Bloom déboutée en appel : la justice confirme l’irrecevabilité des recours contre la pêche bretonne

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C’est une victoire juridique nette pour la Région Bretagne. La cour administrative d’appel de Nantes a confirmé le 10 avril 2026 la décision du tribunal administratif de Rennes rendue en janvier 2025 : les deux recours déposés par l’ONG Bloom contre la politique halieutique régionale sont irrecevables. L’association est de surcroît condamnée à verser 3 000 euros au conseil régional.

Deux recours, deux irrecevabilités

Bloom avait engagé deux procédures distinctes contre la Région Bretagne. La première visait la feuille de route halieutique 2024-2027, votée en février 2024, que l’ONG accusait d’ouvrir la voie à la pêche industrielle et à la destruction des fonds marins. La seconde ciblait le fonds d’investissement Breizh Up Pêche, doté de trois millions d’euros, destiné à aider les armements bretons à construire ou acquérir des navires plus modernes et moins gourmands en énergie — au moment où les trois quarts de la flottille bretonne accusent plus de vingt ans d’âge.

Dans les deux cas, la cour d’appel nantaise a suivi le raisonnement du tribunal rennais : une association à vocation nationale ne peut contester des décisions « aux effets exclusivement locaux ». La question de fond — la politique de pêche bretonne est-elle favorable à la pêche industrielle au détriment de l’artisanale ? — n’a donc pas été tranchée.

Chesnais-Girard : « Si Bloom veut la mort de notre pêche, qu’elle le dise »

Le président du conseil régional de Bretagne, Loïg Chesnais-Girard, ne s’est pas contenté d’accueillir la décision avec soulagement. Il l’a saisie comme une occasion de répondre frontalement à des années d’accusations : « L’acharnement de Bloom contre la pêche bretonne est aussi excessif qu’infondé. Sur les 1 200 bateaux bretons, près des trois quarts font moins de 12 mètres. Notre pêche est essentiellement artisanale — l’accuser des pires maux est une insulte au travail des pêcheurs bretons. »

Il a également réaffirmé son engagement pour accompagner la filière vers plus de durabilité, en aidant les professionnels à améliorer leur empreinte carbone, la sélectivité de leurs filets et leurs conditions de travail en mer.

Bloom maintient sa position et envisage le Conseil d’État

L’ONG ne désarme pas pour autant. Sa présidente Claire Nouvian estime que la justice a « botté en touche » en se concentrant sur la forme plutôt que sur le fond, laissant selon elle les citoyens sans recours face à ce qu’elle qualifie de dépenses publiques en faveur d’une pêche destructrice.

Le directeur juridique de l’association relève de son côté que la flotte bretonne représente plus de 30 % de l’effectif national des navires de pêche — ce qui, selon lui, contredit la qualification d’effets « exclusivement locaux » retenue par les juges. Bloom dispose de deux mois pour saisir le Conseil d’État et se réserve cette option.

Une bataille qui n’est sans doute pas terminée

Ce jugement clôt une séquence judiciaire, mais pas le débat de fond. Les positions sont tranchées : d’un côté, une région qui défend le droit de ses pêcheurs à moderniser une flotte vieillie, dans une filière qu’elle dit essentiellement artisanale ; de l’autre, une ONG qui pointe les critères d’éligibilité du fonds Breizh Up Pêche comme pouvant bénéficier à des entreprises comptant jusqu’à 250 salariés et 50 millions d’euros de chiffre d’affaires.

La pêche bretonne, sa survie et ses pratiques restent au cœur d’un affrontement où le juridique ne fait que prolonger le politique. Et le Conseil d’État n’a peut-être pas dit son dernier mot.

Photo : DR

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4 réponses à “Bloom déboutée en appel : la justice confirme l’irrecevabilité des recours contre la pêche bretonne”

  1. RAYMOND NEVEU dit :

    Qui finance Bloom? On prend les paris? Les cloportes de France en tête…le fric volé aux Français à la pompe avec la taxe sur la décarbonation sert à quelque chose… comme d’autres ici j’écoute Marc Touati! Pays cancéreux à cause de son Administration et de ses métastases les ministres!

  2. Calandos dit :

    Cette Association écolo dit ne percevoir aucune subvention de l’Etat. Cependant, les Particuliers et les Entreprises qui la financent ont des Réductions d’impôt à hauteur de 66% du montant du don pour les Particuliers et 60% pour les Entreprises (limite de 5% du chiffre d’affaire).
    Ce qui veut dire que l’État ne perçoit pas ces 66% ou 60 % de ces recettes fiscales. Il s’agit bien d’un financement « indirect » par des subventions publiques, donc d’un soutien de l’Etat, qu’on le veuille ou non.
    Toutes ces assos écolo généralement radicalisées qui passent leur vie devant les tribunaux pour remplir leurs caisses et certaines poches privées sont de véritables plaies et une ruine publique.

  3. pepers jean marie dit :

    Aller faire une saison de pêche avec un armement breton! Je l’ai fait! On chalute toutes les 4 heures jour et nuit! ….et on rejette à la mer la moitié des prises qui ne sont pas vendues en criée. Et on en garde un peu pour respecter la règle vigueur! Durable? Certainement pas. Ça c’est la réalité d’un modèle de pêche qui se condam e lui même à terme.

  4. Crespo Pierre dit :

    @jean marie, c’est pour ça que la ministre de l’écologie a foutu un coup de trique sur les oreilles des petits pêcheurs. On est limité à 10 maquereaux (Dix) en les pêchant à la ligne en bord de mer, sinon un PV. Complètement débile: quand nous serons en famille cet été pour faire la grillade, on aura droit à un demi maquereau par personne. Les français sont pris pour des Cons, vaches à lait sans cesse culpabilisés sur tous les sujets alors qu’on rejette industriellement à la mer ce qui n’est pas vendable.
    Attention petits pêcheurs dangereux, irresponsables et incultes, vous allez vider l’Océan de ses ressources naturelles. Mangez plutôt des maquereaux en conserve sauce moutarde !

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