À l’occasion des 400 ans de la Marine, le musée national de la Marine propose, du 13 mai au 2 août 2026 au Palais de Chaillot à Paris, une exposition ambitieuse intitulée La Marine et les peintres. Quatre siècles d’art et de pouvoir.
À travers près de 150 œuvres, le parcours retrace l’histoire de la peinture de marine du XVIIᵉ au XXᵉ siècle, en montrant comment l’art a accompagné, célébré, interrogé et parfois contesté la puissance navale française.
De Louis XIII à Louis XIV : l’art au service de l’État
Dès le XVIIᵉ siècle, sous Louis XIII et Richelieu, la mer devient un enjeu stratégique. La prise de La Rochelle en 1628 marque la naissance d’une Marine d’État permanente. Très tôt, les artistes sont mobilisés pour mettre en images cette affirmation du pouvoir souverain.
Des peintres comme Claude Vignon, Jacques Callot ou Claude Gellée, dit le Lorrain, participent à l’élaboration d’une iconographie maritime mêlant allégorie, mythologie et exaltation politique. Sous Louis XIV, l’Académie royale de peinture et de sculpture intègre des peintres spécialisés, tels que Matthijs van Plattenberg ou Francesco Maria Borzone. Le maritime, longtemps marginal dans la hiérarchie des genres, devient progressivement un sujet académique et politique à part entière.
Le XVIIIᵉ siècle : modernité maritime et reconnaissance du genre
Au siècle des Lumières, la Marine se professionnalise, les expéditions scientifiques se multiplient et l’image du marin évolue. La peinture de marine gagne en précision technique tout en conservant une dimension poétique.
En 1765, l’Académie crée une section dédiée à la peinture de marine. Claude-Joseph Vernet, Jean-François Hue ou les frères Ozanne contribuent à l’essor du genre. En 1786, Louis XVI commande à Auguste-Louis de Rossel de Cercy une série de dix-huit tableaux consacrés aux victoires navales françaises durant la guerre d’indépendance américaine, considérée comme un véritable « monument national ».
Révolution, romantisme et naissance des Peintres officiels
La Révolution et l’Empire bouleversent les représentations. La mer devient à la fois théâtre de combats et symbole d’un destin national tourmenté. Le XIXᵉ siècle voit émerger une peinture navale plus dramatique, influencée par le romantisme et par la peinture anglaise.
En 1830, deux peintres, Louis-Philippe Crépin et Théodore Gudin, sont inscrits pour la première fois à l’Annuaire de la Marine. Ce jalon préfigure la création, en 1920, du statut de « peintre du Département de la Marine », ancêtre des Peintres officiels de la Marine (POM). Ce titre, accordé sans rémunération mais assorti de privilèges symboliques (notamment le droit d’ajouter une ancre à sa signature), formalise le lien entre création artistique et institution militaire.
XXᵉ siècle : modernité, censure et pluralité des formes
L’industrialisation, les conflits mondiaux et l’apparition de nouvelles formes artistiques transforment profondément la peinture de marine. Les vapeurs, les grues portuaires et les cuirassés remplacent les galions d’antan. Des artistes comme Gustave Courbet, Édouard Manet ou, plus tard, Charles Lapicque renouvellent les codes.
Sous le régime de Vichy, certaines formes artistiques sont censurées, l’art étant instrumentalisé à des fins de propagande. Le premier Salon de la Marine naît en 1942 dans ce contexte particulier.
Au fil du XXᵉ siècle, la photographie rejoint également le corps des Peintres officiels, avec notamment Jean Dieuzaide admis en 1975, signe d’une ouverture aux nouvelles pratiques visuelles.
Le 46ᵉ Salon de la Marine : 400 ans d’art et de combat
En parallèle de l’exposition, le 46ᵉ Salon de la Marine se tiendra du 13 mai au 2 août 2026. Co-organisé par la Marine nationale, l’Association des Peintres officiels de la Marine et le musée national de la Marine, il s’inscrit dans le cadre des célébrations des 400 ans de la Marine.
Près de 80 œuvres seront présentées, réparties en trois sections : les travaux des POM en exercice, les artistes sélectionnés pour cette édition et un espace hommage dédié aux peintres disparus depuis 2021. Un concours permettra également de proposer de nouveaux Peintres officiels, le jury étant présidé par le contre-amiral David Samson.
À travers cette double programmation, le musée national de la Marine entend rappeler combien la mer n’est pas seulement un espace stratégique ou militaire, mais aussi un lieu d’inspiration, de mémoire et de représentation du pouvoir. Quatre siècles d’histoire navale se lisent ainsi, en filigrane, dans les toiles qui ont façonné l’imaginaire maritime français.
Illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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