Démence : votre horloge biologique pourrait donner l’alerte des décennies à l’avance

Une étude publiée en décembre dans la revue Neurology apporte un éclairage nouveau sur un facteur encore trop peu pris en compte dans la prévention des maladies neurodégénératives : le rythme circadien. Autrement dit, l’horloge interne qui régule notre cycle veille-sommeil sur 24 heures pourrait, des années à l’avance, signaler un risque accru de démence.

Un risque accru en cas de rythme perturbé

Les chercheurs ont suivi plus de 2 000 adultes âgés en moyenne de 79 ans, équipés de capteurs d’activité cardiaque permettant d’analyser leurs rythmes quotidiens. Sur l’ensemble du groupe, 176 participants ont développé une démence au cours du suivi.

Résultat marquant : les personnes présentant des rythmes veille-sommeil irréguliers avaient jusqu’à 50 % de risque supplémentaire de développer une démence par rapport à celles dont les cycles étaient stables et cohérents.

Selon l’auteure principale, Wendy Wang (UT Southwestern Medical Center), les altérations du rythme circadien liées au vieillissement pourraient constituer un facteur de risque pour les maladies neurodégénératives.

Trois formes de dérèglement identifiées

L’étude distingue plusieurs profils à risque :

  • Un rythme affaibli, avec peu de différence entre activité diurne et repos nocturne. Les personnes concernées ne se sentent ni vraiment éveillées le jour, ni franchement fatiguées la nuit.
  • Un rythme fragmenté, avec des phases d’éveil et de somnolence morcelées.
  • Un pic d’activité retardé.

Ce dernier point est particulièrement révélateur. Habituellement, le pic d’activité circadienne survient en milieu de journée. Or les chercheurs ont observé que les personnes dont le pic d’activité intervenait après 14h15 présentaient un risque de démence supérieur de 45 % par rapport à celles dont le pic survenait plus tôt (entre 13h11 et 14h14).

Dans le détail, 7 % des participants ayant un pic précoce ont développé une démence, contre 10 % chez ceux dont le pic était plus tardif.

Pourquoi le rythme circadien compte pour le cerveau

Le rythme circadien ne régule pas seulement le sommeil. Il influence aussi les hormones, la température corporelle, le métabolisme et l’inflammation. Des spécialistes du sommeil rappellent que ses perturbations sont associées à de nombreuses pathologies : maladies cardiovasculaires, diabète, obésité, troubles de l’humeur, baisse de l’immunité.

Sur le plan cérébral, un dérèglement pourrait favoriser l’accumulation de plaques amyloïdes, caractéristiques de la maladie d’Alzheimer, ou réduire leur élimination pendant le sommeil profond. Or le sommeil profond joue un rôle clé dans le « nettoyage » des toxines cérébrales et la consolidation de la mémoire.

Les chercheurs insistent toutefois sur un point essentiel : il s’agit d’une corrélation et non d’une preuve de causalité directe. L’étude n’a pas pris en compte certains troubles du sommeil spécifiques (comme l’apnée), qui pourraient influencer les résultats.

Les facteurs qui dérèglent l’horloge interne

Plusieurs habitudes modernes fragilisent le rythme circadien :

  • Se coucher et se lever à des horaires irréguliers
  • S’exposer aux écrans tard le soir
  • Manquer de lumière naturelle le matin
  • Manger tard ou consommer café et alcool en soirée
  • Vivre sous stress chronique

Les spécialistes recommandent avant tout la régularité : horaires fixes, même le week-end, exposition à la lumière naturelle dès le matin, activité physique quotidienne et réduction des écrans en soirée.

Un enjeu majeur de santé publique

Les projections sont préoccupantes : si rien ne change, le nombre de nouveaux cas de démence pourrait atteindre un million par an d’ici 2060 dans certains pays occidentaux.

La piste du rythme circadien ouvre néanmoins un espoir. Contrairement à des facteurs génétiques, il s’agit d’un paramètre potentiellement modifiable. Thérapies par la lumière, amélioration de l’hygiène de sommeil, organisation des rythmes de vie : autant de leviers qui pourraient, à terme, devenir des outils de prévention.

Cette recherche renforce une idée simple mais fondamentale : préserver son cerveau commence peut-être par respecter son horloge interne.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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