Place Lariboisière, à Fougères, la statue de l’abbé Louis Bridel a retrouvé son éclat d’origine après plusieurs mois de restauration. Mercredi 25 février 2026, une petite trentaine d’habitants s’est réunie pour assister à l’inauguration officielle de l’œuvre du sculpteur Charles Nitsch, érigée en 1938 en hommage à l’une des grandes figures sociales et religieuses de la ville.
Le maire, Louis Feuvrier, a rappelé l’ancrage historique du monument, installé à l’emplacement d’une ancienne banque coopérative, avant de couper le ruban inaugural. Les participants ont ensuite été conviés à l’Hôtel de Ville pour évoquer l’héritage de celui qui marqua durablement la cité fougeraise.
Une restauration complète financée en grande partie par des dons
La statue, fragilisée par le temps et recouverte par endroits de lichens, avait besoin d’une intervention en profondeur. Les travaux, engagés au printemps 2025 et menés sur quatre semaines par un atelier spécialisé basé dans le Morbihan, ont permis un nettoyage complet et un traitement adapté à l’âge de l’œuvre.
Le coût total de l’opération s’élève à 12 600 euros. Près de 80 % de la somme a été réunie grâce à une souscription privée, signe de l’attachement local à cette figure historique.
Un prêtre au cœur du monde ouvrier
Né en 1880 à Martigné-Ferchaud et ordonné prêtre en 1904, Louis Bridel rejoint Fougères en 1909 comme vicaire à l’église Saint-Léonard. Très vite, il s’implique dans le monde ouvrier, alors en pleine mutation dans cette ville industrielle marquée par la chaussure et la verrerie.
Pionnier du syndicalisme chrétien dans la région, il contribue à la création de nombreux syndicats professionnels dès 1913 : dans la chaussure, le bâtiment, la verrerie, la métallurgie ou encore les chemins de fer. Il fonde également une « maison des syndicats » afin d’offrir un lieu commun aux travailleurs.
Son action ne se limite pas au syndicalisme. Après la Première Guerre mondiale, il encourage la mise en place de coopératives : coopérative de consommation avec l’Étoile fougeraise en 1919, coopératives de production comme la Cristallerie fougeraise en 1921, mais aussi des structures dans l’habitat, l’ameublement ou la chaussure dans les années suivantes. Son rôle consiste à impulser et accompagner, laissant ensuite les ouvriers gérer eux-mêmes ces outils économiques.
Une reconnaissance populaire durable
À sa mort en 1933, la population fougeraise décide de lui rendre hommage. La statue érigée cinq ans plus tard, face à l’église Saint-Léonard, porte une inscription explicite : « À la mémoire de l’abbé Bridel 1880-1933 — La classe ouvrière reconnaissante ».
Presque un siècle plus tard, cette reconnaissance demeure. La restauration de la statue témoigne de la volonté locale de préserver un patrimoine qui n’est pas seulement artistique, mais aussi social et spirituel.
Dans une Bretagne marquée par son histoire industrielle et catholique, la figure de l’abbé Bridel continue d’incarner une certaine idée de l’engagement : enraciné, concret, tourné vers l’amélioration des conditions de vie, sans rupture avec la tradition. À Fougères, son bronze restauré rappelle que l’histoire sociale bretonne s’est aussi écrite à hauteur d’homme.
Illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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