À Quimper, la cour d’assises du Finistère examine depuis le 9 février 2026 un dossier dont un élément interroge lourdement : au moment des faits, l’accusé, âgé de 32 ans, faisait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Malgré cela, il était toujours présent en France lorsque, le 18 juin 2023, il a porté neuf coups de couteau à son ex-compagne dans un pavillon de Brest.
La jeune femme, aujourd’hui âgée de 23 ans, a survécu de justesse à l’attaque. Elle a été touchée au thorax, au cou, à l’abdomen, sous les yeux de leur fils de trois ans. Transportée à l’hôpital entre la vie et la mort, placée en coma artificiel, elle doit sa survie à l’intervention rapide de voisins alertés par ses appels à l’aide.
Une OQTF en vigueur au moment des faits
Au cœur des débats figure donc cette OQTF, mesure administrative censée contraindre un étranger en situation irrégulière à quitter le territoire. Selon les éléments rappelés à l’audience, l’accusé était sous le coup de cette obligation lorsqu’il s’est introduit au domicile de son ex-compagne.
La question est posée, en filigrane : comment un individu visé par une telle décision peut-il demeurer sur le territoire, multiplier les incidents, puis passer à l’acte dans un contexte déjà marqué par plusieurs signalements ?
Quatre plaintes avant l’agression
Le dossier fait également état de quatre plaintes déposées par la victime pour violences, menaces et dégradations. Certaines ont été classées sans suite, d’autres ont donné lieu à des procédures alternatives. Les forces de l’ordre étaient déjà intervenues au domicile du couple dès 2020.
La relation avait débuté alors que la jeune femme était mineure. Au fil des années, les violences se sont installées : gifles, jets d’objets, insultes, isolement progressif. Des menaces explicites auraient été proférées, dont celle de l’“égorger”. L’accusé aurait également pénétré de force au domicile de son ex-compagne après leur séparation, conservé ou refait des doubles de clés, et exercé une pression constante.
À la barre, la victime a décrit un climat d’emprise et de peur. Elle a expliqué avoir tenté de se séparer, sans parvenir à rompre totalement le lien. Elle a aussi dit s’être sentie “impuissante” face à la situation.
Neuf coups de couteau, et l’argument de l’amnésie
Le 18 juin 2023, après avoir appris que son ex-compagne avait refait sa vie, l’accusé s’introduit dans le pavillon. Une dispute éclate. Il reconnaît avoir saisi un couteau dans la cuisine. Devant la cour, il admet les violences mais affirme ne pas se souvenir des instants précis où les coups ont été portés, évoquant un “blocage”. L’expertise psychiatrique évoque pour sa part une stratégie défensive.
Les débats ont mis en lumière un mécanisme décrit par les enquêteurs comme une “spirale de violences”, avec une escalade progressive. La partie civile a insisté sur la gravité des faits et sur la présence de l’enfant au moment de l’attaque.
Une question qui dépasse le seul cas individuel
Au-delà de la tentative de meurtre, ce procès soulève une interrogation plus large sur l’exécution effective des OQTF et la coordination entre décisions administratives et protection des victimes.
Dans cette affaire, un homme sous le coup d’une obligation de quitter le territoire a pu rester en France, malgré plusieurs signalements et plaintes, jusqu’à commettre une tentative de meurtre.
Le verdict est attendu ce mercredi. L’accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Pour la victime, survivante de neuf coups de couteau, le procès est aussi celui d’un enchaînement d’alertes qui n’ont pas empêché le passage à l’acte.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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