaires liés aux Troubles, sans jamais être condamné pour les crimes paramilitaires évoqués dans les rapports officiels.
Une fin de parcours sous identité fictive
Contrairement à d’autres anciens membres de l’UVF devenus témoins protégés, Mark Haddock avait longtemps refusé d’entrer officiellement dans un programme de protection des témoins, préférant vivre en Angleterre sous son identité réelle. Une tentative d’assassinat menée par d’anciens associés en 2006 avait déjà démontré la fragilité de cette position.
Aujourd’hui, cette option ne semble plus tenable. Selon les informations disponibles, Haddock devrait changer d’identité et disparaître définitivement de la scène publique. Trop compromis, trop exposé, trop dangereux à laisser libre dans un territoire encore marqué par les cicatrices du conflit nord-irlandais.
Sa trajectoire illustre, une fois de plus, les zones d’ombre persistantes des Troubles : collusion entre groupes armés et services de sécurité, impunité prolongée, et héritage violent qui continue de produire ses effets bien après la fin officielle du conflit.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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