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Au Japon, 2 femmes en couple sur 3 n’ont plus de relations sexuelles avec leur conjoint. Longtemps considéré comme une singularité de l’archipel, le couple « sans sexe » gagne l’ensemble des pays riches, selon une enquête de l’Ifop pour Passage du désir, une enseigne d’objets érotiques, publiée le 15 octobre. En France, une femme en couple sur 4 se déclare sexuellement inactive. Et la plupart d’entre elles ne s’en disent pas malheureuses en amour.
Le Japon loin devant
Dans les 7 pays du G7, 52 % des femmes déclarent ne pas avoir actuellement de relations sexuelles : 33 % parce qu’elles sont célibataires sans partenaire, mais 19 % alors qu’elles vivent en couple. Rapporté aux seules femmes en couple, le taux d’inactivité sexuelle atteint 31 %.
Le Japon se détache très nettement, avec 66 % de femmes en couple sans rapports sexuels, et jusqu’à 91 % chez les 65 ans et plus. Suivent les États-Unis (28 %), le Canada (27 %), la France (26 %), le Royaume-Uni (25 %) et l’Allemagne (24 %). L’Italie fait figure d’exception, avec 18 %. Au Canada, les Québécoises (20 %) se situent nettement en dessous des femmes des provinces anglophones.
Le profil de ces femmes est assez marqué. L’abstinence conjugale concerne 10 % des femmes en couple de 18 à 24 ans dans le G7, mais 58 % des 65 ans et plus. Elle est aussi plus fréquente dans les milieux populaires (29 %, contre 11 % chez les cadres) et chez les femmes se disant conservatrices (36 %, contre 28 % des progressistes). L’Ifop invite toutefois à lire ces écarts à l’aune de l’âge, ces catégories étant en moyenne plus âgées.
En France, 41 % des femmes en couple font l’amour chaque semaine
En France, 47 % des femmes n’ont actuellement aucune relation sexuelle : 31 % sont célibataires sans partenaire et 16 % vivent en couple sans rapports. L’âge et l’ancienneté de l’union jouent à plein : l’inactivité sexuelle touche 55 % des femmes en couple de 65 ans et plus, contre 11 % des 18-24 ans, et 36 % des couples formés depuis plus de 20 ans. Elle n’épargne pas les plus jeunes : 16 % des femmes en couple de 25 à 34 ans et 13 % de celles en couple depuis moins d’un an sont concernées.
Seules 41 % des femmes en couple font l’amour au moins une fois par semaine. Un quart le font moins d’une fois par mois, et 13 % jamais. Sur 20 ans, la tendance est nette : en 2005, 40 % des Françaises avaient un rapport sexuel au moins une fois par semaine, contre 28 % aujourd’hui. Et 77 % des femmes en couple estiment avoir moins de rapports qu’au début de leur relation, une proportion qui atteint 87 % dans les couples formés depuis plus de 20 ans.
Une libido en berne, plus que le manque de temps
Interrogées sur les raisons de cette abstinence, les femmes concernées citent d’abord des motifs liés au désir (36 %), et surtout une baisse de leur propre libido (23 %) bien plus que de celle de leur conjoint (5 %). Viennent ensuite les problèmes de santé (31 %) et le vieillissement (17 %). Les conflits de couple, la routine ou l’infidélité ne sont cités que par 9 % d’entre elles. Le manque de temps et la charge mentale, souvent mis en avant, pèsent beaucoup moins que l’érosion du désir.
Cette abstinence est fortement liée à l’état de la relation. Elle concerne 64 % des femmes qui ne sont « plus vraiment amoureuses » de leur conjoint, contre 8 % de celles qui le sont « comme aux premiers jours », et 67 % de celles qui n’éprouvent aucun désir pour lui.
Elle ne signifie pas pour autant l’absence de toute intimité : 32 % des femmes en couple sans rapports ont eu, au cours de l’année, des moments d’intimité sans pénétration avec leur partenaire. Elle ne débouche pas non plus sur des aventures extraconjugales : seules 3 % ont eu des relations avec une autre personne, contre 6 % de l’ensemble des femmes en couple. En revanche, 41 % disent avoir préféré la masturbation à un rapport avec leur conjoint au cours de l’année, une proportion qui grimpe à 65 % chez les femmes insatisfaites de leur partenaire.
63 % satisfaites de leur vie sentimentale
Le paradoxe de l’enquête est là : 63 % des femmes en couple sans rapports sexuels se disent satisfaites de leur vie sentimentale. C’est moins que chez les femmes en couple sexuellement actives (91 %), mais bien plus que chez les célibataires sans partenaire (49 %). L’écart se creuse en revanche sur la satisfaction intense : seules 18 % des femmes en couple sans rapports se disent « très satisfaites », contre 46 % des femmes actives.
Ce détachement s’inscrit dans une évolution plus large. 68 % des Françaises jugent aujourd’hui la sexualité importante pour être heureuse en amour, contre 81 % en 2005. Chez les hommes, interrogés en parallèle, la proportion atteint 83 %. Parmi les femmes en couple sans rapports, 44 % estiment que la sexualité n’est pas importante pour être heureuse en amour.
« Davantage d’efforts pour être attrayant »
Pour retrouver le désir, les femmes en couple sans rapports citent d’abord plus de tendresse et d’attention au quotidien (67 %), une meilleure forme physique (63 %) et plus de dialogue avec leur partenaire (56 %). La moitié d’entre elles (50 %) verraient leur envie ravivée si leur conjoint faisait « davantage d’efforts pour être attrayant », un levier qu’elles placent devant le temps passé à 2 (41 %) et le partage des tâches ménagères (37 %).
Pour François Kraus, directeur du pôle « Genre, sexualités et santé sexuelle » de l’Ifop, ce résultat renvoie les hommes à une exigence longtemps réservée aux femmes : rester désirables. Il voit dans le modèle japonais un « miroir grossissant » de ce qui attend les sociétés vieillissantes des pays riches, où le couple sans sexe devrait devenir une forme de vie conjugale de moins en moins honteuse.
L’enquête a été réalisée en ligne du 19 au 24 août 2026 auprès de 1 947 Françaises de 18 ans et plus, dont 1 240 en couple, et du 3 au 7 avril 2026 auprès de 3 607 femmes des 7 pays du G7.
Illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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