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À Saint-Malo, le départ du Joseph Roty II vers un chantier de déconstruction à Gand, en Belgique, marque la disparition d’un navire qui occupait une place singulière dans la mémoire maritime française. Amarré quai de Terre-Neuve, ce chalutier de 90,56 mètres de long sur 15 mètres de large fut, selon France 3 Bretagne, le plus grand chalutier français et l’un des plus imposants d’Europe. Il était surtout le dernier bateau à avoir participé aux campagnes de pêche à la morue à Terre-Neuve, avant d’être reconverti dans la pêche au merlan bleu pour la fabrication du surimi.
Construit au début des années 1970 en Pologne, sur le chantier naval de Gdynia, le Joseph Roty II appartient à l’histoire de l’armement fondé par Victor Pleven, alors connu sous le nom de Pêcheries Pleven. Le navire doit son nom à un notaire de Poitiers, ami de l’armateur. Son parcours résume à lui seul plusieurs décennies de mutations de la pêche française : la fin de la morue salée, la montée en puissance des bateaux-usines, puis l’adaptation à de nouveaux marchés pour sauver l’activité.
Un navire de travail et de mémoire
Le Joseph Roty II ne fut pas seulement un géant des mers. Il fut aussi un lieu de labeur pour des générations de marins. France 3 Bretagne rappelle que l’équipage pouvait compter jusqu’à 58 hommes par campagne, venus de Bretagne, de Normandie ou encore de Bordeaux. Les embarquements duraient en moyenne trois mois, parfois davantage, et chaque départ était un événement à Saint-Malo.
L’ancien marin Jean-Louis Alainguillaume résume la rudesse de cette vie embarquée : « Il faut imaginer que les gars travaillaient jusqu’au début des années 2000 jusqu’à 18h par jour. » De son côté, Céline Ferrier, troisième mécanicienne lors d’une campagne en 1996, raconte surtout l’épreuve morale de ces longues absences, lorsqu’il fallait partir sans connaître la date du retour.
La fin du Joseph Roty chargée de critiques
Cette disparition n’a toutefois pas suscité que de la nostalgie. Dans un communiqué publié le 24 mars, l’association Bloom présente le Joseph Roty II comme un « monument de la pêche destructrice ». Elle l’accuse d’avoir participé à l’effondrement de la morue de Terre-Neuve, puis d’avoir incarné une pêche industrielle tournée vers le surimi, au détriment des équilibres marins.
France 3 Bretagne rappelle aussi qu’après l’arrêt du Joseph Roty fin 2023, la Compagnie des pêches a investi dans l’Annelies Ilena, un navire-usine encore plus grand, dont le gigantisme nourrit aujourd’hui les contestations. Le départ du Joseph Roty II ferme ainsi un chapitre majeur de l’histoire malouine, mais laisse entier le débat sur l’héritage de cette grande pêche industrielle.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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2 réponses à “Saint-Malo : avec le Joseph Roty II disparaît un symbole controversé de la grande pêche [Vidéo]”
Oui, la disparition de ces navires-usines sont une excellente chose ! Malheureusement bien d’autres pays ne suivent pas cette voie, et continuent de pratiquer une pêche monstrueuse, totalement destructrice, comme nous continuons d’ailleurs de la pratiquer, en France aussi, avec l’Annelies Ilena.
Ce qui est intolérable.
L’Europe a entamé une campagne de destruction de la pêche française seuls les ennemis héréditaires hollandais et les Espagnols pourront pêcher . Point de salut dans l’Europe! FREXIT demat plutôt nozvat à cette heure!