Chagrin d’amour, mal du pays, disparition d’un proche : que faire lorsque les mots ne suffisent plus ? Une vidéo récemment diffusée explore cette question universelle à travers plusieurs parcours artistiques et humains. Musique, poésie, violoncelle, cuisine… et parfois simplement une présence attentive : autant de chemins pour panser les blessures invisibles.
Quand la musique devient un câlin
Le quartet allemand Jeremias, originaire de Hanovre, connaît un succès grandissant outre-Rhin avec ses titres indie pop sensibles. Pour le chanteur Jeremias Heimbach et le guitariste Oliver Sparkuhle, la musique agit comme une forme d’empathie incarnée.
Le groupe évoque notamment une chanson écrite en pleine tournée, envoyée à un membre traversant une période d’angoisse. Un simple fichier audio, devenu un geste d’amitié profond. Selon eux, une chanson peut parfois exprimer davantage qu’un « je suis là pour toi ». Elle devient un espace partagé où chacun peut projeter ses peurs et ses espoirs.
Même lorsqu’ils ont traversé une polémique en 2024 liée à leur entourage professionnel, les musiciens ont reconnu leurs erreurs publiquement. Un moment difficile, qui a mis à l’épreuve leur relation avec leur public — et leur capacité à écouter les critiques.
Pour la poétesse allemande Nora Gomringer, la perte de sa mère a provoqué un silence intérieur. Incapable d’écrire, elle a pourtant fini par se tourner vers l’histoire familiale pour faire émerger un livre à la fois mélancolique et traversé d’humour : Am Meerschwein übt das Kind den Tod (« L’enfant et la mort du cochon d’Inde »).
Son approche ne cherche pas un « vrai » réconfort, mais plutôt une manière d’habiter la peine. Elle évoque la distraction comme une étape nécessaire : laisser le temps passer, se réfugier dans un lieu, un objet, un souvenir. Porter les vêtements de sa mère, retrouver une odeur familière, entrer dans une église : autant de gestes qui apaisent le système nerveux, plus que les discours.
Le deuil, dit-elle, ressemble à une météo intérieure : il submerge parfois, puis s’éloigne, sans jamais disparaître totalement.
Le violoncelle, voix de l’âme
La violoncelliste germano-coréenne Yeo-Rhim Yoon a choisi d’intituler son premier album solo Solace (« Réconfort »). Sans intention explicite au départ, elle a finalement réuni des œuvres contemporaines qui traduisent cette quête.
Pour elle, le violoncelle est l’instrument le plus proche de la voix humaine. Il permet d’exprimer ce que les mots échouent à formuler. Lors de la mort de son grand-père, incapable de rentrer en Corée, elle a joué pour lui, persuadée qu’il entendrait. Un geste naïf peut-être, mais profondément consolateur.
Partagée entre deux cultures, elle évoque aussi le mal du pays et le poids des attentes familiales. Là encore, la musique devient un espace de respiration.
Enfin, la cheffe ukrainienne Olia Hercules, installée à Londres, raconte comment la cuisine est devenue son refuge. Formée notamment auprès de Yotam Ottolenghi, elle a longtemps trouvé dans la préparation du pain ou du bortsch un apaisement quasi méditatif.
Mais lorsque la guerre a frappé sa ville natale en 2022, même ce « super-pouvoir » semblait perdu. Découper un chou suffisait à la faire pleurer. Le réconfort est revenu lorsqu’elle a pu cuisiner pour accueillir ses parents fuyant l’Ukraine. Une immense marmite de bortsch, partagée dans une cuisine enfumée, a marqué un tournant.
Fondatrice de l’initiative Cook for Ukraine, elle insiste : nourrir quelqu’un, c’est transmettre une énergie silencieuse. Lorsque les mots sont impuissants face au deuil, un plat chaud peut devenir un langage.
La vidéo pose une question simple : pourquoi est-il si difficile de consoler ? Peut-être parce que le réconfort ne relève pas de l’intellect, mais d’une présence. Une chanson, un livre, un violoncelle, un bol de soupe, un chien qui court dans un champ… Ce sont souvent de petites choses, mais elles rappellent que personne n’est totalement seul.
Au fond, le réconfort ne supprime pas la douleur. Il permet simplement de continuer à marcher.
Photo d’illustration : Pixabay (cc)
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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