Les parlementaires des îles Baléares – Majorque, Minorque et Ibiza – doivent examiner un texte qui pourrait bouleverser le marché immobilier local. La proposition, portée par le parti de gauche Més per Mallorca, prévoit d’interdire l’achat de biens immobiliers à toute personne n’ayant pas résidé sur les îles pendant au moins cinq ans. L’histoire ne dit pas si ce parti fait de même concernant l’accueil des migrants qui se précipitent sur les côtes espagnoles.
La mesure viserait directement les acquéreurs étrangers, parmi lesquels figurent de nombreux Britanniques séduits par le climat méditerranéen. Actuellement, environ 90 000 logements aux Baléares appartiennent à des ressortissants étrangers, soit près de 16 % du parc immobilier total. En 2024, près de 12 000 biens en Espagne ont été achetés par des Britanniques, selon les données du portail immobilier Idealista.
Sur-tourisme et flambée des prix
Le débat intervient dans un contexte de tension croissante autour du tourisme de masse. L’an dernier, les Baléares ont accueilli près de 19 millions de visiteurs. Pour de nombreux habitants, la multiplication des résidences secondaires et des locations touristiques contribue à raréfier l’offre disponible pour les résidents permanents.
Lluís Apesteguia, député de Més per Mallorca, estime que des « mesures extraordinaires » sont nécessaires face à la pression actuelle. Selon lui, le logement doit d’abord servir à loger ceux qui vivent sur place et non à alimenter la spéculation ou l’usage touristique.
Les chiffres illustrent l’ampleur du phénomène. Le prix moyen d’un appartement de 90 m² dans l’archipel est passé d’environ 283 825 euros en 2020 à 461 269 euros aujourd’hui, soit une hausse supérieure à 60 % en cinq ans. À l’échelle nationale, les acheteurs étrangers ont représenté 13,8 % des transactions immobilières en 2024, avec près de 97 300 ventes, un record selon Idealista.
Un projet juridiquement fragile ?
Les défenseurs du texte mettent en avant des exemples existant ailleurs en Europe. Le Danemark impose notamment aux acheteurs étrangers d’avoir résidé au moins cinq années consécutives sur son territoire avant de pouvoir acquérir un bien.
Cependant, l’opposition régionale doute de la viabilité juridique du projet. Sebastià Sagreras, porte-parole du Parti populaire (PP, centre-droit), estime que les règles européennes sur la libre circulation rendraient l’application d’une telle interdiction difficile, voire impossible. Son parti a annoncé qu’il voterait contre.
Du côté du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), Marc Pons reconnaît que la mesure pourrait contribuer à freiner la hausse des prix, tout en jugeant qu’elle ne saurait constituer l’unique réponse à la crise du logement.
Vers un précédent pour le reste de l’Espagne ?
Si le texte était adopté, il pourrait servir de modèle à d’autres régions confrontées à la pression immobilière liée aux résidences secondaires et aux investissements étrangers.
Ferran Rosa, député au parlement des Baléares, affirme que le logement constitue aujourd’hui « le principal problème » pour de nombreux habitants, soulignant que de plus en plus de biens sont détournés de leur usage résidentiel traditionnel.
Au-delà du cas britannique, c’est toute la question de l’équilibre entre attractivité internationale, droit au logement et modèle touristique qui se trouve posée dans l’archipel. Le vote à venir sera observé de près, tant par les investisseurs étrangers que par les régions européennes confrontées à des tensions similaires sur leur marché immobilier.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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