Le Nigeria est-il devenu « l’endroit le plus meurtrier au monde pour les chrétiens » ? C’est en tout cas l’accusation formulée par plusieurs parlementaires américains, dans un rapport récent qui met en cause la sécurité et la liberté religieuse dans le pays le plus peuplé d’Afrique.
Le gouvernement nigérian, lui, rejette fermement toute politique de persécution religieuse et affirme vouloir protéger tous ses citoyens, quelle que soit leur foi.
Des massacres à répétition dans le nord
Le rapport américain évoque des « attaques violentes continues » contre les chrétiens, imputées à des milices armées et à des groupes terroristes islamistes. Des dizaines de milliers de chrétiens auraient été tués ces dernières années, selon les élus américains, avec des églises détruites, des prêtres assassinés et des enlèvements fréquents.
Le nord du pays, majoritairement musulman, reste marqué par plus de quinze années d’insurrection islamiste menée par Boko Haram et des groupes affiliés à l’État islamique. Les attaques visent des villages, des lieux de culte et des civils. Début février encore, plus de 160 personnes ont été massacrées dans deux localités.
Les violences ne se limitent pas à une simple ligne religieuse : conflits entre éleveurs et agriculteurs, banditisme armé, rivalités communautaires et kidnappings contre rançon s’ajoutent à la menace djihadiste. Mais dans de nombreuses zones rurales, les communautés chrétiennes se retrouvent en première ligne.
Washington hausse le ton
Donald Trump avait déjà classé le Nigeria parmi les pays préoccupants en matière de liberté religieuse, évoquant une menace « existentielle » contre le christianisme. Le nouveau rapport parlementaire recommande un accord sécuritaire renforcé entre les États-Unis et Abuja, ainsi que la conditionnalité d’une partie de l’aide américaine au respect de la liberté religieuse.
Certains élus demandent également l’abrogation des lois sur le blasphème et l’application de la charia dans plusieurs États du nord, estimant qu’elles sont utilisées pour cibler les minorités et restreindre la liberté d’expression.
À Noël, une frappe américaine contre un groupe affilié à l’État islamique a été menée en coordination avec le gouvernement nigérian. Depuis, Washington laisse entendre que d’autres opérations pourraient suivre si les massacres se poursuivent.
Abuja dément toute politique anti-chrétienne
Le ministre nigérian de l’Information affirme qu’il n’existe aucune politique étatique de persécution religieuse. Selon lui, les violences relèvent d’un enchevêtrement de menaces sécuritaires : terrorisme, criminalité organisée et tensions communautaires anciennes.
Le gouvernement met en avant le renforcement des opérations militaires, le partage de renseignements et l’investissement dans l’équipement des forces de sécurité. Il insiste également sur les efforts d’aide aux déplacés internes et sur des initiatives locales de médiation.
Abuja rappelle enfin son attachement à la souveraineté nationale et se dit ouvert au dialogue avec Washington, à condition qu’il repose sur le respect mutuel.
Un pays fracturé, un équilibre fragile
Avec 237 millions d’habitants, le Nigeria est à peu près partagé entre un nord musulman et un sud majoritairement chrétien. Cette ligne de fracture religieuse recoupe des tensions ethniques, économiques et territoriales.
Si les autorités contestent l’idée d’un « génocide chrétien », les chiffres des attaques et la persistance des massacres interrogent sur la capacité réelle de l’État à protéger ses citoyens. Pour les communautés chrétiennes du nord, la question n’est pas théorique : elle se mesure en villages incendiés, en prêtres enlevés, en familles déplacées.
Entre accusations américaines, démentis officiels et réalité du terrain, le Nigeria se retrouve à nouveau sous les projecteurs internationaux. Reste à savoir si la pression diplomatique et les coopérations sécuritaires suffiront à enrayer une spirale de violences qui, depuis des années, ensanglante le pays.
Illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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