Alors que de nombreux ménages espéraient un véritable bol d’air sur leur facture d’électricité en ce début d’année, la baisse annoncée au 1er février 2026 reste largement symbolique. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a confirmé une diminution limitée à –0,83 % TTC du tarif réglementé de vente de l’électricité, connu sous le nom de « tarif bleu » d’EDF. Une évolution jugée décevante, d’autant que les prix de l’électricité sur les marchés de gros sont revenus à des niveaux proches de ceux d’avant la crise énergétique.
Selon une analyse publiée par le comparateur Hello Watt, la facture aurait pourtant dû baisser d’environ 7 %. Ce décalage s’explique principalement par un changement structurel majeur entré en vigueur au 1er janvier 2026 : la suppression de l’ARENH.
La fin de l’ARENH, tournant silencieux mais décisif
L’ARENH (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique) permettait jusqu’à présent aux fournisseurs de bénéficier d’une partie de l’électricité nucléaire française à un prix fixe de 42 €/MWh. Ce mécanisme jouait un rôle d’amortisseur pour les consommateurs, en limitant l’exposition aux fluctuations des marchés.
Depuis le 1er janvier 2026, ce dispositif a disparu. Désormais, le tarif réglementé repose sur un approvisionnement 100 % aux prix de marché, avec un coût moyen évalué à 63,9 €/MWh. Résultat : la baisse théorique de la facture a été absorbée par cette nouvelle structure tarifaire, privant les ménages d’un gain de pouvoir d’achat pourtant attendu.
À ce stade, le constat est clair : le tarif réglementé reste encore environ 30 % plus élevé qu’en 2021, malgré la normalisation des marchés de l’électricité.
Abonnement en hausse, petits consommateurs pénalisés
Autre élément mis en avant par Hello Watt : si le prix du kilowattheure reste globalement stable, le prix de l’abonnement augmente fortement, avec des hausses comprises entre +4,4 % et +6,6 % hors taxes selon les puissances souscrites. Cette évolution pénalise en priorité les ménages ayant une faible consommation électrique, pour qui l’abonnement représente une part importante de la facture totale.
À l’inverse, certains profils peuvent tirer parti des ajustements opérés par la CRE.
L’option heures pleines / heures creuses gagne en attractivité en 2026. Grâce à une baisse du prix du kilowattheure en heures creuses, le seuil de rentabilité de cette option passe de 31 % à 26 % de consommation en heures creuses. Autrement dit, il suffit désormais de consommer environ un quart de son électricité la nuit ou en périodes creuses pour que cette option devienne avantageuse par rapport à l’option « base ».
En revanche, les options tarifaires spécifiques sont plus exposées : le tarif Tempo augmente de 9,5 % sur le prix du kWh, tandis que l’option EJP connaît une forte hausse sur les jours « bleus » (+33 %), malgré une baisse marquée sur les jours « rouges ».
Une exposition accrue aux marchés et des incertitudes durables
La suppression de l’ARENH marque aussi une nouvelle ère d’instabilité pour les consommateurs. Le tarif réglementé est désormais directement exposé aux variations des marchés de gros, aux tensions géopolitiques et aux aléas saisonniers. Le dispositif censé lui succéder, appelé VNU, ne s’active qu’en cas de hausse très brutale des prix (environ +20 %), ce qui limite fortement son effet protecteur.
À moyen terme, d’autres facteurs pourraient encore peser sur les factures, notamment la hausse attendue du coût des certificats d’économies d’énergie (CEE).
Pour rappel, environ 60 % des Français restent au tarif réglementé, alors même que les offres de marché sont aujourd’hui souvent plus compétitives. Selon les simulations publiées, un ménage chauffé à l’électricité pourrait économiser jusqu’à 320 euros par an en changeant d’offre, y compris en restant chez EDF mais hors tarif réglementé.
Dans ce nouveau contexte, le tarif réglementé apparaît moins comme un bouclier que comme un héritage d’un système désormais profondément modifié.
Source : analyse Hello Watt, février 2026.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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